Football : pas de match ce week-end, les clubs et leurs 30.000 licenciés paient les conséquences du conflit à la Ligue

  • Publié le 12 septembre 2026 à 03:00
Football réunion illustration

Les dirigeants des clubs de foot réunionnais sont dans l’incompréhension, ils ont appris la nouvelle de la suspension de tous les matchs de ce week-end des 12 et 13 septembre en même temps que la presse locale ce jeudi 10 septembre 2026 et parfois ce sont les médias qui les ont informés. Eux, étaient déjà dans la préparation des matchs à venir : l’accueil des arbitres, la gestion des déplacements, des locations de bus, l'accompagnement des 30.000 licenciés, et les dépenses financières que tout cela génère. (Photos d'illustration : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Au centre des échanges entre la ligue réunionnaise de football, qui déclare être contrainte de suspendre ses activités, et Noël Vidot, qui dénonce une tentative de manipulation de la part de la ligue, se trouvent les clubs : 30.000 licenciés des jeunes et des séniors, des bénévoles et les spectateurs réunionnais privés de leur sport ce week-end.

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- "Deux, trois personnes se battent pour le pouvoir, nous on est pas là-dedans, on est des passionnés" - 

 "C'est trop facile de prendre des décisions dans des bureaux climatisés, sans penser à nos jeunes sur le terrain".  À Sainte-Marie, Thierry Cortez, président de l’US Sainte-Marienne, ne mâche pas ses mots : "Quand on fait ça, on tue le foot!" lance t-il face à la suspension des matchs.

Avant d’expliquer : "On n'arrête pas quelque chose comme ça. Deux, trois personnes se battent pour le pouvoir, nous on est pas là-dedans, on est des passionnés, on aime le foot, on fait du bénévolat, nous on est là pour les jeunes. Il y a des gens qui sont assoiffés de pouvoir et ne pensent pas à l’intérêt des garçons, des jeunes qui pratiquent ce sport. Aujourd'hui, je pense aux 30.000 licenciés."

Il regrette le manque d'anticipation alors que l'annulation de l'élection est annoncée depuis le 28 août dernier, pourquoi annuler les activités de la ligue ce jeudi 10 septembre, à la veille d'un week-end de matchs, pourquoi aucune solution n'a été proposée avant s'interroge t-il. 

Autre inquiétude de l'éducateur : "Les gamins vont aller où ? Ils ne seront pas sur les stades ce week-end, ils seront où? Ils vont tomber dans la drogue, alors qu'on nous donne des prospectus pour nous dire de faire de la prévention avec nos jeunes, on nous dit "attention à la drogue", mais au final on s’en fout de notre jeunesse" regrette t-il.

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- "Aujourd’hui le seul maître à bord, c’est le préfet de La Réunion" - 

Ce sont au préfet et au tribunal de trouver des solutions afin que le football reprenne sa place et que ce sport serve d'outil pour lutter contre la délinquance sur notre île, estime le président du club de Sainte-Marie. "À La Réunion, on est dans une situation tellement grave, que vont devenir nos jeunes ? Je ne parle pas que de Sainte-Marie mais de tous les jeunes de l’île."

Dans le cas d'un enlisement de la situation, Thierry Cortez envisage de réunir tous les présidents de club de l'île afin de réfléchir à une action commune. Il souhaite saisir le préfet afin de lui demander la prise en compte des jeunes. 

"Aujourd’hui le seul maître à bord, c’est le préfet de La Réunion. La justice dit que l’élection est caduque, on l’entend, c’est normal que la ligue décide de ne pas faire jouer les matchs, s'il y a un incident qui est couvert et comment. C'est normal qu’un administrateur arrive et mette tout en œuvre pour terminer les deux mois de foot qui nous reste". 

"J’ai insisté auprès d’autres présidents de clubs pour que nous nous concertions, afin de demander une réunion avec le préfet. On est en concertation."

Du côté de la ville de Saint-Paul, les jeunes sont déçus nous explique Eddy Ponin, président de la Saint-Pauloise qui compte 500 licenciés. 

- "On espère que ça va repartir le week-end prochain et si ce n’est pas le cas, il faudra prendre des décisions" - 

"Le championnat était programmé pour nos jeunes et les équipes séniors, on devait reçevoir une équipe, les matchs ont été annulés, on obéit, on se soumet à ces décisions" indique Eddy Ponin.

Mais il l'assure : "Les joueurs, eux, ne comprennent pas, les jeunes ne comprennent pas, ils n’ont rien à voir là-dedans, je ne suis pas là pour commenter une procédure judiciaire, mais ce sont les jeunes qui trinquent. On espère que c'est seulement ce week-end que nos joueurs ont un petit repos, pour repartir la semaine prochaine. Si ça tarde trop, ça compromet le championnat et les coupes".

À la Saint-Pauloise, toutes les sections continueront à s’entraîner normalement, même si il n'y a pas de match officiel ce week-end : les joueurs restent concentrés : "En interne je fais passer des messages aux éducateurs pour faire garder le même rythme d’entraînement. On espère que ça va repartir le week-end prochain et si ce n’est pas le cas, il faudra prendre des décisions. "

"On interpelle les décideurs" lance Eddy Ponin. Il ajoute : "on demande au tribunal, et aux instances compétentes de faire en sorte que des solutions soient trouvées rapidement, pour que le football puisse reprendre car nos jeunes sont déçus." 

ee/www.imazpress.com/[email protected]

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