Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a annoncé mardi sa démission et la fin du premier gouvernement populiste, accusant le chef de la Ligue Matteo Salvini, d'avoir été "irresponsable" en faisant éclater la coalition au pouvoir le 8 août.
Dans un discours solennel au SĂ©nat, M. Conte a tancĂ© son ministre de l'IntĂ©rieur, estimant qu'il n'a fait que "poursuivre ses propres intĂ©rĂȘts et ceux de son parti" en cherchant Ă capitaliser sur des sondages qui les crĂ©ditaient d'une ample majoritĂ© au parlement, dans le sillage de leur score record aux EuropĂ©ennes (34%).
"Faire voter les citoyens est l'essence de la démocratie mais leur demander de voter tous les ans est irresponsable", a lancé M. Conte. "Le pays a un besoin urgent que soient adoptées des mesures pour favoriser la croissance économique et les investissements".
"J'interromps ici cette expérience de gouvernement. J'entends conclure ce passage institutionnel de façon cohérente. J'irai voir le président de la République pour lui présenter ma démission", a déclaré M. Conte, en soulignant qu'auparavant il écouterait le débat prévu pour durer 3H45.
Dans son discours à charge contre M. Salvini, M. Conte a accusé le vice-Premier ministre d'avoir fait "courir de graves risques à notre pays" et évoqué le danger d'une spirale économique négative pour la troisiÚme économie de la zone euro.
Il a aussi tancĂ© le chef de la Ligue (extrĂȘme droite) pour son "manque de respect des rĂšgles et des institutions", lui reprochant aussi d'avoir rĂ©clamĂ© des Ă©lections au plus vite afin d'obtenir "les pleins pouvoirs".
"Cher ministre de l'IntĂ©rieur, je t'ai entendu demander les +pleins pouvoirs+ et appeler (tes partisans) Ă descendre dans la rue pour te soutenir; cette attitude me prĂ©occupe", a ajoutĂ© M. Conte. "Nous n'avons pas besoin des pleins pouvoirs mais de dirigeants ayant le sens des institutions", a-t-il encore dĂ©clarĂ©. ArrivĂ© Ă la tĂȘte du pays aprĂšs une marche fasciste sur Rome, le dictateur Benito Mussolini obtint en 1922 les "pleins pouvoirs" pour diriger Ă sa guise l'Italie pendant toute l'annĂ©e suivante.
AFP
