Politique américaine

Donald Trump s'en prend au procureur spécial Robert Mueller

  • PubliĂ© le 21 juillet 2017 Ă  18:54
Le président américain Donald Trump, à Washington DC le 19 juillet 2017

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump Ă©tait accusĂ© vendredi de chercher Ă  contenir l'enquĂȘte sur les ingĂ©rences russes, qui vise certains de ses proches, et Ă  saper l'autoritĂ© du procureur spĂ©cial Robert Mueller, nommĂ© en mai pour assurer l'indĂ©pendance des investigations.


Le milliardaire s'est publiquement agacĂ© que l'Ă©quipe d'enquĂȘteurs de Robert Mueller, un ancien directeur du FBI, s'intĂ©resse Ă  ses propres finances et celles de sa famille, comme cela a Ă©tĂ© rapportĂ© par plusieurs mĂ©dias.
"C'est une violation" du mandat de Robert Mueller, a dit le dirigeant au New York Times. Depuis son entrĂ©e en politique, il cache jalousement sa feuille d'impĂŽts, contrairement Ă  tous ses prĂ©dĂ©cesseurs, en insistant qu'il n'avait aucun intĂ©rĂȘt financier en Russie.

Selon le quotidien, les avocats personnels et les collaborateurs de Donald Trump ont commencĂ© Ă  fouiller la vie des enquĂȘteurs embauchĂ©s par Robert Mueller dans le but de dĂ©couvrir des conflits d'intĂ©rĂȘts qui pourraient permettre de discrĂ©diter leur travail, voire de forcer leur Ă©viction ou celle de M. Mueller.

Le ministĂšre de la Justice, dont dĂ©pend le procureur spĂ©cial, ne peut le limoger que dans certains cas graves, dont le conflit d'intĂ©rĂȘt. La dĂ©cision revient thĂ©oriquement au numĂ©ro deux, Rod Rosenstein, car le ministre Jeff Sessions s'est rĂ©cusĂ© dans cette affaire.

Depuis le Bureau ovale, le septuagĂ©naire a de nouveau racontĂ© qu'il avait reçu M. Mueller comme candidat Ă  la direction du FBI en mai, la veille de sa nomination comme procureur spĂ©cial par M. Rosenstein. Selon lui, l'ancien directeur Ă©tait dĂ©sireux de reprendre les rĂȘnes de la police fĂ©dĂ©rale.
"Il y a de nombreux autres conflits dont je n'ai pas parlé, mais je le ferai un jour", a ajouté Donald Trump.

Deux conseillers prĂ©sidentiels ont mĂȘme rapportĂ© au Washington Post qu'une vieille affaire d'adhĂ©sion Ă  un golf Trump prĂšs de Washington, que M. Mueller a rĂ©siliĂ©e en 2011, avait Ă©tĂ© dĂ©terrĂ©e dans le but de trouver une Ă©ventuelle rancune, ce que l'intĂ©ressĂ© a niĂ© par un porte-parole.
Quant aux enquĂȘteurs chevronnĂ©s recrutĂ©s par le procureur, les alliĂ©s rĂ©publicains du prĂ©sident martĂšlent depuis des semaines que plusieurs ont, dans le passĂ©, fait des dons Ă  des candidats dĂ©mocrates; ces informations sont publiques aux Etats-Unis.

"Il faut que les gens sachent ce qui motive les gens politiquement", a insisté vendredi Kellyanne Conway, conseillÚre de la Maison Blanche et ancienne directrice de campagne, sur Fox News. "Ce ne sont pas des petites sommes. Ils voulaient à l'évidence que l'autre camp gagne".

- Dans le périmÚtre? -

Enfin, le prĂ©sident aurait commencĂ© Ă  demander Ă  son Ă©quipe juridique sous quelles conditions thĂ©oriques il pourrait gracier des proches, des membres de sa famille, voire lui-mĂȘme, selon le Washington Post.
La stratĂ©gie juridique de Donald Trump ne semble pas ĂȘtre solidement fixĂ©e, comme en tĂ©moigne un nouveau remaniement de son Ă©quipe d'avocats personnels.

Mark Corallo, qui coordonnait la communication de l'Ă©quipe, a indiquĂ© Ă  l'AFP avoir quittĂ© son poste. Les attaques prĂ©sumĂ©es de la Maison Blanche contre le procureur spĂ©cial ont suscitĂ© la colĂšre des Ă©lus dĂ©mocrates qui codirigent les enquĂȘtes distinctes menĂ©es par des commissions du CongrĂšs.
Le mandat de M. Mueller, dĂ©fini dans une lettre, est d'enquĂȘter sur "tout lien et/ou coordination entre le gouvernement russe et des individus associĂ©s Ă  la campagne du prĂ©sident Donald Trump", mais aussi "tout sujet" dĂ©coulant "directement" de ces investigations.

Pour l'Ă©lu dĂ©mocrate Adam Schiff, il ne fait aucun doute que M. Mueller a le pouvoir d'enquĂȘter sur les finances de Donald Trump. "Tout fait financier inconvenant entre la Russie et l'organisation Trump, tel que du blanchiment d'argent, pourrait reprĂ©senter le type mĂȘme de +Kompromat+ (information compromettante) que la Russie pourrait exploiter pour influencer la politique de l'administration", a-t-il dĂ©clarĂ©.

"L'idĂ©e que le prĂ©sident envisage des grĂąces Ă  ce stade prĂ©liminaire des investigations est extrĂȘmement troublant", a Ă©galement averti le dĂ©mocrate Mark Warner, vice-prĂ©sident de la commission du Renseignement du SĂ©nat.

AFP

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