[Vidéo] Une travailleuse en situation de handicap dénonce un "licenciement abusif" au Département, la collectivité dément

  • Publié le 23 juillet 2026 à 16:44
  • Actualisé le 23 juillet 2026 à 17:51
femme

Une salariée en situation de handicap est sous le coup d'une procédure de licenciement pour faute grave par le Conseil départemental de La Réunion. Procédure que la jeune femme conteste et qualifie de licenciement abusif pour cause de discrimination. La collectivité dément la mise en cause (Photo d'illustration www.imazpress.com)

En reprenant ses études via l'apprentissage, il y a un peu moins de deux ans, Leila (prénom d'emprunt) n'imaginait sans doute pas se retrouver dans une situation aussi complexe. En juin, cette Dionysienne porteuse d'un handicap moteur et auditif, s'est vue convoquer à un entretien préalable au licenciement par le Département où elle exerce à la direction Santé au travail et accompagnement professionnel, qui se charge notamment de la qualité de vie en milieu professionnel. 

Des fautes qui selon le Département tiennent à des actes d'indiscipline, un comportement professionnel inadéquat ou des critiques envers son supérieur et tuteur. Mais la version donnée par Leila diffère de celle de l'institution. 

Selon elle, "il n'y a pas eu d'adaptation par rapport à son handicap". Notamment sur l'absence de mise à disposition d'un parking handicapé proche de son lieu de travail lors de sa date d'embauche en octobre 2024. Ce qui aurait obligé Leila à parcourir plus de 400 mètres entre sa voiture et son bureau. Un trajet difficile provoquant une lourde chute, un mois plus tard, en novembre.

Autre élément, l'isolement forcé qu'elle aurait subi faute d'une prise en compte suffisante de son profil spécifique de la part de ses collègues.  

Interrogé sur le sujet, le Département estime que la règlementation a été respectée. Un parking, situé "à environ 87 mètres de son bureau" aurait été ainsi réservé à Leila à partir de février 2026. Une préconisation prise à l’issue d’une "visite de poste réalisée avec le médecin de prévention."

- Le syndicat parle de discrimination, la collectivité réfute -

Sur le sujet d'une possible discrimination à l'encontre de son alternante, là encore, le Département estime que "les conditions de travail ont été adaptées et que les moyens nécessaires ont été mobilisés pour favoriser son intégration professionnelle." Notamment en lui proposant un bureau individuel climatisé et isolé du bruit.

Si une procédure contradictoire est toujours en cours, la menace d'un éventuel licenciement demeure réelle. Et l'avenir de Leila, 36 ans et parente isolée d'une enfant de 2 ans et demi, reste suspendu à cette décision.

“Les conséquences pour elle sont lourdes. Si on la licencie, elle ne pourra pas valider son diplome en ressources humaines alors qu'elle est l'une des meilleures étudiantes de sa promo. Il y a aussi l'aspect financier qui est à prendre en compte et sans salaire, elle ne pourra plus faire vivre sa fille”, point Moise Mazeau, secrétaire départemental du syndicat Sud collectivités territoriales. Écoutez.

Reste à voir si ce contexte personnel pèsera dans le verdict définitif livré par le Département qui note que “les difficultés relationnelles relevées au sein du service ne peuvent être réduites à la seule question du handicap” de Leila.

Une position que regrette Moise Mazeau qui pointe “l'absence de médiation” et un “management toxique” au sein de la collectivité.

Pour sa part, la travailleuse en situation de handicap se dit sûre de son bon droit. En cas de licenciement, elle envisage de saisir le conseil des prudhommes.

fb/www.imazpress.com / [email protected]

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7 Commentaires
Marie
Marie
2 semaines

De toute manière ça toujours été la stratégie du département.
Il a des services bras cassés. On s'est pas qui fait quoi.
Il font des embauches de personnes qui n'ont pas la légitimité exercice.. Le conseil départemental est mal barré .

ChrisD99
ChrisD99
2 semaines

Management toxique tout est dit. En situation de handicap aucune chance .

SOMANKE
SOMANKE
2 semaines

Cette "affaire" est emblématique du nouvel "ordre
social" (et aussi moral) anarchique (et je pèse mes mots) que les "chasseurs de pouvoir" veulent nous imposer.
L'anarchie étant l'absence de hiérarchie, d'ordre, nous avons affaire ici à un conflit entre un employeur et une salariée. C'est donc dans cette relation contractuelle là que nous devrions nous situer pour apprécier les responsabilités des uns et des autres.
Nous devons le faire dans le respect des règles qui régissent la matière concernée.
Le contrat (de travail en l'occurrence) a-t-il, ou non, été respectée? La convocation à un entretien préalable au licenciement (il n'y a pas encore de licenciement) ne préjuge jamais de la décision que pourra prendre ultérieurement l'employeur. Quand cette décision sera prise et si elle l'est, il sera temps de s'interroger sur l'exécution de son contrat de travail par cette salariée, fut elle handicapée Voilà la seule question qui devra être posée en son temps.
L'employeur aura alors motivé clairement sa décision de licencier.
Or, l'article, sans doute suggérée par la plaignante et inspiré par l'air du temps, se concentre sur deux points.
Le genre d'abord. Il s'agit d'une femme, faussement présumée faible.
Cette femme présente de plus un handicap.
C'est un peu court, ! Au regard surtout du sacro-saint principe de l'égalité du citoyen devant la loi
Je m'attendais (!) à ce que les deux parties nous parlent de l'exécution du contrat de travail La "plaignante" ne le fait pas considérant sans doute que sa qualité de femme handicapée suffit. Le département pour sa part se tait et il a sans doute raison puisqu'aucune décision n'a encore été prise.
Nous voilà avec une présomption de bonne foi (et plus) qui doit bénéficier à la gente féminine qui plus est, handicapée.
La presse n'a ni les moyens ni le pouvoir de juger.
Je ne suis pas naïf et comme pour tout un chacun, il me paraît clair que cette démarche entreprise par cette salariée n'est que la traduction de la faillite de notre système judiciaire.
La justice est ce trop lente, trop laxiste, trop imprévisible, c'est ce que nous entendons tous les les jours.
Peut-être alors pourrait-elle (la justice) servir comme moyen de pression
Qui n'a pas déjà entendu tel homme politique ou simple citoyen dire "j'ai raison et d'ailleurs j'ai saisi la justice".
Je sais (!) que la presse saura éviter de se laisser manipuler.

Jul
Jul
2 semaines

C'est le tribunal administratif et non les Prudhommes, non? fonction publique

ZembroKaf
ZembroKaf
2 semaines

la personne porteur de handicap ... embauchée en octobre 2024 .... aménagement de poste et parking en février 2026 .... voilà ce m'interpelle !!!
Bientôt les élections professionnelles en fin d'année, les syndicats immobiles depuis plusieurs années ... sortent de leur "coma" pour défendre à tout va et surtout se faire remarquer ... leur représentation sont en jeu !!!
Je ne sais pas qui a raison ou tord dans ce conflit "employé employeur" ... mais d'après les dires "en interne" la dégradation du management au Département est de pire en pire !!!

Bertha
Bertha
2 semaines

Ben zot prend un siècle pour réagir sauf quand il s'agit de taper sur ou.

ZembroKaf
ZembroKaf
2 semaines

contrat d'apprentissage donc CDD de "droit privé" relevant des prud'hommes !!!