Jusqu'à 36°C sur les sites olympiques parisiens: athlÚtes et spectateurs se préparent à affronter de fortes chaleurs mardi, le Comité d'organisation des JO n'ayant pas prévu de reports de compétitions pour cause de canicule.
PremiÚre de la saison, la vague de chaleur qui a étouffé lundi le sud de la France sous des températures allant jusqu'à 40°C gagne mardi Paris et sa région, classées en vigilance jaune, et qui accueillent de nombreuses épreuves en plein air.
"Sur l'Ile-de-France, les 35°C seront atteints mardi et la nuit de mardi à mercredi sera trÚs chaude, avec des températures minimales autour de 22°C", a indiqué Météo-France dans son bulletin diffusé à 6h00 mardi, le pic de cet épisode.
L'institut météorologique a étendu de 41 à 45 départements sa vigilance orange canicule et table sur des "fortes chaleurs" de 35 à 36°C "sur une grande partie du pays", avec "des valeurs autour de 36 à 38°C, voire localement 39°C" dans le Sud-Ouest et "localement" jusqu'à 40°C dans le Sud-Est.
La vigilance canicule sera maintenue mercredi, selon Météo France.
Sur les sites olympiques, certaines épreuves organisées mardi aprÚs-midi seront particuliÚrement exposées à la chaleur (demi-finales de rugby à VII féminin, éliminatoires de hockey-sur-gazon, tours préliminaires de beach-volley et basket 3x3, qualifications en BMX freestyle...).
Les athlÚtes "ont l'habitude", a souligné lundi sur BFMTV le ministre délégué à la Santé Frédéric Valletoux en invitant les spectateurs à bien s'hydrater.
- Conditions "extrĂȘmes" -
Casquette, Ă©ventail en main et brumisateur glissĂ© dans une poche du sac, Nadine Le Prado Ă©tait dĂ©jĂ Ă©quipĂ©e lundi pour une Ă©preuve disputĂ©e au pied de la tour Eiffel oĂč le thermomĂštre affichait 31°C. "Pluie ou canicule, c'est parfait", a-t-elle confiĂ© Ă l'AFP, indiffĂ©rente Ă la mĂ©tĂ©o.
"Le premier jour il pleuvait, alors c'est sympa d'avoir du soleil maintenant", a témoigné le Danois Stit Anderson, 69 ans, habitué aux étés frais et humides.
En évoquant les matchs de foot à Bordeaux (en vigilance orange mardi, avec les maximales à 38°C) et épreuves de voile à Marseille (en vigilance jaune mardi avec 35°), le ministre de la Santé a assuré que le Cojo évaluait "avec chaque fédération l'opportunité de maintenir ou de décaler" les épreuves.
Pour l'heure, il n'a prévu aucun report.
"Il faisait plutĂŽt chaud sur le court aujourd'hui (lundi), je dois dire", a rĂ©agi le tennisman serbe Novak Djokovic, victorieux de son rival espagnol Rafael Nadal en simple. "Je me suis entraĂźnĂ© dans des conditions de chaleur quasiment extrĂȘmes pendant quatre ou cinq jours avant Paris, donc je me suis acclimatĂ© pour diffĂ©rents scĂ©narios", a-t-il ajoutĂ©.
A La Concorde, oĂč un soleil de plomb sâest abattu lundi sur le bitume du skatepark, en contrebas de l'obĂ©lisque de Louxor, les skaters ont souvent utilisĂ© des packs de glace pour se rafraĂźchir le crane ou le visage entre les runs.
Pour Thierry Touzaint, le sélectionneur de l'équipe de France de concours complet d'équitation, qui a remporté la médaille d'argent lundi, les chevaux étaient "un peu fatigués" et "manquaient de fraßcheur". "On préfÚre avoir un temps plus agréable pour faire ce sport".
- Eau, chapeaux et clims -
Pour les spectateurs, la Région Ile-de-France a annoncé lundi l'activation du plan canicule, avec distribution d'eau et de chapeaux.
L'autorité des transports Ile-de-France Mobilités (IDFM) a pour sa part déployé dÚs lundi des moyens inédits pour rafraßchir les voyageurs.
Elle prévoit de distribuer 2,5 millions de briquettes d'eau dans 74 gares et stations. Des fontaines à eau sont également installées dans 94 points du réseau, "dont 90% des gares desservant les sites olympiques".
Le village olympique, qui accueille plus de 10.000 athlÚtes, a été conçu sans climatisation, par souci écologique.
Mais, prudentes, les délégations ont commandé un total de prÚs de 2.500 climatiseurs (sur un total de 7.000 chambres), avait indiqué début juillet le directeur adjoint du village Augustin Tran Van Chau.
"Les vagues de chaleur sont une manifestation emblématique de notre changement climatique, elles sont de plus en plus intenses, fréquentes, précoces et longues", a souligné samedi Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.
En France, on observait avant 1989 "en moyenne une vague de chaleur tous les cinq ans", alors que "depuis 2000 elles se produisent à une fréquence annuelle". Elles "seront deux fois plus nombreuses d'ici trente ans", a prévenu le spécialiste.
AFP


