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DécÚs

Ennio Morricone, le Beethoven du western spaghetti

  • PubliĂ© le 6 juillet 2020 Ă  15:23
  • ActualisĂ© le 6 juillet 2020 Ă  15:40
Le compositeur italien Ennio Morricone le 3 juillet 2017 Ă  Rome

Le compositeur italien Ennio Morricone, dĂ©cĂ©dĂ© Ă  91 ans, a composĂ© plus de 500 musiques de films, entrant dans la lĂ©gende avec ses symphonies mĂȘlant grand orchestre et tradition populaire pour le maĂźtre du western spaghetti Sergio Leone.

Sa composition la plus mémorable restera sans doute le lancinant air d'harmonica joué par Charles Bronson dans "Il était une fois dans l'Ouest" (1968).

DĂšs l'Ăąge de six ans, Ennio Morricone, nĂ© le 10 novembre 1928 Ă  Rome, commence Ă  composer. A dix ans, il s'inscrit au cours de trompette de la prestigieuse AcadĂ©mie nationale Sainte-CĂ©cile Ă  Rome, oĂč il est remarquĂ© par le grand professeur Goffredo Petrassi. Il Ă©tudie Ă©galement la composition, l'orchestration, l'orgue et s'initie Ă  la musique sĂ©rielle.

AprÚs avoir débuté par la musique "sérieuse", il commence en 1961 à 33 ans au cinéma avec "Mission ultra-secrÚte" de Luciano Salce. Trouvant les musiques de films italiens médiocres et miÚvres, il veut les renouveler et imposer un style plus "américain".

La célébrité arrive avec "Pour une poignée de dollars" (1964) de Sergio Leone. Sa collaboration fructueuse avec le maßtre du western spaghetti lui apporte une réputation internationale. Mais Morricone ne se cantonne pas au western. Ce Romain compose des bandes originales pour des films d'époque comme "1900" ou "Vatel", des comédies telles que "La cage aux folles" et met en musique des films engagés: "Sacco et Vanzetti" ("Here's to You" chanté par Joan Baez), "La classe ouvriÚre va au paradis" ou "La bataille d'Alger".

La recette de son succÚs: "Quand on entre dans un film, la musique frappe à la porte, elle doit préparer le spectateur et sortir sans claquer la porte, sur la pointe des pieds".

- Oscarisé sur le tard -

Discret et casanier, Morricone sortait peu de sa maison proche du Capitole à Rome. Un brin timide, il était mal à l'aise face aux applaudissements lors de ses concerts. Pendant toute sa carriÚre, Morricone a jonglé entre "musique légÚre" et classique, cinéma et télévision.

L'histoire du cinĂ©ma retiendra surtout, outre bien sĂ»r "Il Ă©tait une fois dans l'Ouest", "Il Ă©tait une fois en AmĂ©rique" et "Le bon, la brute et le truand" de Sergio Leone, ou encore "ThĂ©orĂšme" de Pier Paolo Pasolini. Souvent d'ailleurs, ces chefs-d'oeuvre ont d'abord Ă©tĂ© connus et aimĂ©s pour leurs musiques. Le gĂ©nie de Morricone rĂ©sidait dans l'impuretĂ©, ses emprunts apparemment anachroniques au nĂ©oclassicisme et au jazz, ou mĂȘme au pop-rock.

Il compte aussi à son actif prÚs de 80 compositions classiques, de musique de chambre et pour orchestre. Membre du Gruppo di Improvvisazione Nuova Consonanza, il a composé en particulier pour piano.

S'il avait souvent l'air inquiet, derriÚre ses lunettes sévÚres, le maestro dirigeait aussi avec brio de grands orchestres, comme celui de Milan. Grand amoureux de la chanson, il s'est associé à la star portugaise de fado Dulce Pontes le temps d'un disque, "Focus" (Universal), et à la chanteuse française Mireille Mathieu pour l'album "Mireille Mathieu chante Ennio Morricone" (1974).

Il avait reçu en 2007 un Oscar pour l'ensemble de sa carriÚre, "une belle surprise" à laquelle il ne s'attendait plus, puis un autre en 2016 pour "Les huit salopards" de Quentin Tarantino.

AFP

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