Dans des univers post-apocalyptiques ou des simulations, les pandémies et les virus pullulent dans les jeux vidéo. Alors que le coronavirus affole la planÚte, voici quelques jeux surfant sur nos peurs de contagion.
- Rats, zombies, mutants... -
Menace invisible mais anxiogÚne, le virus est un ressort courant des jeux d'aventure type "survival", comme "The Last of Us", sorti en 2013 (plus de 17 millions d'exemplaires vendus), se déroulant aprÚs une pandémie provoquée par un champignon. TrÚs attendu, le prochain volet sortira au printemps.
"Une pandémie est idéale pour planter un décor post-apocalyptique et peut amener différents types de menaces bien visibles comme des mutants ou des zombies", figures trÚs présentes dans le cinéma d'horreur depuis les années 70, explique à l'AFP Yannick Le Fur, rédacteur en chef adjoint du site jeuxvideo.com.
A l'image de la saga Ă succĂšs "Resident Evil", lancĂ©e en 1996, s'appuyant sur une histoire de corporation crĂ©ant un virus mortel ou de "Days gone", sorti l'an dernier, oĂč il faut tenter de survivre dans un univers peuplĂ© de zombies.
Une épidémie, celle de la peste noire, est au centre de "A Plague Tale" du français Asobo, sorti en 2019. L'action se déroule en 1348 dans un pays envahi par les rats. La tùche du joueur est de se frayer un chemin parmi cette marée de rongeurs en utilisant notamment des sources de lumiÚre.
Dans ce jeu louĂ© notamment pour ses qualitĂ©s graphiques, "on exagĂšre la peste pour la rendre plus impressionnante", indique Romain Vincent, chercheur associĂ© Ă la BibliothĂšque nationale de France. "Le jeu vidĂ©o est un mĂ©dium oĂč on a besoin de voir les choses, oĂč l'on tord la rĂ©alitĂ©. Si c'est trop rĂ©aliste, on risque de s'ennuyer".
- En mode savant fou -
A chaque nouvelle pandémie (Ebola, coronavirus...), les téléchargements de Plague Inc., jeu mobile lancé en 2012, explosent. Au point de provoquer des pannes de serveurs. Il est actuellement le jeu payant le plus téléchargé sur les boutiques d'applications en France.
Objectif: créer de nouveaux types d'épidémie en infectant un "patient zéro" avec un virus, qu'on va ensuite répandre le plus possible pour détruire la planÚte.
Ce jeu "sans Ă©quivalent" peut ĂȘtre une façon de ne pas seulement ĂȘtre "spectateur" de l'actualitĂ© pour un joueur, avance Yannick Le Fur, avec certains qui simulent sciemment des situations au plus prĂšs de la rĂ©alitĂ©.
Victime de son succĂšs, l'Ă©diteur britannique Ndemic Creations a rappelĂ©, sur Twitter, que le jeu n'est pas "un modĂšle scientifique", malgrĂ© le souci de rĂ©alisme et mĂȘme si les utilisateurs essaient, par ce biais, "d'en savoir plus sur la diffusion des maladies et de comprendre la complexitĂ© des Ă©pidĂ©mies virales".
Face à une situation "réelle qui touche de nombreuses personnes", Ndemic renvoie les joueurs sur le site de l'OMS pour des informations sur le coronavirus.
- Le virus qui échappe à son créateur -
C'est une histoire entrée dans les annales: l'épidémie du sang corrompu (ou vicié) dans "World of Warcraft" (Wow) de Blizzard, un des jeux les plus populaires au monde.
En 2005, les dĂ©veloppeurs avaient introduit une malĂ©diction, circonscrite Ă un donjon et qui pouvait ĂȘtre transmise uniquement par le maĂźtre des lieux.
Si la guĂ©rison des joueurs contaminĂ©s avaient Ă©tĂ© envisagĂ©e, il n'en Ă©tait pas de mĂȘme pour la transmission Ă leurs animaux domestiques... qui ont, contre toute attente, contaminĂ© d'autres joueurs, en premier lieu les plus faibles. La maladie s'est rapidement rĂ©pandue, dĂ©cimant des villes entiĂšres de Wow. "Les dĂ©veloppeurs ont Ă©tĂ© dĂ©passĂ©s par ce qu'ils ont créé", rappelle le journaliste de jeuxvideo.com
Pendant cet épisode étalé sur plusieurs jours, de nombreux joueurs fuyaient les zones infectées, d'autres tentaient de venir en aide aux malades, se rendant sur les foyers d'infection. Ces réactions ont intéressé des épidémiologistes qui ont écrit un article sur le sujet en 2007 dans le Lancet Infectious Diseases journal.
Pour enrayer l'épidémie, l'éditeur du fameux jeu en ligne a mis en place des quarantaines. Et a fini par endiguer la propagation au bout de plusieurs jours.
AFP



