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En Allemagne, Obama plaide pour un accord de libre-échange USA/UE

  • PubliĂ© le 25 avril 2016 Ă  09:36
Barack Obama et Angela Merkel Ă  Hanovre, le 24 avril 2016

Le président américain Barack Obama et la chanceliÚre allemande Angela Merkel ont mis dimanche leur poids dans la balance pour défendre le projet d'accord de libre-échange UE-USA, malgré l'opposition croissante qu'il suscite des deux cÎtés de l'Atlantique.


Au premier jour d'une visite en Allemagne, la premiÚre économie européenne, M. Obama a souhaité que les négociations sur ce traité connu sous ses acronymes TTIP ou Tafta, actuellement laborieuses, soient bouclées d'ici la fin de l'année, avant son départ de la Maison Blanche en janvier 2017.
"Je ne m'attends pas à ce que nous soyons en mesure de finir la ratification d'un accord d'ici à la fin de l'année, mais je prévois que nous ayons terminé les négociations de l'accord", a dit à la presse M. Obama aprÚs un entretien avec Mme Merkel.
Il effectue une visite de deux jours Ă  Hanovre, dans le nord de l'Allemagne, aprĂšs un pĂ©riple en Arabie Saoudite et au Royaume-Uni, oĂč il a mis en garde contre une sortie du pays de l'UE.
"Si nous ne terminons pas les négociations cette année, avec les transitions politiques à venir aux Etats-Unis et en Europe, cela pourrait signifier que cet accord ne sera pas achevé avant un certain temps", a insisté le président américain lors de la cérémonie d'ouverture du salon industriel de Hanovre, dont les Etats-Unis sont cette année le pays invité.
- 'Achetez américain' -
La chanceliĂšre Merkel lui a fait Ă©cho en dĂ©clarant qu'il fallait "utiliser la chance" de cette "fenĂȘtre de tir serrĂ©e". "Cela ne va pas se reprĂ©senter vite", a-t-elle affirmĂ©, avant de recevoir M. Obama dans la soirĂ©e pour un dĂźner officiel.
L'inquiétude des opinions publiques à l'égard d'un tel accord de libre-échange grandit pourtant des deux cÎtés de l'Atlantique. Des dizaines de milliers de personnes ont encore manifesté contre le projet samedi dans les rues de Hanovre.
"Le TTIP ne va abaisser les normes. Cela va mĂȘme les relever", a promis Barack Obama. "Au moment oĂč d'autres marchĂ©s comme la Chine commencent Ă  se dĂ©velopper (...) nous devons nous assurer que notre Ă©conomie continue Ă  ĂȘtre compĂ©titive", a-t-il aussi martelĂ©.
Mme Merkel lui a fait écho en estimant que le TTIP "contribuerait beaucoup à faire croßtre" l'économie européenne.
Mais au sein mĂȘme du gouvernement de coalition allemand, pourtant considĂ©rĂ© comme un des principaux dĂ©fenseurs du projet en Europe, l'impatience grandit.
Sans concessions de Washington, l'accord "va échouer", a averti dimanche le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel, présent également à Hanovre. M. Gabriel, social-démocrate et numéro deux du gouvernement, refuse d'endosser en l'état un texte qu'il résume pour l'instant à la devise: "Achetez américain".
"Achetez allemand, c'est bien aussi", a glissé Angela Merkel en écho. Mais elle a promis malgré les divergences "de s'impliquer pour que l'Europe entre dans une forte dynamique de négociations" de l'accord. Un message qui n'est pas partagé par tous ses partenaires dans l'UE.
selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, le président français François Hollande refuse d'aborder le sujet du TTIP lundi aprÚs-midi lors d'une rencontre prévue avec Angela Merkel, Barack Obama et les dirigeants italien et britannique. Raison invoquée: le sujet serait trop impopulaire en France.
- 'Bon cÎté de l'Histoire' -
Le choix de Barack Obama de se rendre en Allemagne, pour la cinquiÚme fois depuis qu'il est au pouvoir, témoigne de la place qu'il accorde à Angela Merkel en Europe.
Il a couvert la chanceliĂšre de louanges devant la presse dimanche Ă  Hanovre.
"Vous avez été un partenaire de confiance pendant toute ma présidence, plus longtemps que tout autre dirigeant dans le monde, et je respecte votre jugement", a dit le président américain à la chanceliÚre à ses cÎtés.
Il a aussi salué sa politique d'ouverture généreuse de Mme Merkel à l'égard des migrants depuis l'été 2015, malgré les critiques que ce cap suscite en Allemagne et en Europe.
En agissant de la sorte, Mme Merkel se situe "du bon cÎté de l'Histoire", a estimé M. Obama, se disant "fier du peuple allemand".
En dépit de ces compliments, des divergences subsistent. Le président américain a ainsi rejeté toute idée de zones de protection en Syrie pour les civils, alors que Mme Merkel évoque cette option depuis plusieurs semaines face à la persistance des bombardements.
M. Obama a jugé qu'une telle option n'était pas réalisable "sauf à vouloir prendre le contrÎle d'une bonne partie de ce pays".
Le président doit toutefois annoncer lundi dans un discours à Hanovre qu'il a autorisé l'envoi en Syrie de jusqu'à 150 militaires américains supplémentaires, selon un haut responsable parlant sous le couvert de l?anonymat.
M. Obama a appelé dimanche "tous les pays de l'Otan" à tenir leurs engagements de dépenses militaires pour assurer la sécurité commune, alors que Berlin a été dans le passé accusé de ne pas en faire assez et de trop compter sur Washington.

- © 2016 AFP
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