Envoyer des humains sur Mars, un projet prometteur mais risqué

  • PubliĂ© le 22 juin 2025 Ă  02:57
  • ActualisĂ© le 22 juin 2025 Ă  06:23
Image fournie par la Nasa montrant le rover Perseverance sur la planÚte Mars le 21 février 2021 ( NASA/JPL-CALTECH / Handout )

Donald Trump a promis d'en faire une prioritĂ© nationale, mais envoyer des hommes sur Mars pourrait s'avĂ©rer l'une des entreprises les plus complexes et coĂ»teuses de l'histoire de l'humanitĂ© mĂȘme si cette ambition est riche en promesses.

Ce projet fou est soutenu par Elon Musk. Le patron de SpaceX a fait de la planÚte rouge une obsession mais son divorce spectaculaire avec le président américain pourrait constituer un obstacle supplémentaire.

. Pourquoi y aller ?

Tout commence par notre curiosité innée. Comme l'écrit la Nasa sur son site, "l'exploration du cosmos reste une grande vocation pour l'humanité".

Aller sur Mars servirait de nombreux objectifs scientifiques en permettant de savoir si la planÚte rouge a un jour hébergé la vie, ou encore de mieux étudier la physique de l'espace, notamment l'histoire du Soleil.

"Il ne s'agit pas de faire du tourisme, mais d'acquérir des connaissances fondamentales", insiste l'astrophysicien John Mather, lauréat du prix Nobel de physique, auprÚs de l'AFP.

La gĂ©opolitique joue aussi un rĂŽle central. Donald Trump s'est engagĂ© Ă  "planter le drapeau amĂ©ricain" sur cette planĂšte lointaine en vantant "la promesse illimitĂ©e" du rĂȘve amĂ©ricain, en pleine rivalitĂ© entre les Etats-Unis et la Chine qui se traduit inĂ©vitablement dans le domaine spatial.

. Un voyage complexe

Malgré plusieurs échecs cuisants, Elon Musk mise sur Starship, la plus grande fusée jamais construite, qui permettrait aussi d'assurer l'avenir de SpaceX.

Il vise un lancement sans Ă©quipage fin 2026, prochaine fenĂȘtre favorable d'alignement entre la Terre et Mars. Un calendrier largement considĂ©rĂ© comme optimiste.

"Beaucoup d'informations techniques pertinentes sont encore inconnues", a déclaré à l'AFP Kurt Polzin, ingénieur en chef du projet de propulsion nucléaire dans l'espace de la Nasa.

Lui est partisan de la propulsion nucléaire thermique (NTP), qui utilise la fission pour chauffer l'hydrogÚne et générer une poussée. La NTP fournit "beaucoup d'énergie dans un trÚs petit volume", ce qui élimine le besoin de ravitaillement en orbite ou de production de carburant sur Mars.

Par ailleurs, les astronautes passeraient entre sept et neuf mois dans un vaisseau spatial exigu, exposés à un rayonnement spatial intense au-delà de la magnétosphÚre terrestre.

Les idées pour améliorer le blindage vont des méthodes passives utilisant des matériaux denses aux concepts actifs tels que les champs de plasma qui dévient les radiations. Et des médicaments sont en cours de développement pour réduire les dommages cellulaires.

La lutte contre la perte de muscle et la perte osseuse, ou la santé mentale, sont d'autres sujets de préoccupation.

Les délais de communication compliquent encore les choses: sur la station spatiale internationale (ISS), les données en temps réel permettent d'éviter en moyenne 1,7 incident potentiellement mortel par an, selon Erik Antonsen, président du comité des risques liés aux systÚmes humains de la Nasa. Ce ne sera pas possible en route vers Mars.

. La vie sur Mars

Une fois sur la planÚte rouge, les incertitudes augmentent. Les sondes ont trouvé quelques indices mais aucun signe définitif de vie. Si elle a existé, elle s'est probablement éteinte il y a longtemps.

Pourtant, les organismes "extrĂȘmophiles" sur Terre offrent des indices intĂ©ressants: des champignons peuvent par exemple exploiter les radiations de Tchernobyl pour produire de l'Ă©nergie, et des microbes ont survĂ©cu 500.000 ans dans des terrains gelĂ©s.

"S'ils peuvent survivre ici dans des environnements extrĂȘmes, nous avons toutes les raisons de penser qu'ils le peuvent aussi sur Mars", a notĂ© Jennifer Eigenbrode, astrobiologiste Ă  la Nasa, lors du rĂ©cent sommet "Humans to the Moon and Mars" Ă  Washington.

De telles découvertes pourraient modifier notre compréhension de la vie dans l'univers et avoir des conséquences concrÚtes. Mars peut abriter des microbes qui sont soit bénéfiques pour l'homme, soit dangereux.

Le confort des équipes, facteur essentiel pour prévenir les conflits, est également au coeur des préoccupations.

"Mars a une journĂ©e de 24 heures et de 39 minutes, et mĂȘme si la diffĂ©rence n'est pas Ă©norme, cela crĂ©e des tensions, augmente le stress et rĂ©duit la qualitĂ© du sommeil", explique Phnam Bagley, architecte spatial qui conçoit des projets pour le bien-ĂȘtre de l'Ă©quipage.

Le premier voyage durerait environ 500 jours sur Mars. Mais la colonisation à long terme soulÚve bien d'autres questions: quid du développement d'un embryon dans un environnement à faible gravité, ou d'une naissance ?

Ce sujet est "Ă  prendre au sĂ©rieux", insiste Erik Antonsen. "MĂȘme si vous ne prĂ©voyez pas que cela se produise, les gens auront toujours des relations sexuelles et quelqu'un pourrait tomber enceinte. Cela devient alors un problĂšme mĂ©dical."

AFP

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3 Commentaires
Benveniste
Benveniste
7 mois

N'importe quoi ! On est pas foutu de prendre soin de la terre, le genre humain est en conflit permanent et ses actes guerriers entre autres, pourrissent tout. Et on s'intéresse à Mars ? Franchement, il n'y a pas d'autres priorités brûlantes ?

Saint BenoĂźt
Saint BenoĂźt
7 mois

Selly et son équipe d'adjoints sont volontaires pour y aller.
MĂȘme dur Mars il y aura des affaires SPL ESTIVAL .
Tant qu'Ă  faire prends les Vira avec zot.

Guy Pignolet
Guy Pignolet
7 mois

Elon Musk n'est pas fou de vouloir aller sur Mars, mais pour un tacon de raisons de Développement Durable de la planÚte Terre, il est mille fois préférable de construire des petites planÚtes artificielles du type Volodia Ring dans l'environnement Terre-Lune avec les ressources des astéroïdes, un projet dans lequel les entreprises et les ingénieur(e)s de la Réunion pourront jouer un rÎle important - - -