Accords de réduction de l'activité

Castex met la pression sur les entreprises afin de sauver l'emploi

  • PubliĂ© le 14 septembre 2020 Ă  13:56
  • ActualisĂ© le 14 septembre 2020 Ă  14:15
Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, s'adressent à des salariés de l'usine Bic à Montévrain, en Seine-et-Marne, le 14 septembre 2020

"Il faut y aller": le Premier ministre Jean Castex a exhorté lundi les entreprises à signer "massivement" des accords de réduction de l'activité afin de préserver "l'emploi et les compétences", objectif "premier" du plan de relance, à l'occasion d'une visite d'usine chez Bic en Seine-et-Marne.

Alors que le gouvernement est critiqué pour l'absence de conditions de ce plan doté de 100 milliards d'euros, Jean Castex a durci le ton lundi. Si Etat a consenti "un effort historique inédit" en affectant 35 milliards d'euros au "réarmement industriel" de la France, "tout cela ne fonctionnera qu'à une seule et unique condition: votre totale mobilisation", a lancé le Premier ministre à l'adresse des entreprises.

Il les a invitĂ©es Ă  "conclure massivement et trĂšs vite, d'ici au 1er novembre, des accords d'activitĂ© partielle de longue durĂ©e" afin d'empĂȘcher une explosion du chĂŽmage, qui devrait atteindre 9,5% de la population active Ă  la fin de l'annĂ©e.

Selon le ministÚre du Travail, 345 plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) ont été signés depuis mars. Au total, 715.000 emplois devraient avoir été détruits à l'issue du premier semestre, au cours duquel un confinement strict de deux mois a été imposé pour enrayer la propagation du Covid-19.

Sous réserve d'un accord d'entreprise ou de branche, ce nouveau dispositif d'activité partielle permet de réduire le temps de travail d'au maximum 40% pendant une période de 6 à 24 mois, le salaire étant garanti à hauteur de 93% du salaire net.

"Ces accords permettent d'organiser la formation de vos équipes pendant les périodes de chÎmage" alors "il faut y aller (...) il faut s'engager, il faut négocier", a ajouté le Premier ministre, qui était accompagné notamment de la ministre du Travail Elisabeth Borne et du ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

- "Changer la donne" -

Autre volet phare de "France Relance", le nom officiel du plan de redressement de l'économie à l'horizon 2023, la décarbonation de l'industrie. Notant que "25 sites industriels sont responsables de 36% des émissions de CO2", Jean Castex a dit compter sur eux "pour répondre aux appels à projets" déjà lancés, et dont la clÎture est attendue "fin octobre-début novembre". Un premier bilan sera dressé lors de la prochaine réunion du Conseil national de l'industrie, a-t-il précisé.

Le Premier ministre a aussi annoncĂ© que les feuilles de route des 18 filiĂšres industrielles devraient ĂȘtre revues d'ici le dĂ©but de 2021 pour tenir compte des exigences du plan de relance en matiĂšre de transition Ă©cologique. "Je sais que c'est exigeant, mais c'est nĂ©cessaire car +France Relance+ change la donne et les stratĂ©gies de filiĂšre ne peuvent Ă©videmment l'ignorer".

Avant de prononcer son discours, Jean Castex a visité les locaux de l'usine BIC, géant français des stylos, briquets et rasoirs jetables, dont le logo orange est la signature emblématique de la marque fondée en 1945.

MasquĂ©s et casquĂ©s, les membres du gouvernement ont pu voir Ă  l'oeuvre des machines qui testent les billes bleues des stylos, dessinant des spirales aux dĂ©liĂ©s parfaits. "Les machines ont la mĂȘme orientation que la main", leur a expliquĂ© BenoĂźt Bemer, le directeur industriel de BIC Ecriture.

Clou de la visite, la salle oĂč sont fabriquĂ©s les mythiques stylos quatre couleurs. Une grosse machine vert pomme y crache des capuchons blancs sous l'?il d'employĂ©s en polo noir au col jaune. Muni de lunettes de chantier et de sur-chaussures, le Premier ministre s'est attardĂ© sur l?imposante machine qui injecte l'encre dans les tubes transparents en plastique souple.

AFP

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1 Commentaires
Missouk
Missouk
5 ans

Il peut les exhorter autant qu'il veut, ça ne lui coÃ"te pas grand chose, et ça soigne son image de marque. Mais ce ne sont que du vent et un coup de com de plus. On a donnĂ© des milliards d'euros d'argent public aux entreprises. En l'absence de sanctions celles qui licencieront quand mĂȘme,et elles sont et seront nombreuses ne risquent strictement rien de la part de ce gouvernement qui ne montre sa fermetĂ© qu'avec les plus faibles... Il ne faut donc pas ĂȘtre voyant pour savoir ce qui va se passer!