Le président Xi Jinping et les hauts responsables chinois ont entamé lundi à Pékin une importante réunion consacrée à la gouvernance du Parti communiste (PCC) au pouvoir, à un an de son congrÚs, a indiqué l'agence Chine Nouvelle.
Cette session plĂ©niĂšre (plĂ©num) du ComitĂ© central du PCC, qui compte environ 300 membres, a pour objectif de renforcer la discipline dans les rangs, rĂ©duire la corruption et rendre les cadres plus efficaces et plus loyaux, selon les mĂ©dias dâĂtat.
Xi Jinping, au pouvoir depuis 2012, a présenté un rapport d'activité ainsi qu'un projet de décision du Comité central en vue de renforcer une gouvernance "rigoureuse" du Parti dont il est le secrétaire général, indique Chine Nouvelle.
La présentation de cette décision fait suite à des réunions du Bureau politique du Comité central qui a appelé à des "normes plus exigeantes" et des "mesures plus concrÚtes" en matiÚre de gouvernance du Parti face à des "changements profonds" et à de "nouveaux défis" dans le monde et en Chine, a rapporté Chine Nouvelle.
TrÚs peu d'informations filtreront de la réunion qui se tient dans un strict huis clos, avant sa conclusion jeudi. Le plénum se tient traditionnellement au Jingxi Hotel, dans l'ouest de la capitale.
Les observateurs scruteront attentivement les résultats des travaux ainsi que toute indication éventuelle de changements de postes et d'émergence de nouvelles figures.
- Supervision -
Ce plénum précÚde un remaniement prévu de la direction du parti lors du 21e congrÚs du PCC à l'automne 2027. Xi Jinping, 73 ans, paraßt assuré d'y obtenir un quatriÚme mandat historique.
Les précédents plénums ont constitué des moments clés pour consolider son autorité.
Depuis son accession Ă la tĂȘte du Parti en 2012, il mĂšne sans relĂąche une campagne contre la corruption qui s'est traduite par des milliers d'Ă©victions, dont celles de dizaines de membres du ComitĂ© central. Mais il reste frustrĂ© par le fait que les cadres n'appliquent pas ses directives.
Les mĂ©dias d'Ătat ont publiĂ©, avant le plĂ©num, un article s'inspirant d'un discours prononcĂ© par Xi Jinping en janvier, dans lequel il fustigeait les fonctionnaires "hypocrites" qui semblent se conformer aux directives, mais "rĂ©sistent intĂ©rieurement", prĂŽnent "l'individualisme" et font preuve d'"opportunisme politique".
Selon des analystes, M. Xi cherche à maximiser l'efficacité et la loyauté des cadres par davantage de supervision et de rÚgles.
Du fait des purges Ă travers tout l'appareil d'Ătat, la participation au plĂ©num de cette annĂ©e devrait ĂȘtre la plus faible depuis la mort de l'ancien dirigeant Mao Zedong en 1976. Huit siĂšges du ComitĂ© central sont vacants, tandis que 15 autres membres font l'objet d'enquĂȘtes et risquent d'ĂȘtre remplacĂ©s.
- Incertitude -
La campagne anticorruption a aussi ciblé l'armée, entraßnant la chute de cinq des sept membres de la Commission militaire centrale (CMC), la plus haute instance du parti chargée des forces armées.
Sur les 44 militaires nommés au Comité central en 2022, seuls deux n'ont pas été écartés ou n'ont pas disparu, selon l'Asia Society Policy Institute.
La session pléniÚre pourrait voir de nouveaux membres nommés à la CMC, ou le parti pourrait attendre le congrÚs de l'an prochain pour la renouveler.
Cette réunion intervient à un moment d'incertitude pour la deuxiÚme économie mondiale, en passe d'enregistrer un nouvel excédent commercial record en 2026, mais toujours entravée par ses déséquilibres structurels, une demande intérieure atone et une crise prolongée de l'immobilier, autrefois facteur de croissance.
La Chine est par ailleurs engagĂ©e dans une Ăąpre compĂ©tition stratĂ©gique, commerciale et technologique avec les Ătats-Unis.
AFP


