Les premiers "gilets jaunes" convergeaient samedi 15 dĂ©cembre 2018 dans le calme sur les Champs-ĂlysĂ©es, encadrĂ©s par un dispositif sĂ©curitaire d'ampleur, pour l'acte V d'une mobilisation nationale sous l'oeil attentif du pouvoir qui espĂšre un apaisement aprĂšs les annonces d'Emmanuel Macron en faveur du pouvoir d'achat.
"La derniÚre fois, on était là pour les taxes, cette fois, c'est plus pour les institutions : on veut plus de démocratie directe", résume dans le froid mordant Jérémy, intérimaire de 28 ans venu de Rennes en famille "gueuler pour se faire entendre".
Des gilets jaunes commencent Ă descendre les Champs-ĂlysĂ©es pic.twitter.com/rP96zV01IK
â BFMTV (@BFMTV) 15 dĂ©cembre 2018
Terrible image symbolique.
â #Sarkozy2022 #Matricule1218 (@Guillaume6869) 15 dĂ©cembre 2018
Des Mariannes dénudées face aux gendarmes#GiletsJaunes #ActeV #Acte5 #ChampsElysees #15Decembre pic.twitter.com/xC7iVmpCkd
Peu avant 09H30, une trentaine de personnes avaient Ă©tĂ© interpellĂ©es en Ile-de-France, dont 17 dans l'agglomĂ©ration parisienne, bien loin des 300 interpellations recensĂ©es Ă la mĂȘme heure samedi dernier dans le cadre de contrĂŽles prĂ©ventifs. Au total, il y eut prĂšs de 2.000 interpellations, un record.
Les premiers "gilets jaunes" arrivent sur les Champs-Elysées, 32 personnes interpellées en Ile-de-Francehttps://t.co/rcpQCVwZsR pic.twitter.com/IPlQPljIkD
â franceinfo (@franceinfo) 15 dĂ©cembre 2018
L'ampleur des manifestations, qui ont rĂ©uni 136.000 personnes lors des deux derniers Ă©pisodes marquĂ©s par des scĂšnes de guĂ©rilla urbaine et un dispositif sĂ©curitaire exceptionnel, va ĂȘtre scrutĂ©e de prĂšs par un exĂ©cutif en proie Ă une crise sociale inĂ©dite.
"On s'attend Ă un mobilisation un peu moindre mais avec des individus un peu plus dĂ©terminĂ©s", a dĂ©clarĂ© vendredi soir le secrĂ©taire d'Ătat Ă l'IntĂ©rieur Laurent Nuñez.
Autour de l'arc de Triomphe, des fourgons de gendarmes mobiles étaient positionnés depuis l'aube. 8.000 membres des forces de l'ordre ont été déployés dans la capitale, appuyés par 14 véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG).

A 100 mÚtres de la place de l'Etoile, à la brasserie "Le vin coeur", Maria, la responsable, craignait de nouvelles dégradations. "DÚs que ça gaze, on a ordre de fermer et de remonter le store de la terrasse", témoigne-t-elle. Pour elle, "qu'ils manifestent, pas de souci, mais cette casse, c'est affligeant".
Ailleurs dans Paris, comme sur la place de la Bastille, les banques avaient recouvert leur façades de contreplaqué, mais les cafés étaient ouverts pour tenter de combler le manque à gagner lié aux fermetures des samedis précédents.
AgnÚs Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprÚs du ministre de l'Economie, a assuré sur BFMTV samedi que les commerçants ont fait état de pertes d'activité "en moyenne de -25%, avec des pointes à -50, -70, dans certains endroits -90%".
A quelques heures de lâActe 5 des #GiletsJaunes, Paris se barricade comme la semaine derniĂšre. Une centaine de personnes mobilisees rien que sur les Champs-ElysĂ©es. Impressionant. pic.twitter.com/lA7PbmHxVZ
â Remy Buisine (@RemyBuisine) 14 dĂ©cembre 2018
Environ 69.000 membres des forces de l'ordre ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s, contre 89.000 samedi dernier. En rĂ©gions oĂč de nombreuses manifestations sont annoncĂ©es, des renforts sont prĂ©vus lĂ ont eu lieu des violences, comme Bordeaux ou Toulouse.
"100 euros, c'est du flan"
L'A6 a été coupée dans les deux sens à la limite entre la SaÎne-et-Loire et le RhÎne par le préfet par précaution face à la mobilisation attendue de "gilets jaunes".
Dans la capitale, les accÚs aux institutions (Palais de l'Elysée, HÎtel Matignon, Assemblée nationale, ministÚre de l'Intérieur, etc.) sont protégés.
En revanche, signe que la tension retombe un peu, la Tour Eiffel, et plusieurs musées fermés samedi dernier sont désormais ouverts, tout comme les grands magasins à l'approche de Noël.
A Bordeaux, l'office de tourisme a en revanche annulé toutes ses visites guidées prévues samedi aprÚs-midi et fermera ses portes à la mi-journée. De nombreux services et établissements culturels publics garderont leurs portes closes.
Les annonces d'Emmanuel Macron lundi, dont la plus emblématique porte sur une hausse de 100 euros des revenus au niveau du Smic, ont été diversement reçues par des Français, réclamant moins de taxes et plus de pouvoir d'achat.
"100 euros de plus pour les smicards c'est du flan, ça ne concerne qu'une minorité de personnes", a regretté samedi à Paris Ludovic, 40 ans, conditionneur cariste venu manifester d'Amiens.
AprÚs l'attentat jihadiste de Strasbourg mardi qui a fait quatre morts, les appels, notamment au sein de la majorité et du gouvernement, à ne pas manifester ont aussi été rejetés par une partie des "gilets jaunes", n'y voyant aucun rapport.
Si les modĂ©rĂ©s, reprĂ©sentĂ©s par le collectif des "gilets jaunes libres" ont appelĂ© Ă une "trĂȘve" et estimĂ© que "le temps du dialogue est venu", d'autres ont affichĂ© leur dĂ©termination Ă redescendre dans la rue pour obtenir de nouvelles avancĂ©es sociales et Ă©conomiques.
www.ipreunion.com avec AFP


