Football

Eyraud promet des "changements importants" Ă  l'OM

  • PubliĂ© le 11 mai 2019 Ă  12:36
  • ActualisĂ© le 11 mai 2019 Ă  13:37
Le président marseillais Jacques-Henri Eyraud lors d'un point presse au siÚge du club, le  23 mai 2018

"ExtrĂȘmement déçu" par la saison, le prĂ©sident de l'Olympique de Marseille, Jacques-Henri Eyraud, promet "des changements importants" dans l'effectif mais assure Ă  l'AFP, avant le choc contre Lyon, dimanche, que le club gardera "des ambitions Ă©levĂ©es" la saison prochaine.

Q: Cette saison est-elle un échec?

R: "Je suis extrĂȘmement déçu de cette saison, on a tous conscience que les rĂ©sultats ne sont absolument pas Ă  la hauteur de nos attentes, surtout avec cette Ă©quipe-lĂ , donc on va en tirer les conclusions."

Q: Qu'est-ce qui n'a pas marché?

R: "Ce n'est pas le moment de faire le bilan, on le fera dans quelques semaines. Je peux dire en revanche que nos choix en début de saison sont la conséquence de la saison passée, exceptionnelle, avec la premiÚre finale européenne de l'OM depuis 14 ans. Nous avons fait le choix de la stabilité, pensant qu'une telle équipe ayant vécu ces 62 matches devait montrer encore plus de capacité à combattre, mais ça ne c'est pas passé comme ça."

Q: Qu'en pense le propriétaire Frank McCourt?

R: "Il aura l'occasion de s'exprimer Ă  l'issue de la saison, mais il est, comme moi, extrĂȘmement déçu."

Q: Quelles sont les conséquences financiÚres si vous n'allez pas en coupe d'Europe?

R: "Quand nous sommes arrivĂ©s, il a fallu beaucoup investir, cela entraĂźne plusieurs saisons de rĂ©sultats d'exploitation nĂ©gatifs financĂ©s sur les fonds propres de Frank McCourt. Cela a toujours Ă©tĂ© prĂ©vu. Nous avons fait ce que nous avions dit que nous ferions, scrupuleusement. Ce serait trĂšs malhonnĂȘte de nous reprocher de ne pas avoir fait les investissements qu'on s'Ă©tait engagĂ©s Ă  rĂ©aliser. Et si cette saison sera encore dĂ©ficitaire, nous avons prĂ©vu d'atteindre l'Ă©quilibre sur les deux, trois annĂ©es qui viennent. La pĂ©rennitĂ© financiĂšre est un de nos objectifs principaux, le fair play financier nous le demande, et on le fera. On n'avait certainement pas prĂ©vu de ne pas ĂȘtre europĂ©en, si c'est bien ce qui se passe: il reste trois matches pour accrocher une place europĂ©enne."

Q: Faute de l'argent des coupes d'Europe, Frank McCourt va-t-il réinvestir de l'argent?

R: "L'OM a la chance d'avoir un entrepreneur qui s'inscrit dans la durĂ©e, parce qu'il aime Marseille et il aime ce club, profondĂ©ment, et il fera tout pour le ramener au plus haut niveau. Tout le monde doit en ĂȘtre convaincu. Nous nous adapterons Ă  cette nouvelle donne et nous afficherons dĂšs l'annĂ©e prochaine des ambitions Ă©levĂ©es."

Q: Rater l'Europe serait-il un accident industriel?

R: "Non, les entreprises qui les subissent ne s'en relĂšvent pas, ce n'est pas notre cas."

Q: Le public est en colÚre, sera-t-il difficile à reconquérir?

R: "Une victoire contre Lyon serait un signal fort des joueurs, ils montreraient qu'ils ne lĂąchent rien. Quant au public, c'est le mĂȘme qui, il y a presque un an jour pour jour, vibrait comme jamais face Ă  Leipzig et Salzbourg. Il doit se rappeler que peu ou prou c'est cette mĂȘme Ă©quipe qui l'a fait vibrer tellement fort, mĂȘme si je comprends leur colĂšre et leur dĂ©ception."

