La présidente du Front national au Liban

Hariri met en garde Le Pen contre l'"amalgame" entre islam et terrorisme

  • PubliĂ© le 20 fĂ©vrier 2017 Ă  16:50
Marine Le Pen et Gilbert Collard rencontrent le Premier ministre libanais Saad Hariri à Beyrouth le 20 février 2017

Le Premier ministre libanais Saad Hariri a mis en garde lundi Ă  Beyrouth la candidate d'extrĂȘme droite française Ă  la prĂ©sidentielle Marine Le Pen contre tout "amalgame" entre l'islam et le terrorisme.

"L'erreur la plus grave serait l'amalgame entre islam et musulmans d'une part, terrorisme d'autre part", a affirmé le chef du gouvernement au cours de sa rencontre avec Mme Le Pen, selon un communiqué diffusé par ses services.

"Les Libanais et les Arabes comme la majorité du monde considÚrent la France comme la patrie des droits de l'Homme et de l'Etat républicain qui ne fait aucune distinction ethnique, religieuse, ou de classe entre ses citoyens" a encore affirmé M. Hariri, leader de la communauté sunnite libanaise.

"Les musulmans sont les premiÚres victimes du terrorisme se réclamant de la religion" a aussi affirmé le Premier ministre. "Les modérés qui constituent l'écrasante majorité des musulmans en sont la cible".
M. Hariri est nettement hostile au rĂ©gime syrien, soutenu par le FN: il accuse Damas d'ĂȘtre impliquĂ© dans l'assassinat en 2005 de son pĂšre Rafic Hariri et soutient le mouvement de rĂ©volte contre Bachar al-Assad.

Mme Le Pen avait auparavant eu une entrevue au palais présidentiel avec le président libanais Michel Aoun.
S'exprimant devant la presse à l'issue de la rencontre avec M. Hariri, Mme Le Pen s'est à nouveau "réjouie" de rencontrer un responsable étranger en exercice avec lequel il y a "bien entendu des analyses communes" sur la crise syrienne, "notamment sur la nécessité absolue de pouvoir mettre autour de la table l'ensemble des nations qui veulent lutter contre le fondamentalisme islamiste et Daech".

"Sur un certain nombre de points nous avons des divergences, ça n'Ă©tonnera personne, qui sont liĂ©es aussi peut-ĂȘtre Ă  la situation gĂ©ographique de nos deux pays", a-t-elle convenu. "J'ai exprimĂ© l'analyse qui est la mienne: en l'Ă©tat il m'apparaissait n'y avoir aucune solution viable et plausible en dehors de ce choix binaire qui est Bachar al-Assad d'un cĂŽtĂ©, l'Etat islamique (EI) de l'autre". Le premier constitue "une solution bien plus rassurance pour la France" que le second, a-t-elle dit, en vantant sa "politique rĂ©aliste".

"Chacun dĂ©fend, c'est naturel, nous sommes deux patriotes, l'intĂ©rĂȘt de son pays", a relativisĂ© la fille de Jean-Marie Le Pen. Mme Le Pen, arrivĂ©e dimanche Ă  Beyrouth, doit rencontrer d'autres responsables politiques, dont le ministre des Affaires Ă©trangĂšres mais aussi religieux d'ici Ă  la fin de sa visite, mardi aprĂšs-midi.

AFP

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