Epidémie

Coronavirus: plus de 720 morts, Hong Kong impose sa quarantaine

  • PubliĂ© le 8 fĂ©vrier 2020 Ă  09:02
  • ActualisĂ© le 8 fĂ©vrier 2020 Ă  12:03
Veillée funÚbre pour le docteur chinois Li Wenliang, mort aprÚs avoir contracté le nouveau coronavirus, le 7 février 2020 à Hong Kong

Hong Kong a commencé samedi à imposer des mesures de quarantaine drastique pour endiguer l'épidémie du nouveau coronavirus, dont le bilan dépasse 720 morts, tandis que l'émotion restait vive en Chine aprÚs le décÚs d'un médecin lanceur d'alerte.

Désormais, toute personne arrivant à Hong Kong en provenance de Chine continentale a l'obligation de s'isoler deux semaines chez elle, à l'hÎtel ou dans tout autre hébergement, les récalcitrants encourant six mois de prison.

Cette mesure draconienne doit freiner l'Ă©pidĂ©mie, qui a dĂ©jĂ  fait un mort sur le territoire chinois semi-autonome. Hong Kong, oĂč des habitants font des achats paniques de papier toilette et de denrĂ©es, a dĂ©jĂ  fermĂ© la quasi-totalitĂ© des postes-frontiĂšres avec le reste de la Chine.

Les mesures de confinement restent par ailleurs strictes dans de nombreuses villes chinoises, oĂč des dizaines de millions de personnes doivent rester calfeutrĂ©es chez elles.

En visite cette semaine à Wuhan (centre), épicentre de l'épidémie, la vice-PremiÚre ministre Sun Chunlan a ordonné aux autorités locales d'adopter des mesures de "temps de guerre" pour rechercher les habitants atteints de fiÚvre en ratissant les quartiers.

La ville, oĂč est apparu en dĂ©cembre l'Ă©pidĂ©mie de pneumonie virale, et la province environnante du Hubei sont coupĂ©es du monde depuis deux semaines par un cordon sanitaire.

- Nouveaux cas sur un paquebot -

Le nouveau coronavirus a contaminé plus de 34.500 personnes et tué 722 patients en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao) ? soit 86 décÚs supplémentaires enregistrés en 24 heures, le plus fort bilan quotidien à ce jour ?, ont annoncé samedi les autorités sanitaires.

Mais l'épidémie continue de se propager hors de Chine continentale. Plus de 320 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires, dont deux mortels à Hong Kong et aux Philippines.

Le bilan s'approche désormais de celui de l'épidémie de Sras (Syndrome respiratoire aigu sévÚre), qui avait tué 774 personnes dans le monde en 2002-2003.
Au-delà de la quarantaine à Hong Kong, de nombreux Etats musclent leurs mesures restrictives à l'encontre des personnes en provenance de Chine. Et ils déconseillent les voyages dans ce pays.

Le Gabon est devenu l'un des derniers pays à interdire l'entrée à tout passager venant de Chine continentale, vers laquelle la plupart des compagnie aériennes internationales ont interrompu leurs vols.

Dans le mĂȘme temps, d'autres pays poursuivaient l'Ă©vacuation de leurs citoyens de Wuhan: 213 Canadiens sont arrivĂ©s en avion sur une base militaire de l'Ontario oĂč ils resteront isolĂ©s deux semaines. Et des milliers de voyageurs et membres d'Ă©quipage restent consignĂ©s sur deux navires de croisiĂšre en Asie.

Au Japon, le nombre de personnes contaminées sur le paquebot Diamond Princess continue d'augmenter, grimpant samedi à 64 cas. Quelque 3.700 personnes à bord demeurent cloßtrées dans leurs cabines.

A Hong Kong, 3.600 personnes subissent un sort similaire sur le World Dream, dont huit anciens passagers ont Ă©tĂ© testĂ©s positifs. Le Japon a interdit Ă  un autre navire de croisiĂšre, oĂč un passager est soupçonnĂ© d'ĂȘtre contaminĂ©, d'aborder sur l'archipel.

- Fureur populaire -

En Chine, l'Ă©pidĂ©mie a pris un tour politique avec la mort vendredi du docteur Li Wenliang, ophtalmologue de Wuhan qui avait donnĂ© l'alerte fin dĂ©cembre aprĂšs l'apparition du virus, avant de le contracter lui mĂȘme.

Accusé de propager des rumeurs et réprimandé par la police, il fait désormais figure de héros national et de martyr face à des responsables locaux accusés d'avoir caché les débuts de l'épidémie.

L'Ă©motion et la colĂšre restaient vives sur les rĂ©seaux sociaux chinois, oĂč le mot-diĂšse "Nous demandons la libertĂ© d'expression" a fait florĂšs avant d'ĂȘtre censurĂ©. SecouĂ© par la fureur populaire, PĂ©kin a annoncĂ© une enquĂȘte sur "les circonstances" du dĂ©cĂšs du docteur.

Des vidĂ©os partagĂ©es sur la plateforme de microblogs Weibo montraient un petit groupe de personnes soufflant dans des sifflets vendredi soir devant l'HĂŽpital central de Wuhan oĂč s'est Ă©teint le "lanceur d'alerte". Une veillĂ©e en sa mĂ©moire Ă©tait Ă©galement organisĂ©e Ă  Hong Kong.

La municipalité de Wuhan a accordé à sa famille 800.000 yuans (104.000 euros) au titre de "l'assurance couvrant les accidents au travail", selon l'agence Chine nouvelle.

Dans des structures mĂ©dicales dĂ©bordĂ©es, les personnels soignants restent trĂšs vulnĂ©rables au virus: 40 employĂ©s d'un mĂȘme hĂŽpital universitaire de Wuhan ont Ă©tĂ© contaminĂ©s en janvier, selon une Ă©tude parue vendredi dans la revue mĂ©dicale Jama.

- Pangolins soupçonnés -

Alors que la piste d'un coronavirus provenant initialement de chauve-souris semble se confirmer, des scientifiques chinois ont annoncĂ© que le pangolin, un petit mammifĂšre, pourrait ĂȘtre "l'hĂŽte intermĂ©diaire" ayant, le dernier, transmis l'agent infectieux Ă  l'ĂȘtre humain. Le virus serait apparu en dĂ©cembre sur un marchĂ© de Wuhan oĂč Ă©taient vendus des animaux sauvages destinĂ©s Ă  ĂȘtre consommĂ©s.

Toujours au chapitre scientifique, une autre Ă©tude dans la revue Jama a par ailleurs indiquĂ© que la diarrhĂ©e pourrait ĂȘtre une voie secondaire de transmission.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué que 82% des cas répertoriés étaient considérés comme mineurs, 15% graves et 3% "critiques", moins de 2% des cas s'avérant mortels. Un taux de mortalité pour l'heure trÚs inférieur au Sras.

L'Ă©pidĂ©mie paralyse l'activitĂ© en Chine, oĂč beaucoup d'entreprises et usines restent fermĂ©es jusqu'Ă  lundi au moins. Elle devrait plomber l'Ă©conomie mondiale en raison du poids du gĂ©ant asiatique ? puissance manufacturiĂšre exportatrice et moteur de la consommation mondiale.

 AFP

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