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Crash en Egypte: Moscou admet un possible acte "terroriste", Londres désigne l'EI

  • PubliĂ© le 10 novembre 2015 Ă  09:34
Le Premier ministre russe Dimitri Medvedev le 12 avril 2015 devant la Douma Ă  Moscou

Le Premier ministre russe a admis la possibilité qu'un "acte terroriste" ait été à l'origine du crash le 31 octobre d'un avion russe en Egypte, le chef de la diplomatie britannique évoquant un attentat à la bombe du groupe Etat islamique.


La branche Ă©gyptienne du groupe jihadiste EI avait assurĂ© ĂȘtre responsable du crash de l'appareil dans le dĂ©sert du SinaĂŻ, qui a coĂ»tĂ© la vie aux 224 passagers et membres de l'Ă©quipage, presque tous des Russes.
"La probabilité d'un acte terroriste demeure naturellement", a déclaré lundi au journal Rossiïskaïa Gazeta Dmitri Medvedev, dont le pays est devenu une cible prioritaire pour l'EI depuis son intervention militaire début octobre en Syrie pour soutenir le régime de Bachar al-Assad face aux rebelles et aux jihadistes.
L'Egypte, elle, semble traĂźner des pieds pour reconnaĂźtre la thĂšse de l'attentat, le gouvernement rĂ©pĂ©tant qu'on ne peut tirer aucune conclusion dĂ©finitive avant la fin de l'enquĂȘte qui, prĂ©vient-il, pourrait ĂȘtre longue.
Plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ont évoqué la piste d'une bombe à bord de l'Airbus de la compagnie russe Metrojet qui devait rallier Saint-Pétersbourg (Russie) au départ de Charm el-Cheikh (Egypte).
"Il est plus probable qu'il y ait eu un engin explosif à bord de l'avion", a déclaré lundi sur CNN le ministre britannique des Affaires étrangÚres Philip Hammond alors qu'il est en visite à Washington pour rencontrer son homologue américain John Kerry. "Il y a une forte probabilité que l'EI soit impliqué", a-t-il ajouté.
Israël, pays frontalier du Sinaï, a également indiqué lundi que le crash était trÚs probablement dû à un attentat.
Airbus a pour sa part suggĂ©rĂ© que l'appareil A321 n'Ă©tait pas en cause. Car "compte tenu des retours de l'enquĂȘte, il n'a pas Ă©tĂ© constatĂ© de dysfonctionnement" sur l'appareil, a indiquĂ© lundi un porte-parole du groupe Ă  l'AFP.
- Coup trĂšs dur pour le tourisme -
A Charm el-Cheikh, la station balnĂ©aire d'oĂč avait dĂ©collĂ© l'avion, des centaines de vacanciers, russes et britanniques pour la plupart, attendaient Ă  l'aĂ©roport pour repartir chez eux Ă  bord d'avions que Moscou et Londres ont envoyĂ©s Ă  vide.
La sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© renforcĂ©e Ă  l'entrĂ©e de l'aĂ©roport, oĂč tous les vĂ©hicules Ă©taient filtrĂ©s scrupuleusement. Et, Ă  proximitĂ© de certaines plages, les policiers semblaient plus nombreux que les touristes.
"Il y a des caméras partout et des policiers en civil pour assurer la sécurité des touristes à Charm", a résumé un officier à l'entrée de Nama Bay, l'un des centres commerciaux et de loisirs les plus fréquentés de Charm el-Cheikh.
Moscou a annoncé lundi que 25.000 de ses ressortissants avaient déjà été rapatriés, sur les 80.000 touristes russes recensés à Charm el-Cheikh et dans les stations balnéaires de la mer Rouge aprÚs le crash de l'avion.
De son cÎté, Londres a assuré lundi avoir déjà fait revenir 5.000 des quelque 20.000 touristes britanniques présents au bord de la mer Rouge aprÚs le drame.
Les images de touristes fuyant les plages Ă©gyptiennes irritent Le Caire qui estime depuis le dĂ©but que Londres et Washington ont surrĂ©agi et anticipĂ© les rĂ©sultats de l'enquĂȘte.
La catastrophe aérienne porte en effet un coup trÚs dur au tourisme égyptien, déjà affecté par des années d'instabilité depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en 2011 - à l'issue d'une révolte populaire dans la lignée du Printemps arabe.
L'an dernier, le nombre de visiteurs a atteint 10 millions contre 15 millions en 2010. La plupart d'entre eux avaient pris la direction de Charm el-Cheikh, de ses plages et de ses hÎtels de luxe, alors que les sites antiques, notamment autour de Louxor, étaient boudés.
Un cinquiĂšme des touristes russes choisissent de passer leurs vacances dans le pays des pharaons, selon des responsables du tourisme Ă  Moscou.
Les Britanniques, autre clientÚle de choix, risquent de déserter l'Egypte "pour le moment", indique Derek Moore, président de l'association des Tour Operators indépendants (AITO), qui regroupe 120 membres à Londres.
Comme d'autres capitales occidentales, Paris a également déconseillé à ses ressortissants de se rendre à Charm el-Cheikh.

- © 2015 AFP
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