Multiplication des interviews, traditionnelle lettre de v?ux aux prĂ©sidents de fĂ©dĂ©rations -mais cette fois sans en-tĂȘte de la Fifa.
.. Joseph Blatter occupe le terrain, avant son audition jeudi par la justice interne de l'instance suprĂȘme du foot Ă Zurich.MenacĂ© d'une suspension par la commission d'Ă©thique de la Fifa, qui lui reproche notamment un versement controversĂ© de 1,8 M EUR en 2011 pour Michel Platini, en rĂ©munĂ©ration d'un travail de conseiller achevĂ© neuf ans plus tĂŽt, ainsi qu'un contrat de droits TV prĂ©sumĂ© dĂ©loyal envers la Fifa, Blatter a tentĂ© mardi de faire pencher la balance en sa faveur, clamant son innocence et tentant de discrĂ©diter la chambre d'Ă©thique.
. Défense soignée
"Ce paiement a Ă©tĂ© soumis au processus administratif intĂ©gral, dont le caractĂšre correct a Ă©tĂ© confirmĂ© par toutes les instances compĂ©tentes de la Fifa -y compris le congrĂšs", a-t-il d'abord Ă©crit aux prĂ©sidents de fĂ©dĂ©rations, dans une lettre datĂ©e de Zurich, oĂč se trouve le siĂšge de la Fifa, mais Ă en-tĂȘte du seul nom de Blatter.
Etant suspendu de toute fonction dans le football, et donc a fortiori de celle de prĂ©sident dĂ©missionnaire de la Fifa, Blatter ne pouvait pas se prĂ©valoir de cette qualitĂ© de prĂ©sident. Ce qui ne l'a pas empĂȘchĂ© de rappeler dans sa missive que "voici 40 ans que je travaille pour la Fifa, et depuis 1998 en tant que prĂ©sident."
"J'ai toujours assumĂ© mes fonctions en mon Ăąme et conscience et relevĂ© les dĂ©fis avec respect, honnĂȘtetĂ© et fair-play", a-t-il plaidĂ©, assurant appliquer des valeurs "transmises par (ses) parents": "n'accepte jamais de l'argent que tu n'as pas gagnĂ©", et "paie toujours tes dettes".
C'est une allusion Ă peine voilĂ©e au motif qui lui vaut d'ĂȘtre Ă©galement mis en examen par la justice civile suisse. Il assure, plus loin dans la lettre, qu'il continuera "Ă (se) battre pour (son) bon droit" et qu'"Ă la fin de cette semaine" il dĂ©fendra son "point de vue devant la chambre de jugement (de la Fifa) avec une grande conviction et une croyance ferme en la justice".
Pour autant, Blatter a aussi pointĂ© de quoi discrĂ©diter, Ă ses yeux, cette mĂȘme commission d'Ă©thique.
. Velléités offensives
La chambre d'instruction de la Fifa et sa façon de communiquer lui "rappellent l'Inquisition", a-t-il déploré. "La maniÚre dont la commission d'éthique communique au sujet de la procédure en cours -elle exige la peine maximale et renforce les préjugés du public- présente une dimension tendancieuse et dangereuse", déplore encore le Suisse de 79 ans.
Dans une interview au journal suisse de langue allemande Blick, Blatter a explicité les raisons pour lesquelles il dit craindre le verdict: "Le juge (de la chambre de jugement de la Fifa) ne peut plus trancher de maniÚre indépendante aprÚs de telles déclarations". Il évoque ici les propos d'Andreas Bantel, porte-parole de la chambre d'instruction de la commission d'éthique de la Fifa à L'Equipe, le 11 décembre.
"Platini va sĂ»rement ĂȘtre suspendu plusieurs annĂ©es, et en ce qui concerne Blatter, il n'y a pas de diffĂ©rence entre une suspension de quelques annĂ©es ou une suspension Ă vie", avait affirmĂ© M. Bantel, citĂ© par L'Equipe, avant que le journal sportif français ne retire ces phrases de son site internet -et avant, donc, l'audition des deux hommes sur le fond. Blatter sera entendu jeudi, Platini doit l'ĂȘtre vendredi mais se demande s'il ira. Le verdict est attendu lundi.
M. Bantel avait affirmé samedi à l'AFP que "L'Equipe avait publié une interview non autorisée".
Selon Klaus Stöhlker, un porte-parole de M. Blatter, toute la procédure contre Blatter et Platini pourrait voler en éclats en raison de ces déclarations. En attendant, Blatter martÚle qu'il n'est "pas isolé et encore moins muet".
Par Gabriel RUBIO - GIRON - © 2015 AFP
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