Une semaine à haut risque s'ouvre pour le gouvernement sur la ZAD de Notre-Dame-des Landes, qui montrera si l'apaisement l'emporte, alors que l'échéance tombe lundi minuit pour les régularisations, et qu'une nouvelle opération d'expulsion des zadistes en situation irréguliÚre est possible.
"La situation est calme, vraiment calme ce week-end sur la ZAD", a assuré le colonel Jacques Dahan, précisant que "l'effectif de la gendarmerie n'a pas évolué" avec une mobilisation d'environ 2.500 militaires depuis le lancement des opérations le 9 avril. Cette "accalmie" aprÚs une semaine sous haute tension s'inscrit dans un contexte de main tendue des zadistes vendredi aprÚs le dépÎt collectif d'une quarantaine de dossiers de projets agricoles ou artisanaux nominatifs.
Ils avaient rĂ©pondu Ă l'appel pressant mercredi du ministre de la Transition Ă©cologique, Nicolas Hulot, opposant Ă l'ancien projet d'aĂ©roport, qui avait fustigĂ© le "gĂąchis" et les avait exhortĂ©s Ă "ne pas rentrer dans une spirale de confrontation, de violence" et Ă saisir "la main du gouvernement". La prĂ©fecture a donnĂ© jusqu'Ă lundi soir pour remplir des formulaires individuels devant comporter leur nom et les grandes lignes de leur projet, un prĂ©alable Ă l'Ă©ventuelle signature par l'Ătat de baux prĂ©caires.
"Le problÚme n'est pas de donner des noms, on voulait un projet collectif", a expliqué "Camille", l'un des porte-parole de la ZAD.
"On a fait le geste qui Ă©tait demandĂ© par le gouvernement. Pour nous ce geste doit ĂȘtre entendu, que le dialogue reprenne, qu'on sorte du cycle infernal de la menace imminente de nouvelle expulsion. La balle est dans le camp du gouvernement", a-t-il estimĂ©. La crainte d'une nouvelle opĂ©ration d'Ă©vacuation plane parmi les zadistes aprĂšs "le traumatisme" de la destruction de 29 squats la semaine derniĂšre que les zadistes considĂšrent comme leur lieu de vie. Il reste une soixantaine d'habitats prĂ©caires sur les 97 recensĂ©s.
"J'ai perdu ma maison, ma vie, je n'ai plus rien mais je vais me battre pour les maisons qui restent", a dĂ©clarĂ© Paul, l'un des occupants sur le site de 1.650 hectares dont 270 ha doivent ĂȘtre attribuĂ©s par l'Ătat. Si la prĂ©fĂšte des Pays de la Loire Nicole Klein a soulignĂ© le "gros travail" des zadistes, la dĂ©cision d'Ă©vacuation revient au chef du gouvernement.
-- Fermeté d'Edouard Philippe --
Or, Ădouard Philippe a rĂ©pĂ©tĂ© devant l'AssemblĂ©e nationale que "les occupants illĂ©gaux" qui ne rĂ©gulariseront pas rapidement leur situation "quitteront les lieux" Ă Notre-Dame-des-Landes car "force doit rester Ă la loi".
ParticuliÚrement délicat, car hérité des décisions des quinquennats passés, le dossier de Notre-Dame-des Landes est un des tests de la capacité du président Emmanuel Macron et du gouvernement à résoudre pacifiquement les conflits, alors que les fronts sociaux se multiplient.
Plusieurs associations ou collectifs qui étaient opposés au projet d'aéroport avaient pressé les occupants à se régulariser et accepter de négocier avec le gouvernement.
La rĂ©pĂ©tition des barricades enlevĂ©es et aussitĂŽt remontĂ©es dans un nuage de gaz lacrymogĂšnes avait fini par lasser les riverains et mĂȘme certains zadistes qui jugeaient la mĂ©thode "contre-productive" au moment de se remettre Ă la table des discussions.
Les 28 projets agricoles dĂ©posĂ©s Ă la prĂ©fecture vont ĂȘtre Ă©valuĂ©s lundi Ă la chambre d'agriculture des Pays de la Loire. Mais ces projets ne crĂ©ent "aucun droit", avait rappelĂ© vendredi Mme Klein Ă l'issue d'une rĂ©union technique avec des occupants de la ZAD.
Sans aucune assurance, les zadistes appellent "Ă la vigilance". "On est prĂȘt Ă se mobiliser si le gouvernement n'entend pas ce geste de dialogue", a affirmĂ© l'un des porte-parole des zadistes qui n'exclut pas "une grande mobilisation" dimanche prochain.
AFP
