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Fraude fiscale: redressements record en 2015, Ă  21,2 milliards d'euros

  • PubliĂ© le 3 mars 2016 Ă  15:59
Le ministĂšre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie dans le quartier de Bercy Ă  Paris, le 9 juin 2014

L'administration fiscale a procédé en 2015 à des redressements fiscaux record, portant sur 21,2 milliards d'euros, soit 1,9 milliard de plus qu'en 2014, a annoncé jeudi le ministÚre des Finances.


Cette hausse s'Ă©tend Ă©galement aux sommes effectivement encaissĂ©es par l'administration, qui ont augmentĂ© de 17%, Ă  12,2 milliards d'euros, a prĂ©cisĂ© Bercy, Ă  l'occasion d'un dĂ©placement du ministre Michel Sapin, Ă  la Direction des vĂ©rifications nationales et internationales, en compagnie du secrĂ©taire d?État au Budget Christian Eckert.
Douze milliards c'est davantage que les budgets de la Justice, de la Culture et de l'aide au développement et autant que les dépenses du ministÚre de l'Intérieur pour la sécurité des Français, selon les services de M. Eckert.
Selon le ministÚre des Finances, le nombre de contrÎles fiscaux, en 2015, a pourtant diminué, passant de 51.740 à 50.168 opérations. Mais "cela signifie que les contrÎles sont mieux ciblés, orientés vers les manquements les plus importants", assure Bercy.
L'impÎt dont les redressements ont le plus augmenté est l'impÎt sur les sociétés, à hauteur d'un milliard d'euros. Les droits nets portant sur l'impÎt sur le revenu sont passés eux de 2,3 à 2,7 milliards d'euros, et ceux concernant la TVA ayant baissé, de 2,3 à 2,2 milliards d'euros.
Le coût de la fraude à la TVA en France pourrait avoisiner les 14 milliards d'euros par an, selon Bercy, qui se réfÚre sur ce sujet aux évaluations de la Commission européenne. Celui de la fraude fiscale en général, selon certaines estimations, pourrait atteindre 60 à 80 milliards d'euros.
Dans son rapport annuel publié en février, la Cour des comptes a estimé que la lutte contre la fraude fiscale s'était améliorée ces derniÚres années, mais a jugé les résultats de cette mobilisation décevants.
"Les réformes engagées ne se sont pas traduites à ce jour par une hausse des recettes tirées des contrÎles", a regretté la Cour, pour qui "moins de 50%" des créances issues du contrÎle donnent lieu à recouvrement deux ans aprÚs leur prise en charge.

Par Jean-François GUYOT - © 2016 AFP
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