Le ministre de l'Intérieur

Collomb se dit "obligé de faire" un tri entre les migrants

  • PubliĂ© le 11 fĂ©vrier 2018 Ă  16:52
  • ActualisĂ© le 11 fĂ©vrier 2018 Ă  19:33
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a estimé dimanche qu'il était "obligé de faire" un tri parmi les migrants, entre réfugiés politiques et migrants économiques, et que la France ne pouvait continuer à les accueillir "de maniÚre exponentielle".


"Je ne me donne pas de chiffre (sur le nombre d'Ă©trangers Ă  expulser, NDLR). Mais je ne peux pas faire en sorte que d'annĂ©e en annĂ©e, on ait une augmentation de maniĂšre exponentielle. L'annĂ©e derniĂšre, on a eu 100.000 demandes d'asile, c'Ă©tait +7% par rapport Ă  l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente qui elle-mĂȘme Ă©tait en augmentation de +23% par rapport Ă  l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente", a dĂ©clarĂ© GĂ©rard Collomb lors d'une interview sur FranceInter/Francetvinfo/Le Monde.

"Depuis 2012, le dispositif d'asile a été multiplié par deux (...) Les centres d'hébergement d'urgence ont été multipliés par deux. (...) On ne peut augmenter cela de maniÚre infinie", a-t-il insisté, soulignant les coûts de ces dispositifs, de deux milliards d'euros chacun. "On ne peut faire de maniÚre exponentielle un accueil vis-à-vis de tout le monde, comme un certain nombre de gens le voudraient. Ils disent +on n'a pas besoin de faire un tri, on ne doit pas choisir entre ceux qui ont besoin de l'asile et les migrants économiques+.

Si ! On est obligĂ© de le faire parce qu'Ă  un moment donnĂ©, nous ne pourrons pas donner un avenir Ă  tout le monde", a-t-il ajoutĂ©. "Sur le mois de janvier de cette annĂ©e, par rapport Ă  janvier de l'annĂ©e derniĂšre, on a Ă©loignĂ© +29% de personnes", a annoncĂ© le ministre, tout en assurant respecter le principe d'accueil inconditionnel. "L'inconditionnalitĂ©, c'est vrai. Mais l'inconditionnalitĂ©, c'est dans le moment, ce n'est pas quelque chose qui doit durer pendant dix ans. On doit prendre un certain nombre de mesures pour sortir du provisoire et donner un avenir", a-t-il expliquĂ©, alors qu'un projet de loi asile et immigration doit ĂȘtre discutĂ© en mars en commission.

Evoquant une circulaire controversĂ©e prĂ©voyant un recensement des migrants dans les centres d'hĂ©bergement d'urgence, le ministre a soulignĂ© que, outre "des rĂ©fugiĂ©s qui mĂ©riteraient de sortir de ces centres" et des "dĂ©boutĂ©s du droit d'asile (...) qui auraient dĂ» ĂȘtre Ă©loignĂ©s", "il y a aussi beaucoup de gens qui sont dans le +ni-ni+ parce qu'on n'a pas fait ce qu'il fallait dans les annĂ©es passĂ©es et on a stockĂ© des gens qui ne sont ni acceptĂ©s ici et qu'on ne peut pas Ă©loigner non plus".

Présenté le 21 février en conseil des ministres, le projet de loi asile et immigration prévoit notamment un doublement à 90 jours de la durée maximale de rétention (voire 135 dans certains cas) pour les étrangers en attente de leur reconduite et une réduction des délais d'appel pour les déboutés de l'asile.

AFP

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