Au coeur du parc national de Thingvellir

En Islande, plongée glaciale entre deux continents

  • PubliĂ© le 30 juillet 2022 Ă  12:58
  • ActualisĂ© le 30 juillet 2022 Ă  13:47
Un plongeur en apnée observant la faille de Silfra 26 juillet 2022 à Thingvellir, en Islande

Située entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne, au carrefour de deux continents, la faille de Silfra en Islande est l'un des sites de plongée les plus réputés au monde, prisée des touristes qui s'aventurent chaque été dans ses eaux glaciales.

Au cƓur du Parc national de Thingvellir, en bordure d'un des plus grands lacs islandais, ces couloirs de rochers immergĂ©s forment de profondes cavitĂ©s - dont l'une dĂ©passe les 60 mĂštres - nichĂ©es entre les deux continents, qui s'Ă©loignent d'environ deux centimĂštres chaque annĂ©e.

Aux reflets orangĂ©s se mĂȘlent plusieurs teintes de bleu. Le sable beige et le vert phosphorescent des algues complĂštent la palette de couleurs.
"On aurait dit des cheveux", relÚve Camille Lund, une touriste franco-américaine.

La faille et toute la vallĂ©e environnante reposent sur la dorsale mĂ©dio-atlantique qui traverse l'Islande de part en part, lui valant d'ĂȘtre une des zones volcaniques les plus actives du globe.

Formée par un séisme il y a plus de deux siÚcles engendré par cette dérive tectonique, les eaux limpides de Silfra proviennent de la fonte du Langjökull, un glacier voisin.

Prenant plusieurs décennies, celle-ci voyage le long d'un tunnel d'aquifÚres souterrains d'une cinquantaine de kilomÚtres. "Ce systÚme de filtration à travers les roches volcaniques (...) nous procure une eau super claire", explique à l'AFP Thomas Gov, moniteur de plongée originaire de Toulouse en France.

- 2 à 3 degrés -

Sous l'eau, la visibilité peut ainsi dépasser 100 mÚtres et le spectacle alliant lumiÚre et obscurité est hypnotique. "Quand nous sommes entrés dans l'eau, c'était...", s'interrompt subjugué Brynjólfur Bragason, l'un des rares Islandais parmi les touristes étrangers. "Incroyable", complÚte sa conjointe Hildur Orradóttir.

Avant de piquer une tĂȘte, il faut enfiler tout un attirail: combinaison Ă©tanche, gants de plongĂ©e, cagoule, masque, tuba et bien sĂ»r des palmes.
L’équipement permet de rester au sec et de flotter paisiblement Ă  la surface dans une eau entre 2 et 3°C toute l’annĂ©e.
Seuls une partie du visage et les mains sont mouillés.

"Ça se sent tout de suite sur les lĂšvres: elles s’engourdissent au bout d’un moment et ça fait comme des picotements", relĂšve Ian Zavatti, 13 ans, aux cĂŽtĂ©s de son pĂšre.

"L’eau entre dans nos mains mais ce n’est pas si terrible, ça reste gĂ©nĂ©ralement supportable", ajoute l’adolescent new-yorkais. Le snorkelling ou randonnĂ©e palmĂ©e est l’activitĂ© la plus populaire mais les plus aguerris et dĂ©tenteurs d’une certification peuvent plonger avec une bouteille jusqu’à 18 mĂštres de profondeur.

 AFP

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