Etats-Unis

Donald Trump face au CongrĂšs, le mur en toile de fond

  • PubliĂ© le 5 fĂ©vrier 2019 Ă  09:48
  • ActualisĂ© le 5 fĂ©vrier 2019 Ă  10:10
Donald Trump prononce son discours sur l'état de l'Union devant le CongrÚs le 30 janvier 2018

Donald Trump est de retour mardi devant le CongrĂšs pour une allocution solennelle qui lui offre l'occasion de prendre de la hauteur.

Mais le climat politique délétÚre à Washington et son projet de mur controversé le placent en position difficile.
Pour ce traditionnel discours en prime time sur "l'état de l'Union", le tempétueux président américain a promis un appel à l'unité et une tonalité résolument optimiste.

A 21 mois de l'Ă©lection prĂ©sidentielle, oĂč il entend briguer un second mandat de quatre ans, il devra naviguer entre sa volontĂ© affichĂ©e de se poser en rassembleur et son instinct le poussant Ă  galvaniser sa base, provocations Ă  l'appui.
Une image, chargée en symboles, pourrait résumer la difficulté de l'exercice: lorsqu'il prendra la parole devant les élus au grand complet, Nancy Pelosi, nouvelle "Speaker" de la Chambre des représentants, sera, suivant la tradition, assise derriÚre lui, dans le champ des caméras.
Or l'élue démocrate de San Francisco, vent debout contre son projet de mur à la frontiÚre avec le Mexique, vient de lui infliger une cuisante défaite politique. Et l'image d'habile négociateur que le magnat de l'immobilier aime mettre en avant a été sérieusement écornée.
AprÚs des semaines d'une étrange partie de "poker menteur", Donald Trump a cédé face à ses adversaires politiques et mis fin au "shutdown" en signant une loi de financement (temporaire) de l'Etat fédéral sans avoir obtenu le moindre dollar pour son projet emblématique de lutte contre l'immigration clandestine.

Comme l'an dernier, oĂč il avait gardĂ© les yeux sur les tĂ©lĂ©prompteurs et avait adoptĂ© un ton plutĂŽt conciliant, Donald Trump devrait se tenir Ă©loignĂ© de l'agressivitĂ© de ses tweets quotidiens.
"Ensemble, nous pouvons mettre fin à des décennies de blocage politique, guérir les blessures anciennes, construire de nouvelles coalitions, esquisser de nouvelles solutions", devrait-il affirmer selon des extraits diffusés par la Maison Blanche.
Mais, sur le fond, quelle sera la tonalité du reste du texte ? Relancera-t-il avec virulence le débat sur l'immigration ? Profitera-t-il de l'occasion, comme il l'a laissé entendre, pour déclarer une "urgence nationale", procédure exceptionnelle qui lui permettrait de contourner le CongrÚs pour financer le mur qu'il veut ériger à la frontiÚre avec le Mexique ?

Venezuela en bonne place

S'il devrait mettre en avant de bons chiffres Ă©conomiques et un marchĂ© du travail extrĂȘmement dynamique, le chapitre consacrĂ© Ă  la politique Ă©trangĂšre pourrait lui valoir des applaudissements moins nourris dans son camp. Des dissensions s'expriment dĂ©sormais au grand jour chez les rĂ©publicains, en particulier sur le retrait, jugĂ© prĂ©cipitĂ© par certains, des troupes amĂ©ricaines de Syrie.
Le président américain pourrait aussi profiter de ce rendez-vous pour annoncer le lieu et la date de son prochain sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un avec lequel il existe, assure-t-il, "une incroyable alchimie".

Au-delĂ  du discours lui-mĂȘme, ce rendez-vous annuel trĂšs prisĂ© du tout-Washington est aussi scrutĂ© Ă  la loupe: les applaudissements ou les silences, l'attitude des nouveaux Ă©lus.
Or Donald Trump s'exprimera aussi devant un nouveau CongrÚs qui bat tous les records de diversité dans l'histoire américaine: 127 femmes, plus de 50 élus afro-américains.
Et les jeunes élus présents dans la salle pourraient, d'une maniÚre ou d'une autre, se faire entendre, à l'image d'Alexandria Ocasio-Cortez, benjamine du CongrÚs américain au verbe haut.

L'Ă©lue de 29 ans a conviĂ© Ana Maria Archila, jeune femme qui avait protestĂ© avec virulence, dans les couloirs du CongrĂšs, contre la nomination Ă  la Cour suprĂȘme du juge conservateur Brett Kavanaugh, accusĂ© d'agression sexuelle.
La Nobel de la paix Nadia Murad, ex-esclave des jihadistes en Irak et membre de la minorité yazidie, fera également partie des invités.
Le sénateur Marco Rubio a décidé d'offrir une place dans la vénérable enceinte à l'opposant vénézuélien Carlos Vecchio, nommé nouveau chargé d'affaires du Venezuela aux Etats-Unis par Juan Guaido, autoproclamé président par intérim.
C'est une femme noire qui sera chargé donner au nom des démocrates la réplique au président, juste aprÚs son discours.
Figure montante de son parti, Stacey Abrams, 45 ans, ne dĂ©tient aucun mandat Ă©lectif. Elle a Ă©chouĂ© de peu, en GĂ©orgie en novembre, dans sa quĂȘte pour devenir la premiĂšre gouverneure afro-amĂ©ricaine.

AFP

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