Mesures inédites

Covid: l'Autriche confine sa population et impose la vaccination

  • PubliĂ© le 19 novembre 2021 Ă  15:03
  • ActualisĂ© le 19 novembre 2021 Ă  15:28
De gauche à droite, le ministre autrichien de la santé Wolfgang Mueckstein, le chancellier Alexander Schallenberg, le gouverneur du Tyrol Guenther Platter et le président de l'Association des villes autrichienne  Michael Ludwig le 19 novembre 2021 à Pertisau

L'Autriche va confiner dÚs lundi l'ensemble de sa population et a décidé de rendre la "vaccination obligatoire" à partir du 1er février, devenant ainsi le premier pays de l'UE à prendre de telles mesures face à la résurgence des cas de Covid.

Il faut "regarder la réalité en face", a déclaré le chancelier conservateur Alexander Schallenberg lors d'une conférence de presse dans le Tyrol, aprÚs des discussions avec l'ensemble des gouverneurs de régions. "Malgré des mois de travail de persuasion, nous n'avons pas réussi à convaincre suffisamment de gens de se faire vacciner", a-t-il souligné, déplorant la surcharge actuelle des unités de soins intensifs.

"Augmenter durablement le taux de vaccination est le seul moyen de sortir de ce cercle vicieux", a estimé M. Schallenberg, jugeant qu'il s'agissait du "ticket de sortie" de la pandémie.

Si un nombre croissant de pays impose un certificat de vaccination pour certaines catégories, comme le personnel de santé, trÚs peu dans le monde imposent la vaccination à toute leur population adulte.

C'est le cas dans deux États autoritaires d'Asie centrale, le Tadjikistan et le TurkmĂ©nistan, ainsi qu'au Vatican. Territoire français du Pacifique sud disposant d'une large autonomie, la Nouvelle-CalĂ©donie a Ă©galement dĂ©cidĂ© d'imposer la vaccination Ă  compter de fin dĂ©cembre.

Le chancelier autrichien a par ailleurs annoncĂ© un confinement jusqu'au 13 dĂ©cembre, une dĂ©cision qui n'a "pas Ă©tĂ© facile Ă  prendre" et qui sera réévaluĂ©e dans dix jours. Il a dit ĂȘtre conscient qu'on demandait "Ă©normĂ©ment" aux vaccinĂ©s, "parce que trop de gens n'ont pas fait preuve de solidaritĂ©".

En Europe, la pandémie s'emballe et plusieurs pays ont annoncé un durcissement des restrictions ces derniers jours. Les responsables allemands ont décidé jeudi d'imposer de sévÚres restrictions aux non-vaccinés et ouvert la voie à une obligation vaccinale pour les personnels soignants, tandis que la GrÚce interdit aux non vaccinés d'entrer dans les espaces fermés, à l'exception des lieux de restauration.

- "Dictature" -

Depuis lundi déjà en Autriche, les deux millions de personnes non vaccinées n'avaient plus le droit de quitter leur domicile sauf pour faire leurs courses, du sport ou pour des soins médicaux. Désormais, l'ensemble de la population de 8,9 millions d'habitants est concernée par la mesure dans ce pays au taux de vaccination de 66%, soit légÚrement en deçà de la moyenne européenne, malgré l'instauration d'un pass sanitaire dÚs le printemps.

Les écoles restent ouvertes pour l'instant mais les parents sont encouragés à garder les enfants à la maison s'ils le peuvent. Le télétravail est fortement recommandé. Les restrictions qui avaient été récemment prises par le gouvernement ont entraßné une nette hausse du nombre d'inscriptions dans les centres de vaccination.

Mais le nombre de cas continue d'augmenter, se situant à des niveaux inédits depuis l'émergence de la pandémie: jeudi, plus de 15.000 nouvelles contaminations ont été enregistrés. "Nous avons trop de forces politiques dans ce pays qui s'opposent avec véhémence" à la vaccination, a fustigé le chancelier, dénonçant un "attentat contre notre systÚme de santé".

Une manifestation soutenue par le parti d'extrĂȘme droite FPÖ est prĂ©vue samedi Ă  Vienne et des milliers de personnes sont attendues. Son chef anti-vaccins, testĂ© positif au coronavirus, ne pourra pas y assister. "L'Autriche est maintenant une dictature"!, a lancĂ© Herbert Kickl vendredi face aux nouvelles mesures.

AFP

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