Mobilisation

CGT et "gilets jaunes" main dans la main ce mardi, en grĂšve et dans la rue

  • PubliĂ© le 5 fĂ©vrier 2019 Ă  10:35
  • ActualisĂ© le 5 fĂ©vrier 2019 Ă  10:53
Manifestation contre la hausse du coût de la vie avec le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez (c), le 14 décembre 2018 à Paris

Début de convergence ? La CGT organise ce mardi une "grÚve nationale de 24 heures" et des manifestations pour réclamer hausse des salaires et justice fiscale, avec à ses cÎtés Solidaires, des syndicats FO, la France insoumise, mais aussi des "gilets jaunes".

"Il y a une trentaine de dĂ©partements oĂč il y aura des dĂ©filĂ©s jaunes et rouges", a assurĂ© dimanche Philippe Martinez, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CGT.

Le mouvement a débuté dans la nuit de lundi à mardi au marché international de Rungis, en région parisienne. Quelque 200 à 300 "gilets jaunes" et manifestants munis de drapeaux de la CGT ont bloqué dans le calme l'une des quatre entrées du marché.
En novembre, le numĂ©ro un de la CGT avait refusĂ© tout lien avec ce mouvement Ă  cause de son discours anti-fiscal et craignant des risques de rĂ©cupĂ©ration par l'extrĂȘme droite.
Il a rapidement révisé son discours, lorsque les revendications des "gilets jaunes" se sont élargies au champ social, avec des demandes de hausse du Smic, de "justice fiscale" ou de davantage de services publics.

"Au dĂ©but, il y a eu de la mĂ©fiance de part et d'autre. Petit Ă  petit, la convergence se fait", s'est rĂ©jouie auprĂšs de l'AFP AurĂ©lie TrouvĂ©, porte-parole d'Attac, Ă©galement de la partie, de mĂȘme que Solidaires, le NPA, le PCF, la France insoumise.
Ces derniers jours, des personnes se revendiquant des "gilets jaunes" ont multipliĂ© sur Tweeter des appels Ă  rejoindre l'initiative de la CGT, de mĂȘme qu'Eric Drouet, l'une des figures du mouvement.
La question de leur affluence ce mardi reste toutefois ouverte, car jusqu'à présent, en dehors de quelques trÚs rares initiatives communes, notamment à Toulouse ou à Paris, les convergences ont tourné court.
Des syndicats de Force ouvriĂšre sont aussi attendus, mĂȘme si leur confĂ©dĂ©ration n'a pas appelĂ© Ă  rejoindre le mouvement, occupĂ©e Ă  mener toute cette semaine une mobilisation parallĂšle dans la fonction publique pour rĂ©clamer une hausse des salaires et dĂ©fendre le service public.

"Droit fondamental de manifester"

Hésitant à rejoindre le mouvement, la CFDT s'est finalement désistée.
"Il y avait potentiellement une liste à la Prévert et forcément une grÚve, ce n'était pas notre objectif", a expliqué Laurent Berger (CFDT), qui préfÚre participer au grand débat proposé par l'exécutif, ce que la CGT et Solidaires refusent, le jugeant "biaisé".
Plus de 160 manifestations sont prévues et des préavis de grÚve ont été déposés, notamment dans la fonction publique (DGCCRF), à la RATP ou à la SNCF.
Outre les revendications sociales, certains viendront pour défendre "la liberté de manifester".
Hasard du calendrier, mardi doit ĂȘtre votĂ©e la loi "anticasseurs", donnant la possibilitĂ© aux prĂ©fets de prononcer des interdictions de manifester, un dispositif vivement critiquĂ© par les syndicats.

"Quand on commence à restreindre les libertés individuelles et collectives et notre droit fondamental de manifester, on est sur une route qui est dangereuse et qui évidemment pourrait s'assimiler au totalitarisme", a prévenu Philippe Martinez, qui défilera à Paris à partir de 14H00 de l'HÎtel de Ville jusqu'à la place de la Concorde.
Samedi, lors de l'acte 12, de nouveau marqué par des heurts, principalement à Paris et Bordeaux, les "gilets jaunes" ont manifesté contre les violences policiÚres.
La CGT prévoit d'ores et déjà une nouvelle journée nationale à la mi-mars. Lors de la précédente mobilisation, le 14 décembre, la CGT avait dénombré 15.000 manifestants à Paris, la préfecture de police en comptant 6.000. Aucun chiffre au niveau national n'a été communiqué.

AFP

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