Les recherches ont repris mardi à Trévoux, dans l'Ain, pour retrouver une "personne manquante" au lendemain de l'explosion, d'origine encore indéterminée, qui a tué deux enfants en bas ùge et fait une dizaine de blessés.
"Il y a une personne qui manque à l'appel, qui était probablement occupante d'un des logements. Ce sont les équipes cyno(philes) qui sont en recherche actuellement", a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, lors d'une visite.
Un peu plus tÎt, le maire de Trévoux Marc Péchoux avait mentionné des personnes "dont on n'a pas forcément de nouvelles. Mais rien ne dit qu'elles étaient dans leur appartement", avait-il dit devant la presse. Il a évoqué des recherches menées lundi "jusqu'à 23H30 avec des chiens qui n'ont rien détecté".
L'explosion, survenue vers 17H30, au rez-de-chaussée d'un immeuble d'habitation de quatre étages, a tué deux jeunes enfants et fait "une dizaine de blessés en urgence relative", selon le ministre. "On a 53 personnes impliquées qui ont été choquées", a-t-il ajouté.
"Sur les motifs de cette explosion, il y a une enquĂȘte qui est en cours", et les investigations sont menĂ©es par les gendarmes sous l'Ă©gide du parquet de Bourg-en-Bresse, a-t-il dĂ©clarĂ©, refusant d'en dire davantage.
Le maire de la ville de 6.930 habitants, située à une quarantaine de kilomÚtres au nord de Lyon, a évoqué la piste d'une explosion due au gaz mais le parquet a souligné dans un communiqué qu'à ce stade, les causes exactes n'étaient "pas encore déterminées avec certitude".
Les deux garçons, des frĂšres de trois et cinq ans, ont Ă©tĂ© sortis des dĂ©combres en arrĂȘt cardio-respiratoire mais n'ont pas pu ĂȘtre ranimĂ©s, selon une source au sein des secours.
La zone autour de l'effondrement était toujours barrée mardi par des cordons de sécurité derriÚre lesquels s'affairaient pompiers et gendarmes.
- "La cuisine coupée en deux" -
TĂŽt mardi, des rĂ©sidents sont venus, parfois avec leurs enfants, souvent en peignoir, chaussons ou vĂȘtement de jogging, dans l'espoir de rĂ©cupĂ©rer quelques affaires dans les logements alentours, Ă©vacuĂ©s la veille par prĂ©caution. L'accĂšs Ă l'immeuble de l'explosion reste interdit d'accĂšs.
Samira y vivait au deuxiĂšme Ă©tage avec ses trois enfants. Au moment de l'explosion, "jâĂ©tais avec mon fils, il Ă©tait dans sa chambre, dâun coup tout est tombĂ© par terre", raconte-elle.
"C'est tombĂ© d'un coup. On a plus de porte, elle s'est envolĂ©e, les fenĂȘtres et la terrasse ont Ă©tĂ© soufflĂ©es. La cuisine a Ă©tĂ© coupĂ©e en deux", dit cette mĂšre cĂ©libataire, dont un fils a Ă©tĂ© lĂ©gĂšrement blessĂ©. "Je ne peux plus rentrer chez moi je suis au camping".
La mĂšre d'Abdel, ĂągĂ©e de 81 ans, habitait elle aussi au deuxiĂšme Ă©tage de l'immeuble soufflĂ©. "Elle n'a rien compris. La porte a volĂ©, les fenĂȘtres ont Ă©clatĂ©. Un bruit assourdissant, comme une bombe", a racontĂ© Ă l'AFP le fils de l'octogĂ©naire.
"Elle est en état de choc, elle est légÚrement blessée aux genoux. L'essentiel, ce matin, elle est chez moi, elle va bien", a-t-il ajouté.
Le ministre de l'Intérieur a salué l'action des pompiers, notamment de deux officiers qui sont intervenus en civil lundi en dehors de leur service et "qui ont été les premiers à pratiquer les gestes de secours, notamment sur les deux jeunes enfants"
Venu pour témoigner du "soutien" et de "la compassion du gouvernement", Laurent Nuñez a également "salué un habitant de l'immeuble qui a joué un rÎle important pour procéder aux évacuations" et souligné qu'une chaßne de solidarité" s'était mise en place pour prendre en charge les sinistrés.
L'immeuble oĂč l'explosion a eu lieu comptait 20 logements, dont 19 occupĂ©s par quelque 70 habitants. Tous ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s et ils ne pourront pas le rĂ©intĂ©grer dans l'immĂ©diat. Ils ont Ă©tĂ© hĂ©bergĂ©s provisoirement dans des hĂŽtels, un camping ou bien chez des proches, selon la mairie.
"Le pĂ©rimĂštre va ĂȘtre gelĂ© pendant le temps nĂ©cessaire aux constatations", a dit le ministre.Â
AFP
