MontĂ©e de l'extrĂȘme droite

Espagne: Vox dans toutes les tĂȘtes au dernier jour de campagne

  • PubliĂ© le 8 novembre 2019 Ă  17:13
  • ActualisĂ© le 8 novembre 2019 Ă  17:36
Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez, tĂȘte de liste du PSOE, lors d'un meeting Ă©lectoral Ă  Torremolinos le 6 novembre 2019

La crainte d'une montĂ©e du parti d'extrĂȘme droite Vox dominait le dernier jour de campagne avant les Ă©lections de dimanche en Espagne et le Premier ministre socialiste sortant Pedro Sanchez tente de mobiliser la gauche pour l'enrayer.

Profitant de la colÚre d'une partie des Espagnols contre les séparatistes catalans aprÚs les troubles du mois d'octobre, cette formation ultranationaliste et anti-immigration pourrait doubler son nombre de siÚges et devenir la troisiÚme force politique du pays, selon les sondages.

Signe de son influence croissante, Vox a obtenu le soutien jeudi du Parti Populaire (PP, droite) et des libéraux de Ciudadanos pour faire adopter au parlement de la région de Madrid une motion symbolique réclamant l'interdiction pure et simple de tous les partis indépendantistes.

Quasiment inconnus l'an dernier, Vox et son leader Santiago Abascal, qui clĂŽtureront leur campagne en plein centre de Madrid, ont fait leur entrĂ©e en force au Parlement espagnol lors du dernier scrutin du 28 avril avec 24 dĂ©putĂ©s, dans un pays oĂč l'extrĂȘme droite Ă©tait marginale depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

Les sondages créditent désormais ce parti d'environ 50 siÚges sur 350. En avril et lors des européennes de mai, il avait toutefois fait moins bien qu'attendu.

Tentant de mobiliser la gauche comme il l'avait fait en avril, le chef du gouvernement Pedro Sanchez, favori du scrutin, a appelé vendredi à "faire face au franquisme" et dénoncé les accointances entre Vox et les conservateurs qui ont scellé des alliances au niveau local.

Selon le politologue Miguel Requena Teruel, la crainte d'une montĂ©e de Vox est dans toutes les tĂȘtes, Ă  gauche comme Ă  droite. Sanchez "appelle Ă  la mobilisation de la gauche, car cela lui a rĂ©ussi le 28 avril" tandis que le "PP commence Ă  avoir peur que la montĂ©e de Vox dans les sondages soit bien rĂ©elle".

Plus de 1.600 professeurs et chercheurs ont dĂ©noncĂ© vendredi dans un manifeste "la falsification et la manipulation des donnĂ©es et des informations" par Vox pour servir son discours de "nationalisme extrĂȘme".

- Paralysie -

Cette ascension attendue de l'extrĂȘme droite dĂ©coule en grande partie, selon les analystes, de l'Ă©moi suscitĂ© par les violents heurts en Catalogne ayant suivi la condamnation mi-octobre de neuf dirigeants indĂ©pendantistes Ă  de lourdes peines de prison pour la tentative de sĂ©cession de 2017.

A en croire les sondages, le PP devrait aussi en tirer profit pour redresser la tĂȘte aprĂšs sa dĂ©bĂącle d'avril (66 dĂ©putĂ©s), tandis que Ciudadanos, qui a dĂ©sorientĂ© ses Ă©lecteurs en ne cessant de changer de position, pourrait ĂȘtre le grand perdant du scrutin.

Incapable de s'allier avec la gauche radicale de Podemos pour ĂȘtre reconduit au pouvoir aprĂšs le scrutin d'avril, ce qui a entraĂźnĂ© ces quatriĂšmes Ă©lections en quatre ans, M. Sanchez est donnĂ© une nouvelle fois gagnant par les sondages. Mais il ne devrait pas en sortir renforcĂ© alors qu'il comptait amĂ©liorer son score de 123 dĂ©putĂ©s obtenus en avril.

RĂ©sultat, l'instabilitĂ© politique qui mine depuis 2015 la quatriĂšme Ă©conomie de la zone euro ne devrait pas ĂȘtre rĂ©glĂ©e.

Ni le bloc de gauche (socialistes et gauche radicale), ni celui de droite (PP, Vox, Ciudadanos) ne semblent en mesure d'articuler une majoritĂ© et "le blocage devrait ĂȘtre Ă  l'ordre du jour", selon Miguel Requena Teruel.

Espérant convaincre les indécis, M. Sanchez et son rival conservateur Pablo Casado n'ont cessé d'appeler ces derniÚres heures au vote utile. "Nous sommes dans un labyrinthe et dans ce labyrinthe, je crois que le plus important est de renforcer la premiÚre force qui peut résoudre" le blocage, a insisté M. Sanchez, qui clÎture sa campagne à Barcelone en Catalogne.

Une rĂ©gion, sous haute protection policiĂšre, oĂč la mystĂ©rieuse plateforme indĂ©pendantiste "Tsunami Democratic" a convoquĂ© samedi une journĂ©e de "dĂ©sobĂ©issance civile" sans dĂ©voiler quelle forme elle prendra.

AFP

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