Si elle avait été une handballeuse parmi d'autres, Allison Pineau aurait regardé le Mondial à la télévision, cinq mois aprÚs une opération, mais la championne a brûlé les étapes de la récupération pour jouer un rÎle majeur dans le succÚs des Bleues, dimanche à Hambourg.
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"C'est Allison! Elle a besoin de ça pour vivre, de tout le temps prouver qu'elle peut faire mieux et plus vite que les autres. Elle se fait opérer de la cheville, elle annonce qu'elle ne viendra pas. Et boum! elle est là ", dit Béatrice Edwige, admirative mais pas surprise du tout par la résurrection de sa coéquipiÚre.
D'ailleurs personne dans l'Ă©quipe de France n'a Ă©tĂ© Ă©tonnĂ© de voir la joueuse de Brest se battre comme une lionne pour retrouver la forme Ă temps et convaincre le sĂ©lectionneur Olivier Krumbholz de l'emmener en Allemagne, alors qu'elle n'avait mĂȘme pas repris la compĂ©tition en club, ni de la voir se rapprocher au fil des matchs de son meilleur niveau.
"Je connais trĂšs bien Allison, nous avons commencĂ© ensemble en Ă©quipe de France il y a dix ans et j'ai jouĂ© aussi en club avec elle. Je sais toute l'ambition qu'elle a et toute sa dĂ©termination. En arrivant, elle Ă©tait trĂšs loin d'avoir 100% de ses moyens physiques. C'Ă©tait dĂ©jĂ un gros dĂ©fi pour elle d'ĂȘtre dans l'Ă©quipe. Olivier l'a prise en sachant qu'elle allait monter en puissance et reprendre du rythme au fur et Ă mesure des matchs pour nous apporter le plus possible dans les derniers jours. On peut dire que le pari a Ă©tĂ© gagnĂ©", dit l'arriĂšre Camille Ayglon.
Lucide, Pineau a commencĂ© par se concentrer sur les tĂąches dĂ©fensives lors de la phase de groupes. Pas question, avec seulement deux matchs amicaux dans les jambes, de viser tout de suite le niveau qui lui avait permis d'ĂȘtre Ă©lue meilleure arriĂšre des Jeux de Rio ou encore meilleure joueuse du monde en 2009.
- Elle adore le "money time" -
"Ca se passe comme je l'espĂ©rais. La premiĂšre semaine a Ă©tĂ© plus dĂ©licate pour moi. ForcĂ©ment, quand on est compĂ©titrice, il y a un peu de frustration au dĂ©part, on a envie que les choses aillent vite. Mais j'ai acceptĂ© le fait qu'il fallait que je me focalise sur autre chose, que je sois prĂȘte mentalement et que ça allait probablement suivre au niveau du handball. J'ai de l'expĂ©rience. Je sais que les moments importants sont ma force, mon savoir-faire", disait avant la demi-finale cette athlĂšte longiligne d'1,81 m.
En effet, le lendemain, elle éteignait les derniers espoirs de la SuÚde en inscrivant deux buts décisifs (sur quatre au total) dans les derniers instants, aprÚs avoir abattu un travail considérable pendant tout le match en défense. Elle allait faire aussi bien en finale, en marquant encore quatre fois, dont deux dans les derniÚres minutes cruciales.
"Je ne suis pas étonné parce qu'elle est une compétitrice dans l'ùme. Elle adore les matchs à enjeu et le money time et elle est capable de se sublimer dans les moments-clefs", souligne l'entraßneur. A 28 ans, Pineau est déjà nantie d'un beau palmarÚs avec cinq médailles internationales (1 or et deux argents mondiaux, un argent olympique et un bronze européen). Quoi de mieux, pour poursuivre l'aventure, qu'un titre à l'Euro-2018 en France?
AFP

