VĂȘtements

Hana Sadiq, une ode arabe Ă  la mode

  • PubliĂ© le 22 mai 2022 Ă  02:57
  • ActualisĂ© le 22 mai 2022 Ă  16:21
La créatrice de mode irakienne Hana Sadiq dans son atelier, le 31 mars 2022 à Amman, en Jordanie

Elle mĂȘle entrelacs de la calligraphie arabe, vers amoureux et couleurs chatoyantes pour crĂ©er des vĂȘtements fĂ©minins, arabes et contemporains: prisĂ©e par les cĂ©lĂ©britĂ©s du monde entier, Hana Sadiq reste enracinĂ©e dans son Irak natal.

Depuis la Jordanie voisine oĂč elle vit, Mme Sadiq coud des vers de grands poĂštes comme le Palestinien Mahmoud Darwich ou le Syrien Nizar Qabbani en puisant dans les diffĂ©rents styles de la calligraphie, de l'Ă©lĂ©gant diwani aux formes gĂ©omĂ©trique coufiques. "La calligraphie arabe est la plus belle des calligraphies", s'enthousiasme auprĂšs de l'AFP cette crĂ©atrice de mode qui a Ă©tĂ© la premiĂšre il y a 25 ans Ă  faire monter les pleins et les dĂ©liĂ©s des lettres arabes sur les podiums les plus courus du monde.

Dans sa résidence-atelier du centre d'Amman, Mme Sadiq rappelle que c'est sur les rives fertiles de l'Euphrate, dans l'Irak actuel, que, pour la premiÚre fois dans l'histoire de l'Humanité, une écriture a été utilisée.

Sans ces débuts mésopotamiens "les autres civilisations n'auraient pas existé", tranche la créatrice de 72 ans, cheveux lùchés, multiples colliers colorés et imposants pendants d'oreilles encadrant son visage.

- "Nous imitons l'Occident" -

DiplĂŽmĂ©e en littĂ©rature française avant d'aller se former Ă  la mode Ă  Paris, Mme Sadiq partage dĂ©sormais son temps entre Amman et Paris. Ses collections, elles, font rĂ©guliĂšrement le tour de l'Europe et des Etats-Unis mais c'est durant ses tournĂ©es au Moyen-Orient que Mme Sadiq a rempli ses valises de bijoux traditionnels en argent, de milliers d'Ă©toffes et de vĂȘtements.

Ces trĂ©sors lui servent d'inspiration mais aussi Ă  garder des traces d'un patrimoine qu'elle a compilĂ© dans un ouvrage intitulĂ© "VĂȘtements et bijoux arabes: un hĂ©ritage universel". Ses caftans dĂ©ploient une palette de couleurs riches et vives Ă  l'image des "robes hachĂ©mites" traditionnelles irakiennes dont se parait sa grand-mĂšre avant de parader "fiĂšre comme un paon", raconte-t-elle.

Ce vĂȘtement populaire --une fine Ă©toffe noire ornĂ©e de fleurs dorĂ©es ou argentĂ©es aux larges manches transparentes-- Ă©tait l'incontournable du vestiaire irakien du milieu du siĂšcle dernier.

Si aujourd'hui les crĂ©ations de Mme Sadiq sont portĂ©es par les tĂȘtes couronnĂ©es arabes ou europĂ©ennes, tout a commencĂ© dans le magasin de textiles de son grand-pĂšre Ă  Bagdad, oĂč se cĂŽtoyaient vendeurs d'Ă©toffes et de broderies venus de Turquie, d'Iran et mĂȘme d'Inde. "La mode arabe couvre le corps des femmes mais reste trĂšs fĂ©minine", affirme Mme Sadiq, qui plaide pour la diffĂ©rence jusque dans l'habillement.

Pour la crĂ©atrice, les vĂȘtements occidentaux ont inondĂ© le marchĂ© alors mĂȘme qu'ils ne sont pas adaptĂ©s. "C'est le rĂ©sultat malheureux de la mondialisation, (...) nous imitons l'Occident dans tous les domaines, l'architecture, le mobilier, l'habillement et la nourriture", dĂ©plore-t-elle. "La ligne directrice de mon travail c'est de permettre aux femmes de rester fĂ©minines et attirantes, je veux que quand une femme passe devant un homme, il la remarque et qu'il voit sa beautĂ©".

AFP

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