Deux militaires tués dans l'opération

Burkina: Macron accueille les ex-otages de retour en France

  • PubliĂ© le 11 mai 2019 Ă  06:17
  • ActualisĂ© le 11 mai 2019 Ă  06:24
Photo non datée des deux ex-otages français Laurent Lassimouillas (G) et Patrick Picque, dans un lieu non déterminé, obtenue le 10 mai 2019

Emmanuel Macron accueille samedi aprÚs-midi à l'aéroport militaire de Villacoublay les deux ex-otages français libérés par les forces spéciales dans le nord du Burkina Faso grùce au "sacrifice" de deux militaires, tués en "héros" dans l'opération.

Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient été enlevés le 1er mai dernier pendant un séjour touristique au Bénin, pays jusque-là épargné par l'insécurité en Afrique de l'Ouest.

Leur retour en France est prĂ©vu pour 18h00 sur cette base aĂ©rienne de la rĂ©gion parisienne oĂč ils seront accueillis par le chef de l'Etat, les ministres Jean-Yves Le Drian (Affaires Ă©trangĂšres) et Florence Parly (ArmĂ©es) ainsi que le GĂ©nĂ©ral François Lecointre, chef d'État-Major des armĂ©es.
La ressortissante sud-corĂ©enne, qui a Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e dans la mĂȘme opĂ©ration tout comme une otage amĂ©ricaine, est Ă©galement attendue Ă  Villacoublay.

Mardi à 11h00, un hommage national sera rendu aux Invalides aux deux militaires français qui ont été tués au cours de cette intervention "d'une trÚs grande complexité", selon les mots de Florence Parly. Membres du prestigieux commando marine Hubert, unité d'élite de la Marine française, le maßtre Cédric de Pierrepont et le maßtre Alain Bertoncello ont été salués comme des "héros" par l'ensemble de la classe politique.
"Ils ont donnĂ© leur vie pour en libĂ©rer d'autres. Mardi, nous rendrons un hommage national aux Invalides Ă  CĂ©dric de Pierrepont et Alain Bertoncello. DĂšs Ă  prĂ©sent, portons nos pensĂ©es vers leurs familles et frĂšres d'armes", a Ă©crit le chef de l'État sur Twitter. Dans le communiquĂ© de l'ElysĂ©e annonçant la libĂ©ration des otages, M. Macron s'Ă©tait inclinĂ© "avec Ă©motion et gravitĂ© devant le sacrifice de nos deux militaires".

"Deux fils"

"La France a perdu deux de ses fils, nous perdons deux de nos frÚres", a commenté avec émotion le général Lecointre.
Selon le rĂ©cit du chef d'Ă©tat-major français, "les commandos des forces spĂ©ciales se sont inflitrĂ©s dans la nuit noire sur une distance de 200 mĂštres, malgrĂ© la prĂ©sence d'une sentinelle", avant d'ĂȘtre finalement repĂ©rĂ©s Ă  10 m des abris des ravisseurs.
Les commandos décident alors de monter à l'assaut sans ouvrir le feu, pour ne pas provoquer de pertes chez les otages. Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello "sont tués à trÚs courte distance". En face, quatre ravisseurs sont tués.

Cette opération a été "rendue possible par la mobilisation des moyens de (la force antijihadiste française au Sahel) Barkhane, le soutien logistique des forces burkinabÚ et le soutien américain en renseignement", a précisé le général.
Patrick Picque et Laurent Lassimouillas avaient Ă©tĂ© enlevĂ©s le 1er mai au BĂ©nin, pays jusque-lĂ  Ă©pargnĂ© par l'insĂ©curitĂ© en Afrique de l'Ouest. Le corps de leur guide bĂ©ninois avait Ă©tĂ© dĂ©couvert samedi dernier dans le parc national de la Pendjari oĂč ils effectuaient un safari.
Quant aux deux autres otages libérées, une Américaine et une Sud-Coréenne, "personne n'avait connaissance de leur présence" au Burkina, a affirmé le général Lecointre. "A priori elles étaient otages depuis 28 jours", a-t-il précisé.

"Insécurité totale"

Les autorités françaises suivaient l'évolution des ravisseurs depuis plusieurs jours et ont saisi l'opportunité d'agir en raison du risque "de transfÚrement de ces otages à une autre organisation terroriste qui agit au Mali (...) la Katiba Macina" du prédicateur Amadou Koufa, ce qui aurait dÚs lors "rendu impossible d'organiser une quelconque opération de libération", a-t-il détaillé.
L'identité des preneurs d'otages qui avaient enlevé les deux touristes français au Bénin voisin est encore inconnue.
"Ce que l'on peut dire c'est qu'il y a deux mouvements terroristes principaux qui opÚrent dans cette zone et qui sont affiliés pour l'un à Al Qaïda, pour l'autre à l'EIGS (Etat islamique au Grand Sahara)", a seulement déclaré Mme Parly.

Le Burkina accueille en banlieue de Ouagadougou la composante "forces spéciales" (Task Force Sabre) du dispositif militaire français dans la bande sahélo-saharienne. La France est déjà intervenue à plusieurs reprises dans le nord du Burkina dans le cadre de Barkhane, qui compte 4.500 soldats au Sahel.
"Dans cette région, il y a une insécurité totale dans laquelle pénÚtrent à la fois des groupes terroristes, des groupes de trafiquants, parfois des revendications ethniques", a déclaré vendredi à l'AFP Jean-Yves Le Drian.

Le nord des pays cÎtiers de l'Afrique de l'Ouest, comme le Togo et le Bénin, est devenu vulnérable ces derniers mois à la stratégie d'expansion et de multiplication des fronts adoptée par les groupes armés.
Des groupes armĂ©s islamistes s'Ă©taient emparĂ©s en 2012-13 du nord du Mali avant d'en ĂȘtre en grande partie chassĂ©s par une intervention militaire française. Mais ils ont regagnĂ© du terrain dans le centre de ce pays et le phĂ©nomĂšne s'Ă©tend au Burkina Faso et au Niger voisins, se mĂȘlant souvent Ă  des conflits intercommunautaires.

-AFP

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