Q: Etes-vous déçu par Rudi Garcia ou Andoni Zubizarreta ? Pourraient-ils quitter le club?

R: "On fera un bilan à la fin de la saison. Ce n'est absolument pas le moment de distribuer des bons et des mauvais points à qui que ce soit, on a tous une responsabilité dans la saison qui vient de s'écouler, il est important de regarder la réalité dans les yeux et de faire en sorte que l'année prochaine l'équipe montre un autre visage."

Q: Etes-vous déçu par les joueurs?

R: "Les joueurs ont Ă©videmment une grande responsabilitĂ©, c'est eux qui sont sur le terrain et qui dĂ©cident ou pas de faire passer l'intĂ©rĂȘt collectif au-dessus des intĂ©rĂȘts individuels."

Q: Vous avez déjà évoqué pour l'équipe une fin de cycle...

R: "Avec la saison qu'on a connue, on procÚdera à des changements importants pour rebondir et afficher un autre visage. Les maßtres mots seront le respect de l'institution et la responsabilité qu'on doit ressentir en portant ce maillot, parce que ce n'est pas un maillot comme un autre, ce n'est pas un club comme les autres."

Q: Frank McCourt a-t-il parlé aux joueurs pour leur dire que ceux qui voulaient partir ne le feraient pas forcément?

R: "Frank s'est adressĂ© aux joueurs plusieurs fois dĂ©jĂ , mais c'est moi qui ai dit ça, dans le vestiaire, au lendemain du match Ă  Bordeaux (dĂ©faite 2-0). J'ai expliquĂ© que pour rĂ©aliser une transaction il faut ĂȘtre deux, un acheteur et un vendeur, et que je serai trĂšs sensible Ă  la façon dont chacun se comporte sur le terrain pour porter ce maillot."

Q: Quels sont vos projets pour le stade, dont vous avez obtenu la gestion?

R: "On va poursuivre notre politique d'investissements dans les infrastructures. A l'Orange Vélodrome, on va entiÚrement changer la pelouse, mais aussi la sono, qui est inaudible, et les lumiÚres qui ne sont pas dans une technologie moderne, le LED. Il faut tout changer, et c'est aussi un gros investissement."

Q: Vous avez lancĂ© un projet au long cours de formation, oĂč en est-il?

R: "La création de l'OM Campus à Mazargues (un quartier de Marseille, ndlr) est trÚs importante. Nous devons reconquérir les c?urs, le projet OM Next Generation (partenariat avec 21 clubs de jeunes), qui est une grande réussite, nous a permis de revenir dans les écoles de foot de Marseille et de la région. Notre présence auprÚs des acteurs du football local est sans commune mesure avec ce qu'était la réalité de l'OM il y a trois ans. On attire beaucoup de jeunes dans notre centre de formation. C'est comme ça qu'on rebùtira sur la durée."

Q: Avez-vous la sensation de continuer d'apprendre ce métier de président de l'OM?

R: "Je pense qu'on apprend tous les jours Ă  diriger l'OM, on apprend de ses erreurs. Le football, c'est vraiment l'Ă©cole de l'humilitĂ©. On n'a pas fait une bonne saison, mais regardez oĂč Ă©tait Lille l'annĂ©e derniĂšre Ă  la mĂȘme Ă©poque. Regardez oĂč est Monaco aujourd'hui. Pour Lyon, ça n'a pas Ă©tĂ© un long fleuve tranquille non plus. Et je ne parle pas du Paris SG. Il faut Ă©viter les jugements Ă  l'emporte-piĂšce et analyser et Ă©valuer ce qu'on a pu bien faire ou moins bien faire, et je suis le premier Ă  mener cette rĂ©flexion-lĂ  tous les jours."

Propos recueillis par Emmanuel BARRANGUET / AFP

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