Sports (enfin presque)

Déplacements, homophobie, tribunes debout: le gouvernement joue l'apaisement envers les supporters

  • PubliĂ© le 28 octobre 2019 Ă  21:24
  • ActualisĂ© le 29 octobre 2019 Ă  06:04
Des supporters de l'OM déploient une banderole dénonçant les interdictions de déplacement, le 18 février 2018 au  Vélodrome

Discriminations, déplacements, tribunes debout... Le gouvernement a joué la carte de l'apaisement envers les groupes de supporters lundi, en annonçant des assouplissements sur les sujets qui fùchent et en évitant de brandir à nouveau l'arme des interruptions de matches pour injures homophobes.

La présence lundi au ministÚre des Sports de Laurent Nunez, secrétaire d'Etat auprÚs du ministre de l'Intérieur, lors d'une réunion de l'Instance nationale du supportérisme (INS) qui regroupe tous les acteurs (supporters, ligue, fédération, clubs) autour de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a à elle seule détendu l'atmosphÚre, de l'avis de plusieurs membres de l'INS.

Le secrĂ©taire d'Etat a en effet pu ĂȘtre interpellĂ© sur la question chaude des restrictions et interdictions de dĂ©placement de supporters, dĂ©cidĂ©es par voie prĂ©fectorale Ă  l'occasion de nombreux matches jugĂ©s Ă  risque. Les groupes de supporters les jugent tantĂŽt "trop gĂ©nĂ©ralisĂ©es", tantĂŽt "incohĂ©rentes" ou "disparates".

M. Nunez a apporté quelques réponses en annonçant qu'une circulaire sera adressée aux préfets pour leur rappeler notamment de "ne pas tomber dans la banalisation". Une sorte de "cahier des charges" visant à "responsabiliser tous les acteurs", selon Roxana Maracineanu.

- Anticiper les déplacements -

Les deux membres du gouvernement ont insisté sur l'importance de "l'anticipation". Ils ont demandé aux acteurs locaux de planifier les premiÚres réunions d'organisation de ces rencontres sensibles "au moins trois semaines" en amont, d'y impliquer le club visiteur et son "référent supporters", cet intermédiaire club-supporters présent au sein de chaque équipe professionnelle depuis 2016.

"Il a été admis aujourd'hui qu'on avait été trop loin, que certaines mesures avaient été disproportionnées. Mais aprÚs les discours, il faut les actes, on sera attentif", a réagi Pierre Barthélémy, avocat de l'Association nationale des supporters (ANS). L'entité a décompté 47 matches de football concernés par ces mesures depuis le début de la saison, dont 12 interdictions totales de déplacement, comme dimanche pour PSG-OM.

La présidente de la Ligue de football professionnel (LFP) Nathalie Boy de la Tour, a salué des "déclarations fortes qui aideront nos supporters à se déplacer plus facilement". Autre avancée notable: le bilan de l'expérimentation des "tribunes debout", ces parcages populaires sans siÚge espérés par de nombreux groupes de supporters a été "unanimement salué", selon Mme Boy de la Tour.

- "Mission d'appui" sur les discriminations -

Testée sur quatre stades de L1 et L2 depuis la saison derniÚre, l'opportunité pour les clubs d'installer ces "tribunes debout", interdites depuis la catastrophe de Furiani à Bastia en 1992 - 18 morts aprÚs l'effondrement d'une tribune -, pourrait prochainement entrer dans le code du sport, a souligné la présidente de la Ligue.

Du coup, ces sujets ont pris le pas sur la question, toujours épineuse, des injures homophobes ou racistes dans les stades, alors que plusieurs matches avaient été interrompus en début de saison aprÚs des chants jugés discriminatoires. "Il y a eu déjà beaucoup de prises de positions de la part des instances, puis de la part de supporters qui comprennent le sujet si on leur explique de quoi il s'agit", a déclaré Roxana Maracineanu, montée au créneau à plusieurs reprises depuis le printemps, aprÚs un PSG-OM qui l'avait choquée.

CoĂŻncidence, la rĂ©union de l'INS se dĂ©roulait au lendemain d'un nouveau "clasico" encore marquĂ© par des insultes fleuries en tribune, "des manifestations inutiles de mĂ©pris et d'humiliation par rapport Ă  l'Ă©quipe adverse" que la ministre a regrettĂ©es. Le ministĂšre a tout de mĂȘme fait savoir qu'une "mission d'appui" indĂ©pendante allait ĂȘtre lancĂ©e, visant Ă  Ă©tablir un Ă©tat des lieux sur la question des discriminations dans le sport français.

Ce qui semble, dans un premier temps, satisfaire les supporters: "On a vraiment besoin d'un oeil extérieur là-dessus", a réagi auprÚs de l'AFP Ronan Evain, le coordinateur du réseau Football supporters Europe (FSE). "Pour savoir si le football a un véritable souci spécifique, ou si on est sur quelque chose de similaire au reste de la société française".

AFP

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