A lyon

Gare Part-Dieu, la "plate-forme des Africains" et ses enfants de la rue

  • PubliĂ© le 9 novembre 2017 Ă  20:32
  • ActualisĂ© le 9 novembre 2017 Ă  20:59
Un migrant installe une tente dans une rue de Lyon, le 7 novembre 20178

Face Ă  l'afflux de jeunes migrants, les dĂ©partements sont dĂ©bordĂ©s. A Lyon, ils sont des dizaines dans un froid mordant sur une esplanade jouxtant la gare Part-Dieu, dans l'attente d'une Ă©ventuelle prise en charge si leur minoritĂ© est reconnue. C'est lĂ  qu'ils dorment, souvent Ă  mĂȘme le sol, sans tente ni couverture, tout prĂšs de l'entrĂ©e de la gare principale de la ville. Il faut monter des escaliers, passer un premier palier aux dalles dĂ©foncĂ©es et arriver sur une grande plate-forme qui jouxte le quai A, oĂč dĂ©filent les TGV.



Tous viennent d'Afrique, beaucoup disent ĂȘtre mineurs, en quĂȘte d'un avenir meilleur. "La souffrance qu'on vit lĂ , c'est pas humain", lĂąche Ouattara, du Cameroun; "La nuit, tu n'arrives pas Ă  dormir car il fait trop froid, ça donne des fissures sur mon c?ur", confie IsmaĂ«l, de GuinĂ©e-Conakry; "Je ne me sens pas bien dans mon corps, on ne se lave pas. Certains font leurs besoins ici sur ce petit bout d'herbe et on dort juste Ă  cĂŽtĂ©", montre Wilfried, de CĂŽte d'Ivoire.

A 06H00 chaque matin, ils plient leurs affaires et les accrochent Ă  des grilles pour faire place nette aux travailleurs des tristes immeubles alentour, vouĂ©s Ă  la dĂ©molition. Eux restent Ă  ne rien faire dans l'attente de leur rendez-vous Ă  la MĂ©omie, le service de la mĂ©tropole de Lyon - qui a repris les compĂ©tences du dĂ©partement du RhĂŽne sur son territoire - censĂ© leur assurer un accueil d'urgence de cinq jours Ă  leur arrivĂ©e, le temps de confirmer leur Ăąge. Avant d'ĂȘtre pris en charge si leur minoritĂ© est confirmĂ©e.

Et dans la rue, l'attente peut ĂȘtre longue. "Ce travail prend en ce moment quatre Ă  six semaines, au lieu de trois Ă  cinq jours, en raison du nombre Ă©levĂ© de cas Ă  traiter", a reconnu lundi le prĂ©sident de la collectivitĂ©, David Kimelfeld (LREM), qui va mandater une association Ă  partir de janvier. En 2016, quelque 13.000 "mineurs non accompagnĂ©s", comme l'administration les dĂ©signe dĂ©sormais, se sont prĂ©sentĂ©s en France. Cette annĂ©e, ils seraient presque deux fois plus nombreux. A Lyon, on relĂšve une hausse de 30%.

- Prouver leur Ăąge -

ScandalisĂ©es de voir ces jeunes "dehors, au milieu des rats", les associations tentent de parer Ă  l'urgence. RĂ©seau Ă©ducation sans frontiĂšres, Ligue des droits de l'Homme et MĂ©decins du Monde ont ouvert une permanence hebdomadaire sur les pentes du quartier de la Croix-Rousse. A la nuit tombante, le bar de l'hĂŽtel mitoyen s'allume, laissant ces migrants dans un face-Ă -face dĂ©routant avec les clients attablĂ©s. Certains regrettent d'avoir traversĂ© tant d'Ă©preuves, notamment la Libye oĂč beaucoup affirment avoir Ă©tĂ© emprisonnĂ©s et torturĂ©s, pour en arriver lĂ .

Aujourd'hui, comme des robots, ils rĂ©pĂštent leurs parcours et quand on leur demande leur Ăąge, ils rĂ©pondent par une date de naissance, comme pour ĂȘtre plus crĂ©dibles. "On ne traite pas ces jeunes comme potentiellement mineurs mais comme potentiellement fraudeurs", dĂ©nonce HĂ©lĂšne Bertrand de RESF. Leurs documents d'identitĂ© sont remis en cause. Les actes de naissance proviennent souvent de petits villages, dans des formats non recevables. Les militants dĂ©noncent un harcĂšlement dans ces investigations lĂ  oĂč, selon eux, le doute devrait profiter aux jeunes.

A la métropole, on assure que la justice n'a plus recours aux tests osseux - pratique décriée - et qu'en l'absence de papiers, des entretiens permettent de déterminer la "cohérence de l'histoire de vie" de chacun. Au final, elle estime que 40% des jeunes qui se présentent mentent sur leur ùge et que seulement 15% sont éligibles au statut de réfugié.

Pour soulager les dĂ©partements, le gouvernement a annoncĂ© que l'État allait prendre la main sur cette phase d'accueil d'urgence et d'Ă©valuation de l'Ăąge. Quand? Comment? Les associations craignent qu'ainsi, ces adolescents "sortent du dispositif de la protection de l'enfance pour basculer dans le rĂ©gime du droit des Ă©trangers". Sur la "plate-forme des Africains", la police est venue plusieurs fois leur demander de partir. Mais pour aller oĂč?

AFP

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1 Commentaires
Jean Bernard
Jean Bernard
8 ans

Ce sont des migrants économique, on ne leur doit rien et ils sont en situation illégale, l'état devrait juste les renvoyées, que l'état applique la loi.