Il ne pouvait pas commencer plus mal: le roi du biathlon Martin Fourcade est passé totalement à cÎté de sa premiÚre course aux JO-2018, terminant à une trÚs décevante 8e place du sprint remporté dimanche à la surprise générale par l'Allemand Arnd Peiffer.
Le record de 3 titres aux Jeux d'hiver dĂ©tenu par Jean-Claude Killy attendra donc avant d'ĂȘtre Ă©galĂ©. Un Ă©chec cruel pour le porte-drapeau de la dĂ©lĂ©gation française, star annoncĂ©e de Pyeongchang mais qui a pris un dĂ©part catastrophique dans cette quinzaine olympique. Le sextuple tenant de la Coupe du monde espĂ©rait sans doute un meilleur dĂ©marrage alors qu'il ambitionne d'ajouter une ou plusieurs mĂ©dailles d'or aux deux raflĂ©es Ă Sotchi en 2014.
Mais avec trois erreurs au tir couchĂ©, il ne pouvait pas rĂȘver Ă grand-chose et il a dĂ» laisser le beau rĂŽle Ă Peiffer, sacrĂ© pour la premiĂšre fois aux JO Ă 30 ans et qui s'est imposĂ© avec un sans-faute Ă la carabine devant le TchĂšque Michal Krcmar et l'Italien Dominik Windisch. Au lendemain de la victoire de Laura Dahlmeier chez les dames, voilĂ l'Allemagne avec deux mĂ©dailles d'or en deux courses de biathlon.
- 'Grosse déception et grosse incompréhension' -
Le record de Killy est peut-ĂȘtre juste remis Ă plus tard pour Fourcade encore alignĂ© sur 5 autres Ă©preuves d'ici le terme des JO (poursuite, Individuel, mass start, relais, relais mixte). Avec 22 secondes de retard sur Peiffer, le Français reste dans le coup pour la poursuite (lundi), dont il est tenant du titre, lui qui aime tant ĂȘtre dans la position du chasseur. Mais en tant que tĂȘte de gondole des sports d'hiver français et porte-drapeau, il aurait prĂ©fĂ©rĂ© se parer d'or d'entrĂ©e pour donner le ton Ă toute la "Team France".
Son orgueil de champion atteint, reste Ă savoir comment il rĂ©agira dans les prochains jours. "Ce qui s'est passĂ©? Je ne sais pas, je ne comprends pas, s'est lamentĂ© le Français de 29 ans Ă l'arrivĂ©e. C'est une grosse dĂ©ception et une grosse incomprĂ©hension aussi. Parce que j'avais prĂ©parĂ© idĂ©alement cette course olympique. Aujourd'hui, j'Ă©tais prĂȘt et ça ne bascule pas de mon cĂŽtĂ©. J'avais abordĂ© idĂ©alement cette course en chassant les pensĂ©es parasites, le stress, qui est forcĂ©ment prĂ©sent Ă l'approche d'un grand Ă©vĂšnement. Ce n'est pas la fin du monde mais c'est une chance Ă©norme qui est partie et qui ne se reprĂ©sentera pas."
Il pourra toujours se consoler en se disant qu'il avait aussi commencé timidement à Sotchi (6e du sprint) avant de monter à deux reprises sur la plus haute marche du podium. Comme un heureux présage, la sono du site de biathlon à Pyeongchang avait pourtant craché dix minutes avant le début de la course le fameux "I will survive" de Gloria Gaynor, l'hymne des Bleus vainqueurs de la Coupe du monde de football en 1998.
Peine perdue: rien n'a fonctionné au pire moment pour Fourcade, qui restait sur une fabuleuse série de 18 podiums d'affilée en Coupe du monde.
- Boe encore pire que Fourcade -
Franck Badiou, l'entraĂźneur de tir des Bleus a lui aussi Ă©voquĂ© "une dĂ©ception" mais expliquĂ© que les tirs de Fourcade n'avaient "tenu qu'Ă un ou deux millimĂštres pour chaque balle". "Il y a peut-ĂȘtre eu un flot d'Ă©motions, ça peut lui arriver aussi. Il voulait profiter de ces JO, prendre les courses sans se tordre l'estomac. Mais peut-ĂȘtre qu'il aura besoin d'aller un peu dans ses retranchements pour faire ce qu'il a envie d'y faire", a ajoutĂ© le technicien.
L'autre grand battu du jour se nomme Johannes Boe. Le rival de Fourcade cette saison, victorieux de 8 des 15 courses disputées en Coupe du monde, est lui aussi passé à la trappe avec 4 erreurs à la carabine et une piÚtre 31e place. Mais pas sûr que les déboires du Norvégien redonnent le sourire au Pyrénéen.
AFP


