L’annonce suffira-t-elle à calmer le mouvement de contestation des étudiants et lycéens ? Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé ce jeudi soir que le gouvernement renonçait finalement à faire payer des frais d’inscription en classes préparatoires aux grandes écoles et en BTS aux étudiants non boursiers, mesure inscrite dans le projet de budget 2027 présenté le matin même.
"Le gouvernement prendra l’initiative de la retirer" (…) "après des discussions avec les syndicats et le Premier ministre", a indiqué le ministre, invité du journal de 20 heures sur France 2.
🔴🗣️ "Nous retirons cette mesure" annonce Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale à propos du projet du budget de faire payer l'inscription au BTS pour les étudiants non-boursiers. #JT20h pic.twitter.com/ZM1MMNRvuf
— Le20h-France Télévisions (@le20hfrancetele) October 1, 2026
Dans son budget 2027, le gouvernement prévoyait de faire payer 178 euros de droits annuels en BTS et 270 euros pour ceux en classes préparatoires aux grandes écoles pour les étudiants non boursiers. La "gratuité" actuelle de ces formations "constitue une singularité au sein de l’enseignement supérieur", avait justifié l’exécutif pour introduire ces sommes qu’il qualifie de "modiques".
- "Provocation" -
En plein mouvement de blocus des lycées et de certains établissements de l’enseignement supérieur, cette annonce avait créé un véritable tollé à gauche.
"Alors que nos lycées sont en feu au sens propre comme figuré malheureusement, le budget contient une provocation supplémentaire. J’ai envie de demander : est-ce que Monsieur Lecornu est un pyromane ?", avait déclaré sur franceinfo la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet.
"Le gouvernement provoque la jeunesse étudiante", avait abondé sur X le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle. Monsieur Lecornu "choisit le moment de la mobilisation des jeunes des lycées et des universités pour aggraver l’injustice sociale dans les études".
De son côté, le gouvernement avait évoqué un principe d’équité. "La gratuité actuelle s’applique simultanément, sans considération des ressources des étudiants, alors que le régime des droits d’inscription à l’université tient compte de la situation de chacun", fait-il valoir.
Ce jeudi, 900 actions de mobilisation des lycéens ont été recensées partout en France, pour demander plus de moyens et des meilleures conditions d’apprentissage. Ces mobilisations sont marquées par de nombreux débordements. Près de 2000 interpellations ont eu lieu aujourd’hui.
AFP
