Etats-Unis

Entre Trump et Biden, la Pennsylvanie, possible "clé" d'une victoire

  • PubliĂ© le 2 novembre 2020 Ă  20:58
  • ActualisĂ© le 3 novembre 2020 Ă  06:21
Des partisans de Joe Biden Ă  Philadelphie le 1er novembre 2020

Quelques centaines de partisans sur un parking contre des milliers de casquettes rouges: Joe Biden consacre le gros des 48 heures prĂ©cĂ©dant l'Ă©lection Ă  la Pennsylvanie et Donald Trump y retourne encore lundi, signe de l'importance de cet Etat qui pourrait ĂȘtre dĂ©cisif pour les dĂ©partager.

Le président républicain l'avait emporté ici avec tout juste 44.000 voix en 2016. Joe Biden, né en Pennsylvanie, y a passé son dimanche et a prévu lundi au moins trois événements majeurs dans cet Etat, dont un événement "drive in" à Pittsburgh avec Lady Gaga.

Car, avec ses 20 grands Ă©lecteurs, la Pennsylvanie est l'un de ces Etats-clĂ©s susceptibles de faire pencher la balance en faveur de l'un des candidats. "Nous avons besoin que chacun d'entre vous aille voter mardi", a plaidĂ© Joe Biden dimanche auprĂšs des quelques centaines de personnes venues l'Ă©couter sous le crachin Ă  Philadelphie. "Nous pouvons mettre fin Ă  une prĂ©sidence qui a attisĂ© les flammes de la haine Ă  travers ce pays". "Donald Trump voit le monde depuis Park Avenue", artĂšre cossue de New York, a aussi tweetĂ© Joe Biden. "Moi je le vois de lĂ  d'oĂč je viens: Scranton, en Pennsylvanie".

L'ancien vice-prĂ©sident de Barack Obama mĂšne d'une courte tĂȘte face Ă  M. Trump en Pennsylvanie, Etat marquĂ© par le dĂ©clin industriel, selon la moyenne des sondages de RealClearPolitics, qui lui donne 4.3 points d'avance. On ne le devinerait pas Ă  voir ses meetings. Affichant toujours une extrĂȘme prudence, pandĂ©mie oblige, il se garde de tenir de flamboyants Ă©vĂ©nements comme son rival.

Lors d'une étape à Philadelphie, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées sur un parking pour entendre un Biden masqué parler, parfois d'une voix si basse qu'il est à peine intelligible. Avant son intervention, quelqu'un est venu essuyer le micro et le pupitre. Contrairement à M. Trump, le démocrate porte un masque dÚs qu'il n'est plus sur scÚne.

- "Ça va marcher" -

Un spectacle radicalement différent quand le milliardaire républicain a passé son samedi à faire campagne en Pennsylvanie. Comme d'habitude, malgré le coronavirus, des milliers de ses partisans portant des casquettes "Make America Great Again" sont venus l'applaudir, sans vraiment respecter la distanciation physique. Beaucoup ne portaient pas de masque.

"Personne n'a jamais vu quelque chose comme ça", a lancé le président sous les acclamations. Pour faire mentir les sondages qui le donnent perdant, M. Trump enchaßne les meetings à un rythme effréné. Lundi, il a prévu cinq meetings dans quatre Etats, dont encore la Pennsylvanie.

M. Biden a de nouveau fustigé le président pour avoir eu "l'audace" de suggérer que médecins et hÎpitaux gonflaient le nombre de morts du Covid-19 pour s'enrichir. "C'est plus qu'insultant, c'est une honte. Il est une honte", a-t-il lancé, tandis que ses partisans acquiesçaient en klaxonnant. M. Trump se présente comme "un dur à cuire, un macho", s'est gaussé M. Biden. "Non mais franchement!".

M. Biden essaie de glaner le moindre vote, surtout dans la communautĂ© noire de Philadelphie, un Ă©lectorat traditionnellement favorable aux dĂ©mocrates mais qui n'a pas apportĂ© le soutien escomptĂ© Ă  Hillary Clinton en 2016. Il est allĂ© faire campagne dans l'Ă©glise Sharon Baptist Church, oĂč une cinquantaine de voitures Ă©taient garĂ©es pour l'Ă©couter.

Bien que Millicent Hunter, pasteure noire Ă  Philadelphie, dise ĂȘtre confiante dans une victoire de M. Biden en Pennsylvanie, elle s'est donnĂ© pour mission "de dire aux gens que ce n'est pas le moment de se reposer sur leurs lauriers". S'inquiĂšte-t-elle d'une possible rĂ©pĂ©tition du scĂ©nario de 2016, quand Mme Clinton menait dans les sondages en Pennsylvanie, dans le Michigan et le Wisconsin mais les avait perdus? La pasteure hĂ©site. "Je crois qu'on a tous vu ce film, c'Ă©tait une tragĂ©die", dit la sexagĂ©naire. Mais "je pense toujours que ça va marcher pour Joe Biden".

Pour Joseph Gidjunis, un photographe qui fait du volontariat pour la campagne de M. Biden, les enjeux sont clairs pour les deux candidats en Pennsylvanie. "Tout le monde vient clore sa campagne ici parce que l'Etat pourrait ĂȘtre la clĂ© de leur victoire", juge l'homme de 38 ans.

AFP

guest
0 Commentaires