JO-2022

Affaire Valieva : la Russie a nouveau concernĂ©e par le dopage

  • PubliĂ© le 11 fĂ©vrier 2022 Ă  09:00
  • ActualisĂ© le 11 fĂ©vrier 2022 Ă  09:05
La patineuse russe Kamila Valieva, le 11 février 2022 à Pékin

La Russie, dont la patineuse Kamila Valieva a subi un contrÎle antidopage en décembre qui s'est avéré positif pendant les Jeux olympiques à Pékin, est embourbée depuis des années dans un vaste scandale de dopage et de tricheries.

Ces affaires Ă  rĂ©pĂ©tition ont mĂȘme pu remonter jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, ce qui a valu Ă  la Russie en 2020 une exclusion pour deux ans des grandes compĂ©titions internationales. Si les sportifs russes n'ayant jamais Ă©tĂ© convaincus de dopage peuvent concourir aux JO de PĂ©kin, comme ils ont pu le faire Ă  Tokyo cet Ă©tĂ©, ils le font sous banniĂšre neutre et le drapeau comme l'hymne du pays ne sont ni montrĂ© ni jouĂ©.

Les officiels russes, dont le président Vladimir Poutine, ont eux interdiction d'assister aux compétitions, sauf s'ils sont invités, comme ce fut le cas le 4 février pour la cérémonie d'ouverture des Jeux par les dirigeants chinois.

D'une ampleur inédite dans l'histoire sportive, le scandale russe dure depuis 2010 et implique les services secrets et le ministÚre des Sports. Il a attisé les tensions entre Moscou et les instances sportives, qualifiées par les Russes d'instruments de la politique anti-russe des occidentaux.

Le Kremlin a toujours dĂ©menti l'existence d'un systĂšme de dopage d'Etat, alors que M. Poutine avait placĂ© le sport au cƓur de la politique de prestige russe.

- Lanceurs d'alerte -

Il a commencé en 2014 quand la coureuse russe de demi-fond Yuliya Stepanova et son mari Vitali, ex-contrÎleur de l'agence russe antidopage (Rusada), avaient alerté l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) du dopage institutionnalisé en Russie. Le couple s'était tourné vers la chaßne allemande ARD, qui avait diffusé à partir de décembre 2014 une série de documentaires accablants.

A la suite de ces révélations, l'AMA avait dénoncé en 2015 des cas de dopage dans l'athlétisme russe qui n'auraient "pas pu exister" sans l'assentiment du gouvernement, suspendant Rusada.

Le scandale a tourné au roman d'espionnage quand Grigori Rodchenkov, forcé de démissionner du laboratoire de Moscou qu'il dirigeait et réfugié aux Etats-Unis, a avoué au printemps 2016 avoir orchestré pendant des années la dissimulation du dopage russe en coordination avec le ministÚre des Sports.

Selon l'AMA, ce "systĂšme de dopage d'État" a concernĂ© 30 sports entre 2011 et 2015 et a impliquĂ© les services secrets russes (FSB), qui remplaçaient durant les JO-2014 de Sotchi des Ă©chantillons d'athlĂštes dopĂ©s par des Ă©chantillons "propres" stockĂ©s au prĂ©alable.
Malgré les dénégations russes, le Comité international olympique (CIO) a alors suspendu le comité olympique russe et banni à vie des JO une quarantaine de sportifs et l'ex-ministre des Sports Vitali Moutko, des sanctions ensuite réduites par le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Le scandale semblait toucher Ă  sa fin en septembre 2018, avec la levĂ©e par l'AMA de la suspension de la Rusada Ă  condition de pouvoir accĂ©der Ă  la base de donnĂ©es du laboratoire antidopage de Moscou. Mais un an plus tard, l'Agence annonçait que les donnĂ©es de l'ancien laboratoire de Moscou transmises Ă  ses enquĂȘteurs avaient Ă©tĂ© falsifiĂ©es.

Conséquence en décembre 2019, l'AMA exclut la Russie des Jeux olympiques pour quatre ans afin de punir Moscou d'avoir récidivé dans la triche, sanctions réduites de moitié par le TAS.

AFP

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