Dopage

Christian Coleman manque encore un contrĂŽle, qui pourrait le priver de Tokyo

  • PubliĂ© le 17 juin 2020 Ă  11:49
  • ActualisĂ© le 17 juin 2020 Ă  15:49
Le sprinteur américain Christian Coleman à Doha le 28 septembre 2019

L'infraction de trop? La star du sprint américain Christian Coleman, champion du monde du 100 mÚtres l'an passé aprÚs avoir frÎlé une suspension, se retrouve suspendu provisoirement pour avoir manqué un nouveau contrÎle antidopage, et pourrait se voir privé des Jeux olympiques à Tokyo l'an prochain.

Christian Coleman a d'abord annoncé sur son compte Twitter dans la nuit de mardi à mercredi un nouveau manquement aux rÚgles de localisation, constaté le 9 décembre 2019 par l'Unité d'intégrité de l'athlétisme (AIU), avant que l'organisme n'annonce quelques heures plus tard "sa suspension provisoire".

Coleman affirme avoir tenté en vain de contester, au cours des six derniers mois, l'infraction auprÚs de l'AIU, cet organe créé par la Fédération internationale chargé entre autres de la lutte antidopage.

Mais le nouveau champion du monde du 100 m, flamboyant à Doha (Qatar) en septembre dernier (9 sec 76), risque deux ans de suspension et donc de manquer les Jeux olympiques de Tokyo, repoussés à 2021 en raison de la pandémie de coronavirus.
Douze jours seulement aprĂšs la suspension provisoire pour les mĂȘmes raisons de la BahreĂŻnie Salwa Eid Naser, championne du monde du 400 m, c'est un nouveau coup dur pour l'image de l'athlĂ©tisme, sport marquĂ© par les scandales de dopage qui tente de faire le mĂ©nage, notamment sur la distance reine du 100 mĂštres.

- Déjà en 2019... -

Les deux prédécesseurs américains de Coleman au palmarÚs des Mondiaux sur la ligne droite, Justin Gatlin et Tyson Gay, ont tous deux été suspendus pour dopage. Pour Coleman, la menace n'est pas si nouvelle: l'athlÚte de 24 ans était déjà menacé de suspension à la fin de l'été 2019, aprÚs trois manquements à ses obligations de localisation en mois d'un an.

Il y avait finalement échappé de peu en septembre, blanchi par l'Agence antidopage américaine, qui avait commis une erreur dans la date de son premier manquement.

Les infractions de Coleman avaient Ă©tĂ© enregistrĂ©es le 6 juin 2018, le 16 janvier 2019 et le 26 avril 2019. Cependant, l'AmĂ©ricain avait plaidĂ© avec succĂšs que le premier manquement (des imprĂ©cisions dans sa localisation et non un contrĂŽle ratĂ©) aurait dĂ» ĂȘtre antidatĂ© au premier jour du trimestre correspondant (1er avril 2018). Ce qui plaçait les trois manquements sur une pĂ©riode plus longue que les 12 mois requis.

A prĂ©sent, avec ce nouveau ratĂ© du 9 dĂ©cembre, associĂ© Ă  ceux de janvier et avril 2019, Coleman se trouve en infraction. Les sportifs de trĂšs haut niveau sont soumis Ă  de scrupuleuses obligations de localisation (adresse, stages, entraĂźnements, compĂ©titions), devant en plus renseigner chaque jour un crĂ©neau d'une heure et un lieu afin de pouvoir ĂȘtre testĂ© de façon inopinĂ©e.

Trois manquements Ă  ces obligations (un contrĂŽle manquĂ©, le "no show", ou des renseignements imprĂ©cis) en moins d'un an sont passibles de deux ans de suspension, pouvant ĂȘtre ramenĂ© Ă  un an en cas de circonstances attĂ©nuantes.

Si le dossier de Coleman aboutit, la pĂ©riode d'une Ă©ventuelle suspension dĂ©butera soit Ă  l'issue de la procĂ©dure, soit Ă  la date du dĂ©but de sa suspension provisoire, le 14 mai 2020, comme annoncĂ© par l'AIU. Ainsi, si les juges sont clĂ©ments, Coleman pourrait n'ĂȘtre suspendu qu'un an Ă  partir du 14 mai 2020 et se voir ouvrir la porte des JO malgrĂ© son infraction antidopage.

- "Au courant" le lendemain -

Dans son long message publié sur Twitter, Coleman accuse l'AIU d'avoir en quelque sorte provoqué le test manqué en décembre. "Je pense que la tentative du 9 décembre a été délibérée, pour me faire rater un contrÎle. Ne me dites pas que j'ai +raté un contrÎle+ si vous vous faufilez devant ma porte à mon insu", écrit-il, assurant qu'"il n'y a aucune trace que quiconque soit venu chez moi".

Le sprinteur affirme en outre que les contrĂŽleurs se sont rendus chez lui alors qu'il faisait des achats de cadeaux de NoĂ«l dans un centre commercial voisin, et que cela pouvait ĂȘtre vĂ©rifiĂ© par ses relevĂ©s bancaires. "J'Ă©tais plus que prĂȘt et disponible pour un contrĂŽle et si j'avais reçu un appel tĂ©lĂ©phonique, j'aurais pu m'y soumettre", assure-t-il, dĂ©plorant n'avoir "Ă©tĂ© mis au courant de ce contrĂŽle que le lendemain, le 10 dĂ©cembre 2019, par l'AIU", et ne pas avoir Ă©tĂ© appelĂ© par le contrĂŽleur, comme c'est le cas habituellement.

Selon la notification publiĂ©e par Coleman, le contrĂŽleur a indiquĂ© s'ĂȘtre prĂ©sentĂ© Ă  son appartement et ne pas avoir obtenu de rĂ©ponse aprĂšs "plusieurs coups forts, toutes les 10 minutes" pendant une heure, sans avoir en effet tĂ©lĂ©phonĂ©.

Coleman indique enfin avoir Ă©tĂ© contrĂŽlĂ© deux jours plus tard. "Et plusieurs fois encore ensuite, mĂȘme pendant la quarantaine. Mais bien sĂ»r, cela n'a pas d'importance, et le fait que je ne me sois jamais dopĂ© non plus", a-t-il regrettĂ©.

AFP

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