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Fair-play financier PSG : le bras de fer se joue aussi au Qatar

  • PubliĂ© le 14 janvier 2019 Ă  15:32
  • ActualisĂ© le 14 janvier 2019 Ă  15:38
L'attaquant parisien Edinson Cavani est accueilli par les fans du PSG à l'arrivée de la délégation du club à Doha pour un mini-stage hivernal, le 13 janvier 2019 au Qatar

Un stage au Qatar "important pour le fair-play financier": le PSG, objet d'une enquĂȘte de l'UEFA, se rend dimanche dans l'Ă©mirat pour mettre en lumiĂšre ses sponsors qataris, alors que l'instance europĂ©enne doute de la valeur rĂ©elle de certains d'entre eux.

Le mouvement des "gilets jaunes", qui a obligé à décaler plusieurs matches de L1, aurait pu gùcher les plans du club parisien. Mais une dérogation extraordinaire de la Ligue de football (LFP) lui a finalement accordé une parenthÚse de quatre jours (13-17 janvier) dans son calendrier démentiel : la rencontre contre Montpellier comptant pour la 17e journée de Ligue 1, initialement reportée au 15 janvier, a été reprogrammée... en février.

"On a essayé, d'une part, de permettre au PSG de faire sa tournée au Qatar parce que c'est important pour le fair-play financier, et puis dans un second temps de ne pas laisser des dates +en l'air+ dans le calendrier", a justifié Didier Quillot, directeur général de la LFP. "Nous n'étions pas favorables forcément à une dérogation parce que nous pensions qu'il était important de respecter les rÚgles et de ne pas faire jurisprudence", a complété Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue. "Mais nous avons eu un bureau qui s'est tenu juste avant Noël et que nous avions convoqué à la demande du PSG. La dérogation a été acceptée à la majorité", selon elle.

- Bras de fer -

Fort de l'appui des instances du football français, le PSG compte, avec cette tournée promotionnelle, poursuivre notamment son bras de fer avec l'UEFA.
Le club parisien, contrĂŽlĂ© par le fonds souverain qatari QSI depuis 2011, fait l'objet d'une enquĂȘte de l'instance europĂ©enne sur sa situation comptable depuis les transferts records de Neymar et Kylian MbappĂ© (plus de 400 millions d'euros) Ă  l'Ă©tĂ© 2017.

L'UEFA veut savoir si Paris respecte le principe du fair-play financier qui interdit aux clubs de dépenser plus de ressources qu'ils n'en génÚrent, alors que la valeur réelle de ses sponsors qataris -- comme celui de l'office du tourisme du Qatar (QTA) -- constitue l'un des principaux points de blocage avec l'organe de contrÎle.
D'un montant initial compris entre 150 et 200 M EUR par saison, sa valeur a Ă©tĂ© dĂ©cotĂ©e par l'UEFA Ă  100 M EUR en 2014, avant d'ĂȘtre ramenĂ©e cette annĂ©e Ă  58 M EUR sur la pĂ©riode comptable 2016-2019, selon plusieurs mĂ©dias. De quoi compliquer encore davantage l'Ă©quation financiĂšre du PSG...

Or, c'est justement ce sponsor, censé "promouvoir les offres de tourisme sportif et de loisir au Qatar" avec l'aide du club parisien depuis 2012, qui sera l'un des partenaires mis à l'honneur lors du stage. Une maniÚre de justifier sa valeur initiale ?

- 'AtmosphÚre spéciale' -

En attendant de connaĂźtre le verdict de son recours dĂ©posĂ© devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) censĂ© contrecarrer l'enquĂȘte de l'instance europĂ©enne, le PSG, dĂ©jĂ  Ă©pinglĂ© par l'UEFA en 2014, s'active sur le plan commercial pour Ă©viter des sanctions allant de la simple amende Ă  l'exclusion des compĂ©titions europĂ©ennes.
Pour rapidement dégager du cash -- il faudra trouver avant la fin de saison prÚs de 150 M EUR, selon Mediapart et L'Equipe --, Paris a deux solutions : attirer de nouveaux sponsors d'envergure, la piste privilégiée, ou vendre des joueurs de grande valeur.

Le plus urgent sera de trouver le futur sponsor principal du club, alors que le contrat avec Fly Emirates (20 Ă  25 M EUR annuel) expire en juin. "On espĂšre boucler le dossier avant le premier trimestre", confie un dirigeant.

Outre l'inauguration d'une nouvelle acadĂ©mie et la promotion des infrastructures qui accueilleront le Mondial-2022, le stage du PSG au Qatar sera aussi l'occasion de peaufiner sa prĂ©paration en vue notamment du 8e de finale aller de Ligue des champions contre Manchester United, le 12 fĂ©vrier. "On a la possibilitĂ© de faire cinq entraĂźnements dans une atmosphĂšre tranquille, avec une bonne mĂ©tĂ©o, sur des excellents terrains. On peut s'entraĂźner pour trouver nos automatismes, pour crĂ©er une atmosphĂšre spĂ©ciale pour ĂȘtre prĂȘt pour la phase suivante", s'est rĂ©joui l'entraĂźneur Thomas Tuchel.

De Neymar à Gianluigi Buffon, les stars du PSG devront donc mouiller le maillot sur le plan sportif... mais aussi la chemise sur le plan "business". L'avenir européen du club parisien passe aussi par là.

AFP

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