Des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) tentent de fuir leur bastion assiĂ©gĂ© de Fallouja en se mĂȘlent aux flots de civils, Ă©vacuĂ©s par milliers ces derniĂšres heures aprĂšs l'ouverture d'un couloir sĂ©curisĂ© par l'armĂ©e irakienne.
"Nous avons arrĂȘtĂ© 546 terroristes prĂ©sumĂ©s qui ont fui en profitant des mouvements des familles dĂ©placĂ©es (ayant quittĂ© la ville) au cours des deux derniĂšres semaines", a dĂ©clarĂ© lundi le chef de la police de la province d'Al-Anbar, Hadi Rzayej.
"Plusieurs d'entre eux portaient de fausses cartes d?identité", a-t-il dit à l'AFP.
L'armée irakienne a ouvert samedi un couloir d'évacuation sécurisé au sud-ouest de la ville, qui a permis à "plus de 4.000 civils de quitter le centre de Fallouja au cours des derniÚres 48 heures", a déclaré Karl Schembri, conseiller régional du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).
Lundi, la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak Lise Grande a affirmé que 7.000 civils avaient fui Fallouja "ces derniers jours" en empruntant ce couloir, ajoutant qu'un deuxiÚme corridor était en préparation, sans préciser quand il serait ouvert.
Avant la mise en place de ce couloir, l'ONG estimait à 50.000 le nombre de civils pris au piÚge dans Fallouja depuis le début de l'offensive lancée le 23 mai par les forces irakiennes pour déloger les jihadistes de cette ville à 50 km à l'ouest de Bagdad qu'ils contrÎlent depuis janvier 2014.
"Les gens qui quittent Fallouja ont tout perdu" et ceux qui restent pris au piÚge dans la ville souffrent de "privation de nourriture généralisée", a souligné Mme Grande.
- ONG 'dépassées' -
Au total, 4.596 familles, soit environ 27.580 personnes, ont réussi à rejoindre des camps de déplacés établis dans les secteurs contrÎlés par le gouvernement, la plupart ayant été transférées vers les camps de Habaniya et de Khaldiya.
Mais les organisations humanitaires se disent "complÚtement dépassées" par les nouvelles arrivées de civils et craignent désormais une détérioration de la situation alors que "des milliers de personnes" doivent encore emprunter le couloir au cours des prochains jours, selon M. Schembri.
"Il faudrait, selon nos estimations, 10 millions de dollars supplémentaires (8,9 millions d'euros) pour répondre aux besoins en eau potable, nourriture et produits d'hygiÚne pour les six prochains mois", s'est-il alarmé.
MalgrĂ© l'ouverture du couloir, fuir Fallouja reste difficile et extrĂȘmement dangereux pour les habitants, que l'EI empĂȘche de quitter la ville et utilise comme boucliers humains.
Des dizaines de personnes tentent tout de mĂȘme de s'Ă©chapper par l'Euphrate au pĂ©ril de leur vie, utilisant tout ce qui flotte, armoire, conteneur en plastique, selon le Haut commissariat pour les rĂ©fugiĂ©s (HCR).
Vendredi, 18 membres de deux familles ont ainsi été tués par des combattants de l'organisation extrémiste alors qu'ils tentaient de fuir.
Des habitants ayant réussi à fuir ont raconté que des jihadistes leur demandaient 150.000 dinars (120 euros) par personne pour pouvoir quitter Fallouja, a indiqué le NRC.
- Attaque suicide Ă Ramadi -
Lundi, les forces irakiennes continuaient de progresser vers le centre de Fallouja aprĂšs s'ĂȘtre rapprochĂ©s la veille Ă seulement trois kilomĂštres des principaux bĂątiments gouvernementaux de la ville, oĂč quelque 1.000 Ă 2.500 combattants de l'EI se trouveraient encore, selon les estimations.
Les forces irakiennes ont toutefois essuyĂ© un revers Ă Ramadi, oĂč une attaque suicide de l'EI a tuĂ© au moins cinq de leurs membres dans ce chef-lieu de la province d'Al-Anbar qu'elles avaient repris aux jihadistes en fĂ©vrier, ont indiquĂ© des responsables militaires.
L'attaque contre une base de l'armée a été conduite par des kamikazes à bord de véhicules piégés et des combattants de l'EI qui ont tiré sur les soldats, a indiqué le général Ismaïl al-Mahalawi, qui dirige les opérations de la province d'Al-Anbar dont Ramadi est le chef-lieu.
Cette attaque montre que l'EI est toujours capable de commettre des attaques meurtriĂšres dans des zones dont il a perdu le contrĂŽle et que le gouvernement essaie de reconstruire.
- © 2016 AFP
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