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Débat entre Clinton et Trump: attaques, piques et esquives

  • PubliĂ© le 27 septembre 2016 Ă  09:22
La candidate démocrate Hillary Clinton et son rival républicain Donald Trump à l'issue du premier débat télévisé, le 26 septembre 2016 à New York

Hillary Clinton et Donald Trump se sont d'abord salués avec une politesse glacée.

La paix froide n'a duré qu'un instant avant que les deux prétendants à la Maison Blanche n'en viennent à un échange trÚs vif, parfois jusqu'à l'insulte.
Le premier débat de la présidentielle a été une lutte d'endurance de 90 minutes, sans autre pause dans les escarmouches et les esquives que les questions d'un modérateur passablement dépassé par l'ampleur de la tùche.
Curieusement, Hillary Clinton Ă©tait vĂȘtue de rouge, la couleur du parti rĂ©publicain alors que Trump affichait une cravate bleue, la couleur des dĂ©mocrates.
Elle n'a jamais appelé son adversaire que Donald, alors que lui - qui dans les réunions électorales la surnomme "Hillary la crapule" - lui a donné ici du "Madame la Secrétaire (d'Etat)".
La premiĂšre femme candidate d'un grand parti Ă  la fonction suprĂȘme s'est montrĂ©e calme, posĂ©e et ferme pour l'essentiel de l'affrontement. Toujours - ou presque - souriante, n'Ă©levant que rarement la voix.
"Donald c'est bon d'ĂȘtre avec vous", a-t-elle lancĂ© en guise d'ouverture. Elle n'a suscitĂ© qu'un demi sourire de la part de son adversaire, mais une rĂ©action amusĂ©e de la salle.
Tout au long de la soirée, elle a tendu quelques piÚges au milliardaire pour essayer de le faire sortir de ses gonds.
D'entrée de jeu, elle fait allusion au sérieux coup de pouce de 14 millions de dollars que Donald Trump a reçu de son pÚre pour bùtir son empire, bien plus qu'il ne l'admet en général.
Le rĂ©publicain a mordillĂ© Ă  l'hameçon: "Mon pĂšre m'a prĂȘtĂ© une toute petite somme et j'ai bĂąti une immense fortune !"
- 'Mensonge raciste' -
En général prompt à s'emporter ou à se lancer dans une dithyrambe, il a réussi à adopter un ton égal pour une bonne partie de la joute, tout en interrompant sans cesse son adversaire. Ce n'est qu'au bout d'une heure qu'il a montré son irritation, levant parfois les yeux au ciel.
Hillary Clinton a su mettre en valeur son expérience, montrer sa maßtrise des dossiers, se présentant comme la voix de la raison, comme l'ancienne secrétaire d'Etat qui comprend la marche des affaires du monde. Mais elle s'est aussi montré cassante: "Donald vous vivez dans un monde à part !". Plus tard, elle l'accuse de "mensonge raciste" sur la nationalité du président Obama.
Trump est resté dans son rÎle de populiste, répétant des slogans polis et calibrés au fil des meetings électoraux sur les thÚmes qui plaisent à ses électeurs, qui veulent dynamiter l'establishment de Washington.
Souvent les accrochages ont été rugueux.
"Elle n'a pas l'Ă©nergie" pour ĂȘtre prĂ©sidente, "Hillary a de l'expĂ©rience mais c'est une mauvaise expĂ©rience", a mitraillĂ© Trump, accusant l'ancienne secrĂ©taire d'Etat d'ĂȘtre responsable "du chaos" au Moyen Orient pour faire bonne mesure.
Les deux adversaires ont aussi su faire rire la salle, parfois à leur détriment.
AprÚs un vif échange sur l'économie, Hillary Clinton lance indignée: "j'ai l'impression que d'ici ce soir on va m'accuser de tous les maux". "Pourquoi pas ? " réplique Trump du tac au tac.
"Je pense que mon meilleur atout, et de loin c'est mon caractÚre", a lancé Donald Trump provoquant des rires dans la salle et "woah, OK" de Mme Clinton, ponctué d'un roulement des yeux.
C'est à la toute fin des 90 minutes que Donald Trump a dit quelque chose qu'il n'avait jamais dit auparavant. Quand on lui a demandé s'il allait accepter le jugement des urnes il a répondu: "Si elle gagne, je la soutiendrai évidemment".

- © 2016 AFP
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