L'Allemagne a beau ĂȘtre championne du monde en titre, elle a besoin de se rassurer Ă l'heure d'entamer son Euro contre l'Ukraine, dimanche Ă Lille.
AprÚs une succession de forfaits, la Mannschaft veut chasser ses doutes, surtout en défense."Nous n'allons pas nous apitoyer. Nous avons une trÚs bonne équipe, nous avons beaucoup de bons joueurs. J'ai entiÚrement confiance dans les joueurs qui sont ici". DerriÚre cette phrase volontariste du sélectionneur allemand Joachim Löw, on devine les nombreuses embûches que son équipe a croisées.
AprĂšs un parcours en qualification bien moins brillant que ces derniĂšres annĂ©es, mĂȘme s'ils ont fini en tĂȘte de leur groupe, les Allemands, compĂ©titeurs hors-pair, avaient hĂąte d'en dĂ©coudre en France et d'Ă©trenner leur statut de champions du monde.
Mais entre les forfaits sur blessure du milieu dĂ©fensif Ilkay GĂŒndogan, de l'attaquant Marco Reus, suivis de celui du stoppeur Antonio RĂŒdiger dĂšs le premier jour dans le camp de base d'Evian, ainsi que les incertitudes sur la forme de Bastian Schweinsteiger et a fortiori de Mats Hummels, il y a de quoi voir de façon moins optimiste ce premier match, mĂȘme contre la modeste Ukraine.
Passés par les barrages aprÚs avoir terminé derriÚre l'Espagne et la Slovaquie en éliminatoires, les hommes du trÚs prudent Mikhayl Fomenko offrent le visage d'un ensemble solide et sans saveur, si ce n'est ses deux stars, Andriy Yarmolenko du Dynamo Kiev et Yevhen Konoplyanka, récent vainqueur de la Ligue Europa avec le FC Séville.
TrÚs forte dans les duels, l'Ukraine n'a jamais battu l'Allemagne depuis leur premiÚre rencontre en 1997, subissant deux défaites, mais accrochant trois fois le nul.
- 20 ans aprĂšs Bierhoff -
Les champions du monde devront donc dĂ©jĂ ĂȘtre performants dĂšs leur entrĂ©e en lice s'ils veulent bien entamer leur quĂȘte d'un titre continental qu'ils n'ont plus remportĂ© depuis 20 ans et le but en or d'Oliver Bierhoff en finale de l'Euro 1996 contre les TchĂšques.
Avec en guise d'avertissement, le match de prĂ©paration ratĂ© face Ă la Slovaquie le 29 mai, avec une dĂ©faite Ă la maison (3-1) qui fait tĂąche mĂȘme si l'Ă©quipe Ă©tait largement remaniĂ©e et que la rencontre se dĂ©roulait dans des conditions difficiles, sous une pluie diluvienne Ă Augsbourg.
Le casse-tĂȘte le plus urgent pour Joachim Löw sera de composer sa dĂ©fense, et surtout de trouver qui mettre aux cĂŽtĂ©s de Jerome Boateng dans l'axe.
Löw a lui-mĂȘme limitĂ© Ă deux noms la liste des candidats: Shkodran Mustafi (Valence) et Benedikt Höwedes, avec un petit avantage pour le premier, car recentrer le joueur de Schalke, mĂȘme si c'est pour revenir Ă son poste de mĂ©tier, crĂ©erait un vide sur le flanc droit qu'il occupe habituellement en sĂ©lection.
Si l'hypothÚse d'une défense à trois axiaux n'est pas non plus totalement écartée, il est toutefois plus vraisemblable de voir la Mannschaft débuter avec une composition plus classique à quatre derriÚre, face aux rapides contre-attaquants ukrainiens.
Devant aussi l'Allemagne est Ă la recherche de sa formule magique. HabituĂ© Ă jouer sans vĂ©ritable avant-centre depuis la retraite internationale de Miroslav Klose, aprĂšs le sacre mondial brĂ©silien, Joachim Löw a tout de mĂȘme convoquĂ© Mario Gomez dans les 23 aprĂšs sa trĂšs bonne saison en Turquie avec le Besiktas.
Il semblerait toutefois que Mario Götze, trÚs en difficulté en club, car Pep Guardiola ne comptait guÚre sur lui au Bayern, tienne la corde pour évoluer en "faux numéro neuf".
Sa vitesse et sa technique, bien supérieures à celles de Gomez, pourraient s'avérer trÚs utile surtout pour le jeu en mouvement que prÎne le sélectionneur allemand depuis des années, afin de percer le coffre-fort de la défense basse et compacte qu'opposera sans doute l'Ukraine.
Un succÚs serait idéal pour les Allemands, qui devront ensuite se frotter à la Pologne, qui les avait battus en éliminatoire, et à la plus modeste Irlande du Nord.
Par Remi BANET - © 2016 AFP
0 Commentaires

