Handball

France-Espagne, les meilleurs amis se retrouvent en demi-finale de l'Euro

  • PubliĂ© le 26 janvier 2018 Ă  11:10
  • ActualisĂ© le 26 janvier 2018 Ă  12:54
Le pivot Luka Karabatic et l'équipe de France ont surclassé la Serbie, en phase de groupe de l'Euro à Zagreb, le 22 janvier 2018

Pour dĂ©crocher leur place en finale de l'Euro-2018, les handballeurs français affrontent l'Espagne vendredi (18h00) Ă  Zagreb, un adversaire que les Bleus connaissent par coeur. En atteignant les demi-finales avant mĂȘme leur match face Ă  la Croatie mercredi, les Français ont atteint l'objectif qu'ils s'Ă©taient fixĂ©s avant la compĂ©tition. Mais Ă  la lumiĂšre de son parcours sans-faute jusqu'Ă  prĂ©sent - six matches, six victoires - l'Ă©quipe de Didier Dinart vise plus haut dĂ©sormais.


"Aujourd'hui, ce serait vraiment dommage de se faire sortir en demi-finale alors qu'on est bien lancés", estime l'entraßneur des Bleus. "On s'est ouvert la porte aux médailles, maintenant, il faut essayer de gagner la plus belle." L'avant-derniÚre marche avant "le Graal" passe donc par cette demi-finale face à l'Espagne, qui a alterné le bon et le moins bon depuis le début de l'Euro. Les hommes de Jordi Ribera ont connu déjà deux défaites en six matches, contre le Danemark (25-22) et la Slovénie (31-26). Mais ils restent sur une victoire convaincante face aux Allemands, tenants du titre (31-27) mercredi.

Et mĂȘme s'ils les ont Ă©liminĂ©s trois fois dans des grandes compĂ©titions depuis 2012, les Français se mĂ©fient des finalistes malheureux d el'Euro-2016 qu'ils connaissent si bien. "Ca va ĂȘtre un bon match, mais ça va pas ĂȘtre la fĂȘte, l'amitiĂ©. Ca va ĂȘtre la guerre", prĂ©vient l'ailier espagnol de Nantes David Balaguer. Sur les seize joueurs espagnols, huit connaissent le championnat français. CĂŽtĂ© français, quatre joueurs ont Ă©voluĂ© ou Ă©voluent actuellement en Espagne.

"Les Espagnols, c'est des coéquipiers,c'est des potes, on boit des coups ensemble", raconte Luc Abalo, ancien joueur de Ciudad Real. "Mais sur ce match-là, on va jouer notre vie et eux aussi. Donc on oublie qui on a devant nous", assure-t-il. Jeudi, les accolades avaient l'air sincÚres lorsque les deux équipes se sont croisées avant de venir à la rencontre des journalistes à la veille des demi-finales et on sentait beaucoup de complicité entre les joueurs des deux pays.

- 'On boit des coups ensemble' -

"Les meilleurs amis se retrouvent", sourit le gardien N.2 des Bleus Cyril Dumoulin, qui cÎtoie plusieurs Espagnols en club à Nantes. "On a l'impression d'avoir pas mal d'amis en face. C'est sympa, ça donne une autre saveur au match." "Il y a un jeu d'intox", explique-t-il. "Tu sais ce qu'ils aiment, ce qu'ils n'aiment pas, ce qui peut les déranger, ce qui peut éventuellement les faire sortir du match. Mais tu sais qu'eux aussi le savent donc c'est un vrai jeu du chat et de la souris qui se met en place."

"Tactiquement, on connait des trucs sur eux mais eux aussi ils nous connaissent, donc c'est ça qui est marrant. On se connait et du coup on va vouloir anticiper 2-3 trucs", confie Dika Mem, l'un des nouveaux visages des Bleus dans cet Euro et qui évolue à Barcelone. Cette complicité peut-elle pousser les entraßneurs à changer leur approche tactique du match ? Pas nécessairement, si l'on en croit Guillaume Gille, l'entraßneur adjoint des champions du monde.

"La victoire ne se joue pas forcĂ©ment dans le fait de surprendre l'adversaire. Un match ça se dessine sur des rapports de force", explique-t-il. "Comment les pousser Ă  ĂȘtre moins performants ? Comment imprimer notre rythme Ă  la rencontre ? Tout ça, c'est les enjeux de ces matches lĂ , au-delĂ  du fait de vouloir surprendre l'adversaire, c'est aussi s'appuyer sur ce qui a fait notre force jusqu'ici."

AFP

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