Menace de renconfinement

Covid-19 : aprĂšs Nice et Dunkerque, d'autres territoires dans le rouge

  • PubliĂ© le 25 fĂ©vrier 2021 Ă  15:58
  • ActualisĂ© le 26 fĂ©vrier 2021 Ă  16:22
Olivier Véran (g) et Jean Castex (c) lors d'une vaccination mercredi 24 février 2021 à Paris

AprĂšs Nice et Dunkerque, reconfinĂ©s le week-end pour contrer la flambĂ©e de Covid-19, le gouvernement doit se pencher sur une dizaine de dĂ©partements qu'il juge "prĂ©occupants", dans une crise sans fin oĂč la vaccination semble le seul espoir.

Le Premier ministre Jean Castex et celui de la SantĂ© Olivier VĂ©ran sont attendus jeudi Ă  18h pour annoncer de nouvelles concertations avec les Ă©lus pour ces dĂ©partements oĂč la situation "est trĂšs prĂ©occupante" selon les mots du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Selon Matignon, ils devraient aussi aborder la question des traitements contre le Covid-19, alors que le gouvernement a dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© la piste des anticorps monoclonaux, censĂ©s Ă©pauler le systĂšme immunitaire pour neutraliser le coronavirus.

Outre les Alpes-Maritimes et le Nord, onze départements métropolitains connaissent un taux d'incidence supérieur à 250 cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours, au-dessus du seuil d'alerte maximale défini par le gouvernement, dans les Hauts-de-France, l'Ile-de-France et le Grand Est, des régions confrontées à des proportions plus importantes de variants britannique, sud-africain ou brésilien du virus.

Parmi ces dĂ©partements figure la Moselle, oĂč le gouvernement a annoncĂ© que des tests PCR nĂ©gatifs de moins de 72 heures seraient exigĂ©s Ă  compter de lundi matin pour les frontaliers qui reviennent d'Allemagne sans motif professionnel. Pour les non-frontaliers, ce test est dĂ©jĂ  rĂ©clamĂ© pour toute entrĂ©e en France en provenance d'un pays de l'UE.

- "La situation se dégrade" -

"Je ne demande pas de reconfiner la Moselle", oĂč la question s'Ă©tait dĂ©jĂ  posĂ©e il y a deux semaines face Ă  une hausse du variant sud-africain, a nĂ©anmoins dĂ©clarĂ© sur France Inter le prĂ©sident de la rĂ©gion Grand Est, Jean Rottner, jugeant la situation "relativement stable". Mais "ce qui est inquiĂ©tant Ă  l'Ă©chelle du Grand Est, c'est que la baisse de la circulation virale s'est arrĂȘtĂ©e, donc je pense que dans deux Ă  trois semaines, les questions se poseront de maniĂšre diffĂ©rente", a-t-il ajoutĂ©.

Au niveau national, Santé publique France a annoncé mercredi avoir enregistré plus de 31.519 cas positifs en 24 heures, un chiffre à prendre avec précaution car il peut comprendre des rattrapages de cas détectés les jours précédents, mais au plus haut depuis mi-novembre. Selon des données plus consolidées, il y a eu 138.771 personnes testées positives la semaine derniÚre, contre 128.662 la précédente.

"La situation épidémique se dégrade dans notre pays", a déploré mercredi Olivier Véran à Dunkerque, soulignant que "le nombre de diagnostics augmente désormais jour aprÚs jour".

Si les contaminations repartent Ă  la hausse, ce sera dans un contexte oĂč la charge hospitaliĂšre est dĂ©jĂ  Ă©levĂ©e, avec toujours plus de 25.000 patients hospitalisĂ©s (contre plus de 33.000 et 32.000 aux pics des deuxiĂšme et premiĂšre vague), dont plus de 3.400 dans des services de rĂ©animation, oĂč sont soignĂ©s les malades les plus gravement atteints.

- Baisse des morts en Ehpad -

Le nombre de malades en réanimation reste loin des records de l'automne (4.900) et du printemps (7.000), mais la progression de la vaccination en France ne sera pas suffisante pour éviter un bond des hospitalisations à un niveau supérieur au pic de la premiÚre vague, sans restrictions supplémentaires, préviennent les modélisateurs de l'Institut Pasteur dans une étude publiée mercredi. Ce rebond serait lié notamment à la progression du variant d'origine britannique du coronavirus, estimé 50% plus contagieux que la souche historique.

Jeudi, la campagne vaccinale a entamé une nouvelle étape avec la possibilité pour les médecins de ville d'injecter l'un des trois antidotes autorisés en France, celui d'AstraZeneca, pour les 50-64 ans atteints de comorbidités, soit 2 millions de personnes.

"J'Ă©tais patiente mais j'avais un peu hĂąte aussi car je suis une personne Ă  risque (...) Quand les beaux jours reviendront, il y aura beaucoup de candidats au vaccin, croyez-moi !", a assurĂ© l'une des patientes Ă  Olivier VĂ©ran, en visite avec Jean Castex dans une maison de santĂ© du XXe arrondissement parisien oĂč avaient lieu les premiĂšres piqĂ»res.

Dans les Ehpad, cible prioritaire de la campagne, le taux de couverture vaccinale avec deux doses atteint désormais 50% (80% pour la premiÚre dose) et le nombre de décÚs, enregistré deux fois par semaine, connaßt une baisse sensible, avec 121 morts mardi (contre 235 une semaine plus tÎt), mais les autorités sanitaires restent prudentes et n'établissent pas encore de lien certain avec la protection due au vaccin. Au total, 2,6 millions de personnes ont reçu au moins une dose, dont 1,3 million de personnes ont été vaccinées avec les deux doses.

AFP

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