Face aux juges, Bolsonaro nie toute tentative de coup d'Etat

  • PubliĂ© le 10 juin 2025 Ă  22:43
  • ActualisĂ© le 11 juin 2025 Ă  05:07
L'ancien  prĂ©sident brĂ©silien Jair Bolsonaro devant la Cour suprĂȘme brĂ©silienne, le 10 juin 2025 Ă  Brasilia, lors de son procĂšs pour tentative prĂ©sumĂ©e de coup d'Etat en janvier 2023

L'ex-prĂ©sident brĂ©silien Jair Bolsonaro, qui encourt une lourde peine de prison pour tentative prĂ©sumĂ©e de coup d'Etat, a rĂ©futĂ© mardi les accusations qui pĂšsent contre lui lors de son procĂšs historique devant la Cour suprĂȘme.

L'ancien dirigeant d'extrĂȘme droite est accusĂ© d'ĂȘtre le "leader d'une organisation criminelle" ayant conspirĂ© pour son maintien au pouvoir quel que soit le rĂ©sultat de l'Ă©lection prĂ©sidentielle d'octobre 2022, finalement remportĂ©e par le prĂ©sident actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

Selon le parquet, ce projet de coup d'Etat présumé, qui prévoyait jusqu'à l'assassinat de Lula, n'a pas abouti faute de soutien du haut commandement militaire.

Quand le juge Alexandre de Moraes, le puissant magistrat chargé du dossier, lui a demandé si les faits qui lui sont reprochés étaient véridiques, il a répondu : "Non, l'accusation ne tient pas".

Sur la table à laquelle il s'est assis pour son interrogatoire, face aux magistrats, l'ex-président a posé un exemplaire de la Constitution brésilienne.

Jair Bolsonaro et ses sept coaccusés, notamment d'anciens ministres et des militaires de haut rang, encourent une peine pouvant aller jusqu'à 40 ans de prison.

"Il n'y a aucune raison de me condamner, j'ai la conscience tranquille", avait déclaré l'ex-président lors d'une pause durant la premiÚre audience d'interrogatoires, lundi.

Les interrogatoires sont menés par le juge Moraes, considéré comme l'ennemi numéro un des bolsonaristes.

- Fautes d'orthographe -

Mardi, ils ont repris avec celui de l'amiral Almir Garnier Santos, qui, selon l'accusation, aurait déclaré que ses troupes seraient "à la disposition du président" lors d'une réunion traitant des projets putchistes.

Il a nié toutes les accusations, affirmant n'avoir "jamais utilisé cette expression".

L'amiral a également affirmé n'avoir "vu aucun document" prévoyant de décréter l'état de siÚge ou de convoquer de nouvelles élections, lors de réunions avec l'ex-président aprÚs l'élection de Lula, récusant ainsi la version de l'accusation.

Entendu par la suite, l'ancien ministre de la Justice du gouvernement Bolsonaro, Anderson Torres, comparaissait muni d'un bracelet électronique, qu'il porte depuis sa libération conditionnelle aprÚs quatre mois d'incarcération en 2023.

La police a trouvĂ© lors d'une perquisition au domicile de M. Torres une Ă©bauche de dĂ©cret pour annuler le rĂ©sultat des Ă©lections, surnommĂ©e dans l'enquĂȘte "le brouillon du coup d'État".

Mardi, il a nié avoir participé à l'élaboration de ce document. "Je n'ai jamais pris part à cela. C'était mal écrit, plein de fautes d'orthographe, je ne sais pas qui a demandé à faire ça", a-t-il argumenté au sujet de ce texte qu'il a qualifié de "brouillon de Google".

Le général Augusto Heleno Ribeiro, ex-ministre chargé de la Sécurité institutionnelle et un des plus proches conseillers de M. Bolsonaro, a préféré garder le silence face aux questions du juge Moraes, ne répondant qu'à celles posées par son avocat.

- "Mémoire sélective" -

Lundi, la série d'interrogatoires a débuté avec celui de Mauro Cid, ancien aide de camp de l'ex-président.

Il est considéré comme un traßtre par les bolsonaristes pour avoir noué un accord de collaboration avec les autorités dans l'espoir d'une réduction de peine.

Selon lui, Jair Bolsonaro a "reçu, lu" puis "retouché" un document pensé par de proches conseillers prévoyant l'instauration d'un "état de siÚge", l'"arrestation d'autorités" et la création d'un "conseil électoral" pour réaliser un nouveau scrutin aprÚs la présidentielle d'octobre 2022 remportée par Lula.

Durant son interrogatoire, qui a durĂ© environ quatre heures, il s'est montrĂ© souvent hĂ©sitant, rĂ©pondant Ă  maintes reprises "je ne me souviens pas" aux questions sur les dates, horaires ou lieux oĂč il aurait Ă©tĂ© tĂ©moin des supposĂ©es vellĂ©itĂ©s putschistes de l'ex-prĂ©sident et son entourage.

L'avocat de Jair Bolsonaro, Celso Vilardi, a souligné des "contradictions" dans les propos de M. Cid, estimant qu'il avait la "mémoire sélective".

InĂ©ligible jusqu'en 2030 et interdit de quitter le territoire brĂ©silien, Jair Bolsonaro se dit victime de "persĂ©cution politique" pour l'empĂȘcher de se prĂ©senter Ă  la prĂ©sidentielle de l'an prochain.

AFP

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