Emmanuel Macron inaugure un Salon de l'agriculture sans vaches et sans syndicats contestataires

  • PubliĂ© le 21 fĂ©vrier 2026 Ă  07:51
  • ActualisĂ© le 21 fĂ©vrier 2026 Ă  12:21
Un attelage de chevaux Trait du Nord avant l’ouverture de l’édition 2026 du Salon de l’agriculture au Parc des expositions de la Porte de Versailles, Ă  Paris, le 20 fĂ©vrier 2026

Le Salon de l'agriculture est inauguré samedi à Paris par Emmanuel Macron, sans vaches pour la photo officielle et sans la Confédération paysanne ni la Coordination rurale, qui boycottent le traditionnel rendez-vous entre le président et les principaux syndicats agricoles.

Les intentions de la Coordination rurale (CR), adepte des actions coup de poing, inquiĂštent et le chef de l'Etat devrait ĂȘtre accompagnĂ© de 250 policiers en civil, un dispositif particuliĂšrement important, selon une source policiĂšre.

Le deuxiĂšme syndicat agricole est restĂ© ambigu sur ses intentions, appelant vendredi Ă  une mobilisation "massive" de ses adhĂ©rents aux bonnets jaunes. Son prĂ©sident Bertrand Venteau a dit ne pas souhaiter ĂȘtre prĂ©sent au petit-dĂ©jeuner en compagnie du prĂ©sident de la RĂ©publique, habituellement suivi de l'inauguration officielle puis d'une dĂ©ambulation dans les travĂ©es du parc des expositions.

"Je lui dĂ©conseille d'essayer de venir nous voir, l'accueil risque d'ĂȘtre rude", a dit Ă  l'AFP François Walraet, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la Coordination rurale.

La CR et la Confédération paysanne auront chacun un stand mais affirment ne pas vouloir faire du salon une "vitrine" qui cacherait les difficultés rencontrées sur le terrain par les agriculteurs, dénonçant comme à leur habitude la "cogestion" entre l'alliance syndicale FNSEA-JA et le gouvernement sur les politiques agricoles.

FNSEA et Jeunes Agriculteurs, qui ont vu leur hĂ©gĂ©monie chahutĂ©e par l'ascension de la CR aux derniĂšres Ă©lections professionnelles, ont eux acceptĂ© le rendez-vous matinal avec Emmanuel Macron mĂȘme s'ils ont renoncĂ© Ă  obtenir de lui une "vision" pour l'agriculture, Ă  un peu plus d'un an de l'Ă©lection prĂ©sidentielle.

Ils espÚrent toutefois que le chef de l'Etat pÚsera d'ici-là dans les négociations sur le budget de la politique agricole commune post-2027, aprÚs avoir obtenu environ 9 milliards d'euros par an pour l'agriculture française sur la précédente PAC (2023-2027).

- Trois années de crise -

En amont de la présidentielle mais surtout des élections municipales de mars, les personnalités politiques se succéderont malgré tout jusqu'au dimanche 1er mars parmi les centaines de stands.

Depuis dix ans, le nombre d'agriculteurs n'a cessé de baisser en France et les crises se sont accumulées. En octobre 2017, le président fraßchement élu avait tenu un grand discous à Rungis, "plus grand marché de produits frais au monde".

Il avait alors prÎné la "montée en gamme" de l'agriculture, un modÚle qui s'est depuis heurté à l'inflation qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie mais aussi aux conséquences économiques des aléas geopolitiques et climatiques.

Trois hivers de suite, les agriculteurs ont sorti les tracteurs des hangars pour aller manifester dans les villes ou bloquer des autoroutes. En 2024 pour demander du revenu, de la considération et un avenir; en 2025 pour demander la concrétisation des promesses, repoussées par l'instabilité gouvernementale.

En 2026, c'est la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest qui a fait déborder le vase, s'ajoutant aux inquiétudes sur l'accord de libre-échange UE-Mercosur, une balance commerciale agroalimentaire au bord du déficit et des aléas climatiques toujours plus intenses...

- Pas de bras, pas de vaches -

Le gouvernement met en avant la "réussite" de sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, puisque aucun nouveau foyer ne s'est déclaré depuis le 2 janvier et des restrictions ont été levées dans le Sud-Ouest vendredi.

Mais les éleveurs n'ont pas pour autant revisé leur décision de ne pas amener de bovins au salon et la CR et la Confédération paysanne continuent de contester la politique d'abattage total des troupeaux infectés.

Les tempĂȘtes et les crues qui ont submergĂ© de nombreuses cultures ces derniers jours ont assombri encore plus les esprits des agriculteurs, dont beaucoup n'ont pas la tĂȘte Ă  la fĂȘte.

Plusieurs organismes peinent à mobiliser des bénévoles pour tenir les stands au salon Porte de Versailles, alors que les organisateurs ont tout fait pour tenter de maintenir la convivialité et l'esprit familial du rendez-vous sans ses habituelles stars bovines.

Quelque 3.500 chevaux, ùnes, brebis, porcs, chiens et chats ont commencé à affluer vendredi sur le site, qui présentera aussi saucissons, rhum antillais et choucroute traditionnelle entre autres produits du terroir.

AFP

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1 Commentaires
Tout sauf les Vira
Tout sauf les Vira
3 mois

Un élu y manque de respect aux st andreens.
Dis zan marie emmene cabris