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Par respect pour la liberté d'expression

Facebook, Google et Twitter ne répondront plus aux demandes de Hong Kong

  • PubliĂ© le 7 juillet 2020 Ă  09:34
  • ActualisĂ© le 7 juillet 2020 Ă  09:38
Un policier anti-émeute (C) dans un centre commercial hongkongais, le 6 juillet 2020

Facebook, Google et Twitter ont confirmé lundi qu'ils ne répondaient plus aux demandes d'informations sur leurs utilisateurs émanant du gouvernement et des autorités de Hong Kong, par respect pour la liberté d'expression.

"Mercredi dernier, quand la loi est entrĂ©e en vigueur, nous avons mis en pause le traitement de toute nouvelle requĂȘte de donnĂ©es", a dĂ©clarĂ© un porte-parole de Google, qui comprend aussi la plateforme de vidĂ©os YouTube.

Les trois plateformes mondiales ont fait savoir que leurs équipes étaient en train d'examiner de prÚs la récente loi sur la sécurité nationale imposée à Hong Kong par la Chine.
Hong Kong, ex-colonie britannique rĂ©trocĂ©dĂ©e Ă  la Chine en 1997 Ă  condition de conserver certaines libertĂ©s, bĂ©nĂ©ficie d'un accĂšs Internet illimitĂ© contrairement Ă  la Chine continentale, oĂč ces trois services sont par exemple bloquĂ©s.

Mais la semaine derniÚre, le Parlement chinois a adopté une législation sur la sécurité nationale de Hong Kong, ouvrant la voie à des changements radicaux et à un potentiel virage autoritaire.

- "Sérieusement inquiets" -

"Nous pensons que la liberté d'expression est un droit humain fondamental et soutenons le droit des personnes à s'exprimer sans craindre pour leur sécurité et sans redouter d'autres répercussions", a indiqué un porte-parole de Facebook.

Le gĂ©ant des rĂ©seau sociaux a aussi interrompu les rĂ©ponses aux requĂȘtes pour sa messagerie WhatsApp, qui rappelle que son cryptage de bout en bout protĂšge quotidiennement les messages de 2 milliards de personnes dans le monde. Le texte adoptĂ© par le rĂ©gime communiste de PĂ©kin vise Ă  rĂ©primer la subversion, la sĂ©cession, le terrorisme et la collusion avec les forces Ă©trangĂšres, en rĂ©ponse au mouvement de contestation lancĂ© l'an dernier contre le pouvoir central dans l'ancienne colonie britannique.

"Comme beaucoup d'organisations, de leaders de la société civile et de pairs de notre industrie, nous sommes sérieusement inquiets au sujet des développements en cours et du potentiel de cet loi", a commenté un porte-parole de Twitter.

De son cĂŽtĂ©, Facebook souligne qu'il s'appuie sur une procĂ©dure mondiale pour rĂ©pondre aux requĂȘtes des gouvernements pour obtenir des informations sur des utilisateurs. L'examen de chaque demande tient compte Ă  la fois de la politique interne de Facebook, des lois locales ainsi que des normes internationales concernant les droits humains. "Nous suspendons l'examen des demandes du gouvernement concernant les donnĂ©es des utilisateurs de Hong Kong en attendant une Ă©valuation plus approfondie de la loi sur la sĂ©curitĂ© nationale, y compris (...) des consultations avec des experts internationaux des droits de l'Homme", a dĂ©taillĂ© le porte-parole de Facebook.

- Livres retirés des écoles -

Dans le cadre de la nouvelle législation, le gouvernement de Hong Kong a également ordonné lundi aux écoles de retirer les livres qui pourraient violer cette loi. Les directeurs d'école et les enseignants "doivent examiner le matériel pédagogique, y compris les livres" et les "retirer s'ils y trouvent des contenus périmés ou pouvant s'apparenter aux quatre types d'infractions" définies par la loi, selon le département de l'Education du gouvernement pro-Pékin.

Cette directive aux écoles a été annoncée deux jours aprÚs que les bibliothÚques ont indiqué retirer de leurs rayonnages les ouvrages susceptibles de violer la loi. Parmi les auteurs dont les titres ne sont plus disponibles figurent Joshua Wong, l'un des militants les plus célÚbres et Tanya Chan, une députée pro-démocratie renommée.

Le virage autoritaire de Hong Kong, qui abrite un grand nombre de sociétés financiÚres mondiales, est dénoncé aux Etats-Unis. La semaine derniÚre, le Sénat américain a ainsi adopté à l'unanimité un texte soutenant les "droits humains et la démocratie" à Hong Kong, provoquant la colÚre de Pékin. Les sénateurs ont également approuvé une mesure qui interdirait la vente à la police hongkongaise de gaz lacrymogÚne, balles en caoutchouc et autres équipements destinés à réprimer les manifestations.

Cette passe d'armes législative a fait monter d'un cran les tensions entre Washington et Pékin, déjà en conflit sur le commerce, la mer de Chine méridionale et le nouveau coronavirus.

De son cÎté, le gouvernement britannique a décidé de faciliter l'accÚs à la citoyenneté aux Hongkongais en réaction à la nouvelle loi chinoise sur la sécurité.
L'ambassadeur de Chine à Londres a réagi en accusant le Royaume-Uni d'"ingérence grossiÚre dans les affaires intérieures" chinoises.

AFP

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