Du G7 à Versailles, la relation en (plaqué) or entre Macron et Trump

  • Publié le 18 juin 2026 à 04:57
  • Actualisé le 18 juin 2026 à 13:35
Le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président américain Donald Trump et le président français Emmanuel Macron au sommet du G7, à Évian, le 17 juin 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

Quoi de mieux que Versailles pour éblouir Donald Trump ? Emmanuel Macron, satisfait de son G7 à Evian, le reçoit mercredi soir pour un dîner sous les ors du château, conclusion fastueuse d'un déplacement au cours duquel le président américain s'est montré particulièrement accommodant.

Parti d'Evian en début de soirée, il a été chaleureusement accueilli dans la cour à la lumière du coucher de soleil par Emmanuel Macron et son épouse Brigitte, qu'il a embrassée sur la joue.

Si le château de Versailles, près de Paris, a été choisi pour ce dîner célébrant les 250 ans de l'indépendance américaine, c'est en tant que "haut lieu de l'amitié" avec les Etats-Unis, fait valoir l'Elysée.

Mais le château du Roi-Soleil, c'est aussi "du lourd", a admis le président américain, dont la passion pour les dorures n'est plus à prouver.

Pour qu'il en prenne toute la mesure, Emmanuel Macron lui a concocté une visite privée, avec la Galerie des Glaces, une galerie consacrée à la guerre d'indépendance des Etats-Unis, et un concert dans la chapelle royale.

Une déambulation entrecoupée d'une conversation téléphonique des deux présidents avec leur homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, à l'initiative d'Emmanuel Macron, selon l'Elysée. M. Zelensky a affirmé avoir évoqué avec eux les discussions du sommet du G7.

Et de la signature de l'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, a indiqué un responsable américain à l'AFP.

Emmanuel Macron et Donald Trump ont dîné dans la somptueuse Galerie basse. Au menu: un apéritif à base de porc noir de Bigorre, un plat d'asperges blanches et de volaille, un plateau de fromages (français) et une tarte au chocolat.

Une trentaine de personnes s'en sont régalées, notamment des représentants des gouvernements américain et français ainsi que du monde économique - dont les grands patrons Bernard Arnault (LVMH), Patrick Pouyanné (TotalEnergies) et Rodolphe Saadé (CMA CGM).

- "Pas un dîner de gala" -

Emmanuel Macron savoure sa bonne entente affichée ces derniers jours avec l'imprévisible président américain, en lequel il a assuré mercredi avoir "toujours eu confiance".

Mais pour lui, il s'agit de mettre les petits plats dans les grands sans en faire trop, au risque d'être accusé de complaisance.

Ses opposants lui reprochent déjà d'avoir organisé ce dîner "en grande pompe", avec un important dispositif de sécurité, pour complaire au milliardaire républicain. "Il faut définitivement apprendre à vivre sans Trump", a protesté le candidat de La France insoumise (gauche radicale) à la présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon.

"Ce n'est pas un dîner de gala", a répondu lundi le chef de l'Etat.

Il fallait quand même s'assurer que le président américain, qui goûte peu les grandes réunions multilatérales et avait quitté prématurément le G7 au Canada l'an dernier, resterait cette fois jusqu'au bout du sommet d'Evian, au pied des Alpes française.

"N'ayons pas honte de ce que nous sommes. Versailles est un instrument diplomatique et un instrument de puissance", a assumé Emmanuel Macron.

Il a néanmoins affirmé n'avoir jamais été "ambigu ou faible" face à Donald Trump.

Le président américain, en retour, n'a pas toujours été tendre avec Emmanuel Macron, qu'il côtoie depuis dix ans.

Sur le plan personnel, la relation franco-américaine s'était sérieusement refroidie ces derniers mois. Les coups de griffes à l'égard du Français, raillé en tant que président en fin de mandat, avaient connu leur apogée quand le républicain était allé jusqu'à s'amuser de la vie conjugale d'Emmanuel et Brigitte Macron.

Avant d'arriver au sommet d'Evian, il a menacé d'assommer le vin français de droits de douane de 100% si la France ne retirait pas une taxe sur les géants de la tech.

Mais Donald Trump n'a finalement pas remis le sujet sur le tapis et les Européens semblent plutôt satisfaits de leurs échanges avec lui, notamment sur l'Ukraine.

En conclusion du sommet, que le président américain a jugé "extrêmement réussi", il a même multiplié les compliments à l'égard de son homologue français, qualifié d'"ami spécial" et d'"homme très gentil", et de Brigitte Macron, "une personne fantastique".

A en croire Emmanuel Macron, c'est aussi là l'intérêt de ces sommets, qui offrent l'occasion d'arrondir les angles en sortant du "clash constant" par messages interposés sur les réseaux sociaux. 

AFP

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