6 milliards de dollars d'économies

General Motors annonce des milliers de suppressions d'emplois pour rester compétitif

  • PubliĂ© le 27 novembre 2018 Ă  17:41
  • ActualisĂ© le 27 novembre 2018 Ă  18:43
Des membres du syndicat Unifor bloquent un accĂšs Ă  l'usine GM d'Oshawa au Canada, le 26 novembre 2018

General Motors a annoncĂ© lundi une sĂ©vĂšre cure d'amaigrissement, Ă  coups de milliers de suppressions d'emplois, pour ĂȘtre plus compĂ©titif dans une industrie en pleine rĂ©volution, mais le premier constructeur automobile amĂ©ricain a provoquĂ© l'ire de Donald Trump. Au total, GM va supprimer en 2019 15% des emplois du groupe, en cessant la production sur sept sites: un Ă  Oshawa au Canada, quatre aux Etats-Unis et deux en dehors de l'AmĂ©rique du Nord.

En décembre 2017, le dernier décompte disponible, GM employait 180.000 personnes dans le monde, mais le groupe n'a donné aucune indication sur le nombre exact de postes supprimés.
"Les mesures que nous prenons aujourd'hui nous permettent de poursuivre notre transformation pour ĂȘtre plus agiles, rĂ©sistants et rentables", a affirmĂ© la PDG, Mary Barra, citĂ©e dans un communiquĂ©.

"Nous sommes conscients du fait qu'il nous faut anticiper sur les changements du marché et les goûts des consommateurs pour que notre entreprise soit bien positionnée pour connaßtre le succÚs sur le long terme", a-t-elle ajouté.

Les investisseurs ont apprécié la nouvelle : l'action GM s'envolait de prÚs de 4,8% à la clÎture. Donald Trump, en revanche, a fait savoir à Mme Barra qu'il était "mécontent". "J'ai été trÚs dur avec elle", a dit le président, qui a fait de la préservation des emplois industriels son cheval de bataille et déclenché des hostilités commerciales avec les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis pour les préserver.

"Ce pays a fait beaucoup pour General Motors (pour sauver l'entreprise de la faillite pendant la crise financiĂšre, ndlr)", a rappelĂ© M. Trump, brandissant une menace voilĂ©e : "Ils ont intĂ©rĂȘt Ă  retourner en Ohio et vite, on peut leur mettre vraiment la pression".

Le puissant syndicat UAW joue d'ailleurs lui aussi sur le registre de "l'Amérique d'abord" cher au président, accusant GM de fabriquer au Mexique et en Chine pour réimporter les voitures aux Etats-Unis.
GM a démenti et le constructeur a aussi indirectement répondu à M. Trump en soulignant qu'il restait massivement présent dans l'Ohio.

- Economies pour investir -

Ce traitement de choc doit permettre à General Motors de faire 6 milliards de dollars d'économies d'ici la fin 2020.
Parmi le personnel supprimĂ©, General Motors s'attaque en particulier au management, qui devrait ĂȘtre rĂ©duit d'un quart pour allĂ©ger le processus de dĂ©cision.

Le constructeur américain a aussi indiqué que ces actions allaient peser sur les performances financiÚres du dernier trimestre de 2018 et le premier de 2019. Le montant de la charge exceptionnelle s'élÚvera à entre 3 et 3,8 milliards de dollars.
Mais pour autant, la PDG a insistĂ© sur le fait que GM "voulait ĂȘtre sĂ»r d'investir", en particulier dans les vĂ©hicules autonomes ou Ă©lectriques, Ă  un moment oĂč le marchĂ© automobile nord-amĂ©ricain va ralentir.

A l'instar de Ford, General Motors a l'intention de concentrer sa production sur les véhicules les plus rentables, comme les pickups (camionnettes à plateau) et les SUV.
"Certains véhicules ne seront plus disponibles en Amérique du Nord", a indiqué Mme Barra, comme par exemple la Chevrolet Cruze, un modÚle qui est vendu à moins de 17.000 dollars dans sa version de base.
La production de la Volt, une voiture hybride est également stoppée.

- Trudeau déçu -

L'annonce de la cessation de la production sur le site d'Oshawa, dans l'Ontario, qui emploie environ 2.500 personnes, a provoquĂ© une onde de choc au Canada et le Premier ministre lui-mĂȘme a rĂ©agi trĂšs vite.
"Depuis des générations, les travailleurs de GM sont le coeur et l'ùme d'Oshawa", ville située à une soixantaine de kilomÚtres à l'est de Toronto, a dit M. Trudeau sur Twitter. Il a promis de tout faire pour aider les gens. DÚs le début de la matinée, les employés ont débrayé à la demande des syndicats.

Leur angoisse Ă©tait palpable. "Ca va toucher ma famille et moi-mĂȘme, si nous n'avons plus de boulot, on va devoir vendre la maison, je vais devenir quoi ?", demande Karin Wright, salariĂ©e syndiquĂ©e de l'usine.

Outre le site d'assemblage d'Oshawa, General Motors veut cesser les activités sur quatre sites aux Etats-Unis (deux dans l'Ohio, un dans le Maryland ainsi qu'un site d'assemblage à Detroit).

Deux autres sites seront fermés en dehors d'Amérique du Nord, mais GM n'a pas encore précisé lesquels. Le groupe avait déjà annoncé précédemment la fermeture l'année prochaine de l'usine de Gunsan en Corée du Sud.

 - © 2018 AFP

guest
0 Commentaires