Elle risque la prison

Fraude fiscale : la soeur du roi d'Espagne et son mari fixĂ©s sur leur sort

  • PubliĂ© le 17 fĂ©vrier 2017 Ă  10:37
Inaki Urdangarin et l'infante Cristina à la sortie du tribunal le 26 février 2016 à Palma de Majorque

Les juges ont-ils choisi la relaxe? La prison? La soeur du roi d'Espagne, Cristina, saura ce vendredi si elle est - ou non - reconnue coupable de fraude fiscale et si son mari est condamné pour malversations.


Le tribunal des Iles Baléares, à Palma de Majorque, annoncera son jugement, encore susceptible d'appel, à 12H00 locales (11H00 GMT), plus d'un an aprÚs le début du procÚs de l'"affaire Noos". Cette sentence sera transmise par écrit aux parties, qui n'auront pas à comparaßtre.
En janvier 2016, Cristina de Bourbon avait été le premier membre de la famille royale à comparaßtre devant un tribunal.
Elle était jugée pour complicité de fraude fiscale, en lien avec de présumées malversations reprochées à son mari, Inaki Urdangarin, quand il présidait l'institut Noos, une fondation à but non lucratif.
Inaki Urdangarin, 49 ans, ancien médaillé olympique de handball, est poursuivi pour malversations, fraude fiscale, trafic d'influences, escroquerie et blanchiment. Le parquet a requis à son encontre 19 ans et six mois d'emprisonnement.


- Profil bas -


Les trois juges auront pris plus de sept mois pour rendre leur jugement dans cette affaire ultrasensible pour la monarchie.
Le procÚs des dix-sept prévenus a duré plus de cinq mois, constamment sous l'oeil des médias retransmettant certaines audiences en direct sur internet.
Inaki, amaigri, et Cristina, muette le plus souvent, avaient tous deux fait profil bas. Car à l'extérieur du tribunal, des Espagnols réclamaient qu'ils soient jugés "comme n'importe quel autre citoyen".


M. Urdangarin est accusé d'avoir, avec un associé, détourné prÚs de six millions d'euros de subventions attribuées à Noos entre 2004 et 2006 par les gouvernements régionaux des Baléares et de Valence, alors dirigés par le Parti populaire (PP, droite).
Un congrÚs Tourisme et Sport de deux jours avait été facturé 1,2 million d'euros, "un prix complÚtement disproportionné" fondé sur "un budget fictif", selon l'accusation.
Selon le dossier, une partie des fonds détournés avaient été reversés à une société appartenant conjointement à Inaki et Cristina.
Le juge d'instruction avait tenu à ce que l'infante soit poursuivie pour complicité de fraude fiscale, tandis que le Trésor public et le parquet considéraient qu'elle n'avait commis aucun délit.


La princesse n'a finalement Ă©tĂ© jugĂ©e que sur plainte d'un collectif de dĂ©fense des contribuables, Mains propres, considĂ©rĂ© d'extrĂȘme droite, qui rĂ©clame huit ans de prison Ă  son encontre.
Un énorme coup de théùtre a cependant marqué le procÚs quand le dirigeant de Mains propres a été incarcéré, soupçonné d'avoir codirigé un vaste systÚme d'extorsion de fonds.
Les avocats de Cristina l'accusaient eux-mĂȘmes de tentative de chantage, assurant qu'il leur avait rĂ©clamĂ© des millions contre un retrait de plainte.
Tout au long du procÚs, le procureur Pedro Horrach aura clairement pris la défense de Cristina. "Ce serait pour moi une surprise si elle était condamnée", insistait-il encore en novembre devant des journalistes.


- Exil amer -


L'infante, elle, a toujours dit qu'elle ne savait rien des dossiers évoqués au procÚs et faisait pleinement confiance à Inaki, son époux depuis bientÎt vingt ans et le pÚre de ses quatre enfants.
Le scandale Noos avait éclaté en 2011 alors que l'Espagne vivait sa pire crise économique depuis des décennies.
Exilée depuis 2009 avec sa famille - à Washington puis à GenÚve - Cristina était passée du statut d'"infante moderne, tellement aimée, à présumée voleuse", résumait en 2015 son amie Rosario Nadal dans Vanity Fair.
Le scandale avait accentué la chute de popularité du roi Juan Carlos I qui avait finalement abdiqué en 2014 en faveur de son fils Felipe.
Depuis, le souverain a pris publiquement ses distances avec sa soeur, bannie de tous les actes officiels.


Parmi les prĂ©venus, un ancien ministre du gouvernement conservateur de JosĂ© Maria Aznar (PP), Jaume Matas, risque d'ĂȘtre condamnĂ© comme ex-prĂ©sident des BalĂ©ares.
M. Matas avait admis avoir donné l'ordre d'attribuer des contrats à la Noos - sans appels d'offres ni discussion des prix - parce que M. Urdangarin était alors le gendre du roi.

Par Frankie TAGGART, Veronique DUPONT - © 2017 AFP

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