Fronde étudiante en Inde : le ministre de l'Education finit par démissionner

  • Publié le 25 juillet 2026 à 14:25
  • Actualisé le 25 juillet 2026 à 15:25
Des partisans du "parti des cafards" célèbrent à New Delhi la démission du ministre indien de l'Education, Dharmendra Pradhan, dont les étudiants exigeaient le départ en raison d'une série de fraudes aux examens universitaires, le 25 juillet 2026

Le ministre indien de l'Education Dharmendra Pradhan a annoncé samedi sa démission du gouvernement, au sixième jour de la fronde des étudiants qui exigeaient son départ en raison d'une série de fraudes aux examens universitaires.

"Pour que la nation reste unie et que les étudiants ne soient pas pris au piège de difficultés juridiques, qu'ils se concentrent sur leurs études et leurs carrières, j'ai décidé de présenter ma démission au Premier ministre", a annoncé M. Pradhan sur son compte X.

L'annonce de son départ a été saluée par les hourras et les applaudissements des milliers de protestataires qui campent jour et nuit depuis lundi sur l'esplanade de Jantar Mantar, au coeur de la capitale New Delhi.

"Longue vie au pouvoir des étudiants !", "la démocratie l'a emporté", a aussitôt réagi sur les réseaux sociaux le "parti du peuple des cafards" (CJP), un mouvement créé en ligne qui s'est imposé comme le porte-voix de la mobilisation.

"Nous l'avons fait !", s'est réjoui sur Instagram le fondateur du CJP, Abhijeet Dipke.

La colère des étudiants est née des fraudes massives qui ont entaché en mai un examen national d'accès aux études de médecine, auquel se sont présentés plus de 2 millions de candidats. Selon les médias locaux, son annulation a causé le suicide d'une vingtaine d'étudiants.

La police a réprimé lundi à coups de bâton et de jets de gaz lacrymogènes une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de jeunes et d'étudiants qui se dirigeaient vers le Parlement pour exiger la démission du ministre.

Les violences ont fait 180 blessés selon la police, "plusieurs centaines" selon les manifestants.

- "Changer le système" -

La liste des doléances des jeunes protestataires s'est largement élargie, des difficultés à trouver un emploi après l'université, malgré la forte croissance du pays, aux méthodes jugées autoritaires du Premier ministre Narendra Modi.

"Les étudiants ont raison de se plaindre", a indiqué samedi à l'AFP avant l'annonce de la démission du ministre Abhijit, un ingénieur venu manifester avec des amis à New Delhi.

"Mais je ne suis pas sûr que la démission du ministre suffise à changer quoi que ce soit", a-t-il ajouté, "il faudrait complètement changer le système".

L'annonce du départ du ministre intervient alors que le gouvernement et des représentants des étudiants devaient se retrouver samedi après-midi pour discuter.

Sous pression, le gouvernement a adopté vendredi en conseil des ministres un projet d'amendement de la loi qui permet "la mise en place de procédures judiciaires accélérées et des sanctions sévères" pour les tricheurs.

Il doit être discuté rapidement au Parlement.

Sérieusement contesté pour la première fois depuis son élection à un troisième quinquennat en 2024, Narendra Modi a diffusé vendredi soir une nouvelle vidéo sur les réseaux sociaux, dans laquelle il a remercié les protestataires pour leurs "contributions positives" au débat.

"L'image de Modi a pris un grand coup" pendant cette crise, a estimé l'analyste Nilanjan Mukhopadhyay samedi auprès de l'AFP.

"Le gouvernement n'a eu finalement d'autre choix que de reculer", a-t-il ajouté, mais "la façon dont il a été ridiculisé ces derniers jours est sans précédent".

L'opposition parlementaire a pris fait et cause pour les protestataires. Son chef et responsable du parti du Congrès, Rahul Gandhi, a exigé à plusieurs reprises la démission du chef du gouvernement.

AFP

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