Dans une morgue de Douma, Nidal pleure prĂšs du corps sans vie de sa fille. "J'ai encore cinq enfants et je ne sais pas oĂč ils sont", crie-t-il. Sa fillette fait partie des 54 civils tuĂ©s lundi dans les bombardements intensifs du rĂ©gime syrien contre l'enclave rebelle de la Ghouta orientale prĂšs de Damas, dont Douma est la principale ville.
Au moins neuf des victimes sont des enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Plus de 300 personnes ont été blessées.
Dans les localitĂ©s de l'enclave, les hĂŽpitaux et les mĂ©decins sont dĂ©bordĂ©s par les enfants qui recherchent leurs parents mais aussi par des parents en quĂȘte de leurs enfants.
Alors que les corps continuent d'ĂȘtre transportĂ©s du chaos de la salle d'urgence vers une morgue improvisĂ©e, Nidal soulĂšve les linceuls couvrant plusieurs enfants avant de trouver sa fille, Farah (joie en arabe). Il s'agenouille et pleure Ă cĂŽtĂ© d'elle. Farah a Ă©tĂ© tuĂ©e dans la localitĂ© de Mesraba et sa dĂ©pouille emmenĂ©e Ă Douma par les secouristes, complĂštement dĂ©bordĂ©s depuis que le rĂ©gime a intensifiĂ© ses frappes sur la Ghouta orientale il y a deux semaines.
Entre deux sanglots, son pÚre demande aux employés s'il y a un "frigo" pour y déposer son corps. La réponse est négative.
L'homme affligĂ© pleure alors Ă chaudes larmes. Nidal crie aussi car il ne sait pas oĂč sont ses cinq autres enfants. "J'ai cinq enfants, j'ignore totalement oĂč ils sont, cinq enfants et leur mĂšre!" "Que Dieu vous donne patience", lui lance un secouriste, dĂ©semparĂ©. Des secouristes ont ensuite indiquĂ© Ă l'AFP qu'il avait finalement retrouvĂ© ses cinq enfants, sains et saufs.
L'hĂŽpital de Douma est plein de civils affolĂ©s. Un homme se cogne la tĂȘte par terre Ă cĂŽtĂ© du corps inanimĂ© de son enfant. Un autre Ă©clate en sanglots en dĂ©couvrant la dĂ©pouille de son nouveau-nĂ© posĂ©e sur une couverture, Ă cĂŽtĂ© d'une flaque de sang.
- 'Ils me sont revenus'! -
Onze dĂ©pouilles ont Ă©tĂ© transportĂ©es dans cette hĂŽpital, selon le correspondant de l'AFP. Dans le mĂȘme Ă©tablissement, des enfants blessĂ©s arrivĂ©s sans leurs parents pleurent en appelant dĂ©sespĂ©rĂ©ment leur pĂšre ou mĂšre. D'autres sont assis en silence, du sang sur leur visage blanchi par la poussiĂšre, alors qu'ils sont traitĂ©s par les mĂ©decins. Les mĂȘmes scĂšnes se rĂ©pĂštent dans les autres hĂŽpitaux de la Ghouta orientale.
Dans la localitĂ© de HammouriyĂ©, oĂč 20 civils ont Ă©tĂ© tuĂ©s lundi par les frappes du rĂ©gime, mĂ©decins et infirmiers peinent Ă soigner tous les patients.
Des civils recherchent Ă©galement leurs proches morts ou vivants. Dans la morgue de l'hĂŽpital, un homme griĂšvement blessĂ© Ă la tĂȘte est allongĂ© au sol, mais son c?ur continue de battre.
Ses blessures sont tellement graves que les médecins ont estimé qu'ils ne pouvaient pas le sauver. Et ils ont été aider d'autres blessés affluant vers l?hÎpital.
En raison du siÚge du régime imposé depuis 2013 à la Ghouta orientale, les hÎpitaux manquent de presque tout. Certains ont eu de la chance. Dans l'hÎpital de Douma, un homme arrive et trouve ses deux enfants parmi d'autres blessés emmenés dans l'établissement. Il les porte dans ses bras en pleurant de joie et crie: "Ils me sont revenus sains et saufs, Dieu est grand"!
AFP


